samedi, 26 janvier 2008

Un messie nommé Henry Dunant

  Le 25 Janvier 2008, Arté a rediffusé Henry Dunant, du Rouge sur la Croix, datant de 2005. Une fiction de qualité par sa réalisation et son interprétation magistrales, ayant le mérite de sortir d'un oubli injuste le fondateur de la Croix-Rouge. Mais notre enthousiasme retombe, lorsque nous avons fait un minimum d'enquête: le film réalisé de main de maitre par Dominique Othenin-Girard est une adaption libre (comme l'avait signalé la production avec honnêteté), autrement dit du roman historique. Où on note une accumulation d'approximation, d'omissions remplaçées par des inventions dont des personnages imaginaires. Ce qui est vraiment dommage. 

    C'est un jeune homme fougueux, à peine âgé de trente-trois ans, qui arrive aux environs de Solférino, le soir après la bataille, le 24 Juin 1859. Le spectacle qui s'offre à lui, est désolant. Des dizaines de milliers de blessés gémisent et agonisent au milieu des cadavres (38 000 blessés et défunts). Les secours, mal organisés, sont débordés. Les troupes franco-piémontaises soignent parfois que leurs blessés, quand l'intendance suit, et pas ceux de l'ennemi autrichien. Et vice-versa.

   Le jeune homme, qui n'est autre qu'Henry Dunant, est indigné. Ce fervent chrétien, attiré par le mysticisme, se sent investi d'une mission par Dieu: Organiser et rendre viable une association neutre et internationale de secours mutuel aux démunis, aux blessés et aux malades. Il vient d'imaginer la première Organisation Non Gouvernementale (O.N.G): la Croix-Rouge. C'est pourquoi, il se lançe dans ce que nous nommons l'humanitaire. Ce n'est pas en son nom, mais en celui de Jésus-Christ qu'il considère comme son maitre et son modèle. C'est pourquoi, selon la légende (une des scènes les plus intenses du film), il prit un linge ou un linceul blanc où il y traça une croix rouge du sang issu d'une plaie béante d'un moribond.

 Ce projet va devenir une réalité et recevoir l'enthousiasme. Pourquoi ? Comment ?

    1) Une célébrité à Genève:

  Ce n'est pas la fondation de la Croix-Rouge qui va rendre Dunant célèbre à Genève: on peut dire qu'il fut illustre dès sa naissance ! Il naquit le 8 Mai 1828 dans une famille de notables calvinistes respectés par ces engaments sociaux: son père Jean-Jacques Dunant est commerçant et surtout membre du "Conseil Représentatif" (ancêtre du Conseil Municipal) de Genève. Sa charge lui permet de se préoccuper du sort des orphelins et des repris de justice.

   Sa mère, Antoinette Dunant-Colladon est une dame patronesse, elle est à la tête d'oeuvres apportant du réconfort aux pauvres et aux malades. Elle est la famille d'Henri Colladon, qui fut directeur d'hôpital et maire de la commune d'Avully. Elle est la soeur du  physicien Jean-Daniel Colladon (1802-1893): www.aldh.org/Refug/GE_refug/43.htm et http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Daniel_Colladon Elle est issue d'une famille de huguenots qui se réfugièrent à Genève en 1550. 

  Henry, ses deux frères et ses deux soeurs, ne purent qu'être influençés par l'exemple que leur montrait leurs parents: il faut qu'ils investissent dans des causes justes et charitables. C'est pourquoi, il s'engage à l'âge de dix-huit ans dans une Société pour les donations d'aumônes. Il puise des références dans la Bible: il suit assidument  les prêches du Pasteur Gaussen au sein d'une église évangélique, la Chapelle de l'Oratoire. On le voit lire régulièrement des versets de la Bible. 

   Il est très influençé par un mouvement prosélyte alors présent à Genève et dans d'autres régions francophones: Le Réveil. A l'âge de dix-neuf ans, il organise avec des amis: La Réunion du Jeudi, où des jeunes se réunissent pour méditer les Ecritures Saintes et afin de soutenir des personnes en difficulté ou malades. Ce sont les prémices de l'Union de Genève dont il sera le trésorier avant de devenir le secrétaire international. 

  Le 30 Novembre 1852, il crée un autre groupe qui deviendra une organisation internationale, trois ans plus tard  (date de naissance officielle à Paris): la Young Men's Christian Association (Y.M.C.A), dont il sera amener à rédiger la Charte. Les soldats français, qui convoitaient les jeunes filles sérieuses membres de cette organisation, traduisaient les initiales Y.M.C.A avec ironie par "Y'a Moyen de Coucher Avec". 

     Chrétien fervent, mais élève médiocre, Dunant quitte prématurément le Collège Calvin et débute en 1849 une formation de trois ans chez les banquiers Lullin et Sautter. Ce qui l'amène ensuite à devenir employé de banque tout en continuant ces engagements charitables.

      En 1853, La Compagnie Genevoise des Colonies Suisses l'envoie inspecter le Mahgreb. Le gouvernement français vient d'octroyer une concession à Sétif à cette compagnie. Malgré peu de résultats, Henry Dunant conduit les affaires des décideurs hélvêtes avec réussite. Ces pérégrinations le poussent à écrire un livre: Notice sur la Régence de Tunis, qui lui permet d'entrer dans plusieurs sociétés savantes.

   Trois ans plus tard, en 1856, il fonde une société coloniale grâce à l'obtention d'une autre concession en Algérie. Et il en 1858, il crée La Société Financière et Industrielle des Moulins de Mons-Djémila à Saint-Arnaud, aujourd'hui El Eluma. Il ne parvient pas à obtenir l'autorisation d'exploitation d'une chute d'eau pour faire fonctionner ces moulins. C'est pourquoi, il opte pour la nationalité française, espérant ainsi avoir gain de cause. Il décide de rencontrer Napoléon III, c'est ainsi qu'il se retrouve à proximité de la bataille de Solférino.

  Au début de l'année 1860, il tente en vain d'améliorer sa situation financière en Algérie. Mais la création de la Croix-Rouge va le contraindre à se désintéresser de l'Algérie, il le payera cher plus tard.

    2) La Croix-Rouge devient une réalité : 

   En 1860, afin d'alerter l'Opinion sur les horreurs de la bataille de Solférino et sur la nécessité de créer une organisation non gouvernementale de secours aux blessés, il décrit l'agonie et le manque d'hygiène dans une série d'articles. La comtesse de Gasparin se charge de faire publier anonyment ces articles dans Le Journal de Genève. A son retour à Genève, il rédige son manifeste: Un souvenir de Solférino. Outre la description des horreurs et des souffrances, dont il fut témoin, il expose, pour la première fois, son désir de créer ce qui deviendra La Croix-Rouge. Mais aussi d'autres souhaits:

             -un millitaire blessé ne peut plus combattre, donc il ne plus être considéré comme un ennemi à abbatre. Et par conséquent, il devient un être humain ayant besoin d'aide. Ces adversaires doivent lui porter secours avec humanité.

              -les personnels soignants (médecins, infirmiers, secouristes) pourront exercer sans risquer d'être capturés. Ils ne pourront abandonner leurs blessés si l'ennemi arrive.

   En septembre 1862, il fait éditer son livre à ses frais chez l'imprimeur genevois Fick et envoie les 1600 exemplaires à toutes les personnalités politiques ou morales de toute l'Europe, susceptibles de le soutenir. Il part donner des conférences dans l'ensemble du Vieux-Continent. Où il reçoit partout un accueil enthousiaste, à l'exeption notable de deux personnalités: le ministre français de la Guerre, Jacques-Louis Randon, qui estime que le livre est une propagande hostile à la France (!?). Et Florence Nightingale,très critique, car elle pense que les sociétés de secours doivent être diriger par les gouvernements.

   Une hostilité inattendue de sa part, puisqu'il faut rappeler qui fut Florence Nigthtingale (12 Mai 1820, 13 Août 1910): petite-fille de l'abolitionniste William Smith. En 1837, cette anglaise estima avoir reçu un appel divin lui enjoignant de se consacrer au métier d'infirmières. Elle devait créer la première école d'infirmières et elle eut les mêmes réactions que Dunant, mais ce fut pendant la Guerre de Crimée. Elle se battit pour l'amélioration de l'hygiène dans les hôpitaux et les dispensaires.

    Elle était aussi célèbre comme une mathématicienne chevronnée: ces études sur la statistique firent longtemps autorité. Elle fut une pionnère dans la présentation visuelle de l'information par l'utilisation de diagrammes, ancêtres du I.R.M. Elle fut l'une des premières féministes dans la société puritaine du règne de Victoria. Son amour adultère avec le Secrétaire d'état britannique à la Guerre, Sidney Herbert, défraya la chronique.

 Florence Nightingale: http://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Nightingale

   Le livre de Dunant connait un véritable triomphe: en 1863, le manifeste est traduit en anglais, en allemand, en italien et en suédois.

   Mais Henry Dunant savait qu'il pouvait compter sur des notables genevois: l'un d'entre eux, le juriste Gustave Moynier (21 Septembre 1826-13 Août 1910), fit de son livre et des idées de Dunant le thême de l'assemblée du 9 Février 1863 de sa Société d'Utilité Publique Genevoise. Les propositions sont examinées et jugées réalisables par les membres de cette oeuvre. Dunant est nommé membre d'une commission pour concrétiser la Croix-Rouge.

    Autres membres de ce premier comité, outre Moynier, deux médecins appréciés pour leur philantropie: Louis Appia et Théodore Maunoir. Mais ce n'est pas un protestant charitable qui prend la tête le 17 Février 1863 (naissance officielle de la Croix-Rouge), mais une personnalité du Catholicisme hélvête: le général Guillaume-Henri Dufour, qui jadis mena la Guerre du Sonderbund (chouannerie suisse): http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonderbund  et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Sonderbund 

Guillaume-Henri Dufour: http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume-Henri_Dufour

    A quelques reprises, il se dispute avec Moynier au sujet de la neutralité de leur fondation: le juriste est un pragmatique, il souhaite de plaçer le personnel des lazarets où seraient soignés les blessés sous le principe de neutralié. La notoriété de Dunant est très vite considérable: il est invité à participé au Congrès Statistique International, qui a lieu à Berlin du 6 au 12 Septembre 1863. Là, il discutent avec le médécin millitaire Jan Hendrik Christiaan Basting, qui avait traduit son livre en néerlandais. Il lui demande de faire distribuer aux congressistes, un mémoire et une invitation du Comité de la Croix-Rouge, afin qu'ils se joignent à une conférence internationale. Dans le mémoire, on peut lire l'idée de neutralité des secours, écrite par Dunant et Basting sans que les membres du Comité aient été consultés au préalable. Moynier est indigné.

   Après le congrès, Dunant est reçu en audience à Dresde par le Roi Jean de Saxe. Celui-ci l'encourage et le félicite en ces termes: " Je ferai ce qui est en mon pouvoir, car un peule qui ne s'associerait pas sûrement à ces efforts philantropiques devrait s'en expliquer à l'opinion publique de l'Europe".

    Du 26 au 29 Octobre 1863 a lieu une première Conférence à Genève, les représentants de quatorze pays se retrouvent pour discuter de l'améliration de l'aide aux blessés. Dunant a perdu de sa superbe, Moynier l'a contraint à n'être que le rédacteur du procès-verbal, le bilan des discussions lors de cette conférence.  C'est au cours de celle-ci que l'emblême de la Croix-Rouge est choisi, la référence au Christianisme est explicite. La conséquence est que lorsque le Comité voudra s'établir dans les pays musulmans, on devra parler de Croissant Rouge, le croissant est le symbole de l'Islam.

     Une deuxième conférence, à l'invitation du Conseil Fédéral Suisse, a lieu du 8 au 22 Août 1864. C'est le dernier jour, que douze états signent le première convention de Genève et la pérennisation de la Croix-Rouge. Ainsi la Croix-Rouge est devenue une réalité. Mais lors de cette deuxième réunion, Dunant fut réduit à un rôle ancillaire: celui d'accueillir les hôtes et de veiller à leurs conforts. Toutefois, il continuera à être médiatiser et à recevoir des honneurs et des invitations. Au Printemps 1865, Napoléon III lui remet les insignes de la Légion d'Honneur, le Roi Victor-Emmanuel II d'Italie  lui avait remis en 1860 la médaille de l'Ordre de saint Maurice et Saint Lazare ainsi qu'à Louis Appia.

    En Mai 1865, l'empereur français lui promet que ces entreprises en Algérie seront plaçés sous protection françaises. En 1866, l'épouse du Kaiser Guillaume 1er, l'Impératrice Augusta le convie aux fêtes commémorant la victoire prussienne sur les troupes autrichiennes à Sadowa. Henry Dunant a la joie de constater que le drapeau blanc à la croix-rouge flotte aux côtés du drapeau prussien pendant la parade des armées victorieuses.

  3) Des nouveaux combats:

   Henry Dunant est victime d'une série de catastrophes en Algérie: révoltes, épidémies, séismes, sécheresses et un hiver rigoureux. A cause aussi du fait qu'il a négligé ses affaires là-bas au profit de la réalisation de la Croix-Rouge,  sa situation financière le contraint de se déclarer en faillite. En Avril 1867, la banque qui le soutenait, le Crédit Genevois, est dissoute. Ce qui suscite un énorme scandale: le 17 Août, il est condamné pour faillite frauduleuse par le tribunal de commerce de Genève. Moynier le pousse à démissionner de son poste de secrétaire du Comité, qu'il l'exclut complètement le 8 Septembre.

  Alors que sa mère meurt le 2 Février 1864, il est aussi exclu de la YMCA. Il ne reçoit pas l'aide financière envoyée par ces soutiens issus de divers pays comme le somme allouée à la médaille des Sciences Morales décernée par la direction de l'Exposition Universelle de Paris. l'aide et la somme furent récupérées par le comité. Henry Dunant ne recevra pas plus la médaile d'or. L'offre de Napoléon III de prendre en charge la moitié des dettes de Dunant, si ces amis acceptent de payer le reste, échoue. La rumeur accuse sans la moindre preuve Moynier d'être responsable de ces détournements. Moynier a succédé au Général Dufour à la tête de la direction du Comité en 1864.

   Quoiqu'il en soit, Henry Dunant est ruiné et est contraint de quitter la Suisse pour s'installer à Paris dans la précarité. Toutefois, il reste actif: pendant la Guerre Franco-Prussienne de 1870, il fonde La Société d'Assistance Générale et ensuite L'Alliance Générale pour l'Ordre et la Civilisation. Les objectifs de cette alliance étaient la diminution du nombre de conflits armés et de l'oppression par la formation des citoyens à la Morale Chrétienne: courtoisie et entraide. Il crée aussi l'Alliance Pour la Protection des Travailleurs dont le but est la lutte contre l'exploitation des ouvriers par des patrons sans scrupules et aussi pour contrecarrer l'ampleur de L'Association Internationale des Travailleurs créée à Londres en 1864, d'inspiration athée, maçonnique et suscitant le Communisme. Henry Dunant est un Contre-Révolutionnaire.

     Durant le recrutement des membres de son Alliance Générale pour l'Ordre et pour la Civilisation (la plupart se réclamant du Catholicisme Social proclamé par le Pape Léon XIII et incarné en France par Albert de Mun et des aristocrates et des patrons sociaux, tous royalistes, futurs Zouaves Pontificaux et descendants de Chouans), il exigera des négociations sur le désarmement et l'installation d'un tribunal pénal international chargé de gérer les conflits entre les états afin de les régler pacifiquement.

    Pendant le premier congrès de l'Alliance en 1872 à Paris, un article de Dunant datant de 1867 est lu: il concerne le traitement des prisonniers de guerre. Les propositions sont adoptés avec enthousiasme par les participants. Dunant s'en va prêcher la bonne parole en Angleterre: le 6 Août à Londres et le 11 Septembre à Plymouth, où il fait un malaise dû au surmenage et aux privations. Il parlait devant La Social Science Association dont les objectifs sont similaires à ceux de l'Alliance Générale pour l'Ordre et la Civilisation.

  Il retrouve la notoriété et l'engouement de l'opinion publique européene. Napoléon III l'assure de nouveau de son soutien, avant de mourir le 9 Février 1873.  En Février 1874, il est nommé secrétaire international de La Société pour l'Amélioration des Conditions des Prisonniers de Guerre lors du premier congrès de cette fondation créée à Paris en 1873. Les responsables de cette oeuvre chargent Dunant de concevoir une conférence diplomatique à Paris, qui aura lieu en Mai 1874. Le Tsar Alexandre II l'invite à participer à une conférence millitaire donnée à Bruxelles en Juillet et Août 1874. Où il exposera ces vues sur le sort des prisonniers de guerre: il ne parvint pas à conavincre les autres participants. Il ressort déçu.

   Toutefois, il continuer à recruter pour L'Allaince Générale pour l'Ordre et la Civilisation. C'est alors qu'il s'engage par des écrits et des discours pour l'abolition de l'Esclavage aux Etats-Unis; qu'il lançe l'idée de fonder une bibliothêque mondiale avec l'Italien Max Gracia afin de poulariser les livres des grands auteurs auteurs classiques. Il milite aussi pour l'établissement de populations chrétiennes et israélites en Palestine: il peut être considérer comme un pionnier de la création de l'Etat d'Israel. Mais avec beaucoup de naiveté, il croyait que les trois communautés du Livre pouvaient vivrent ensemble en toute quiétude. 

 4) La Fin de Dunant:

    Il s'est lançait dans des projets parfois chimériques. Il ne s'est jamais enrichis, au contraire il est souvent au bord de l'indigence entre Stuttgart, Rome, Corfou, Bâle et Karlsruhe dans les années 1874-1886. Il s'endettent, son entourage le délaisse: le comité international de la cRoix-Rouge semble l'avoir complètement oublié même si les comités d'Autriche, de Hollande, de Suède, de Prusse et d'Espagne l'ont nommé membre honoraire. 

    Quelques âmes généreuses s'émeuvent de ces difficultés finançières et ils parviennent à lui éviter de sombrer. Ces anges gardiens sont le banquier américain Charles Bowles, l'homme d'affaires alsacien Jean-Jacques Boucart et Max Gracia. Sa bonne fée est Léonie Kastner-Boursault. Elle est interprêtée par Noémie Kocher dans le film d'Othenin-Girard où elle est présentée comme la belle-soeur d'Henry Dunant: ce qui est faux en réalité. Elle était la veuve du compositeur Jean-Georges Kastner. Elle demanda à Dunant de commercialiser le Pyrophon, un instrument de musique conçu par son fils Friedrich Eugen Kastner. Il part en voyage avec Léonie en Italie en 1875.  

  A Stuttgart, il se lie d'amitié avec un certain Rudolf Muller. Avec lequel et d'autres amis, il découvre la ville de Heiden où il se retire complètement dans des pensées mystiques et des visions prophétiques. Mais il va se lier d'amitié avec un couple, Wilhem et Susanna Sonderegger. Ceux-ci vont encourager Dunant à se resaisir: il va publier ces mémoires et fonder le 27 Février 1890, une section de la Croix-Rouge à Heiden. Il devient le président d'honneur de cette section.

  En 1895, Georg Baumberger, le rédacteur en chef du Journal Die Ostschweiz de Saint-Gall écrit un entretien qu'il eut avec Dunant et qui sera publier dans la revue allemande Sur terre et mer et diffuser dans toute l'Europe. Une dernière fois, Dunant retrouve la notoriété même si le comité international évite de renouer avec lui. Il reçoit le prix Binet-Fendt du Conseil Fédéral Hélvétique et la bénédiction du Pape Léon XIII. Sa situation finançière s'améliore, grâçe à des dons qu'il reçoit de partout et à une rente mensuelle versée par la Tsarine Maria Fedorovna .

   En 1897, Rudolf Muller publie L'Histoire de la naissance de la Croix-Rouge et de la Convention de Genève aux Editions Greiner & Pfeiffer, où Dunant est présenté comme le seul fondateur de la Croix-Rouge. En annexe est publié une nouvelle édition germanophone d' Un souvenir de Solférino. C'est à cette époque qu'il correspondit avec l'égérie du mouvement pacifiste: la Baronne Bertha von Suttner, après que celle lui est rendu visite dans sa retraite de Heiden. Elle devait recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1905:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertha_von_Suttner

http://nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1905/s...

www.horizons-et-debats.ch/21/21_12.htm

  Il écrivit quelques articles publiés dans A la presse, le bulletin de liaison des pacifistes dirigé par Bertha et des extraits de manuscrits non-publiés comme Le Petit Arsenal contre la Guerre ou Le Petit Arsenal contre le Millitarisme. IL soutint énergiquement l'égalité des droits pour les femmes. Et il suggéra la fondation d'une fédération internationale d'infirmières intitulée La Croix-Verte, qui ne devait pas réaliser.

  En 1899, il publia un essai Proposition à sa majesté l'Empereur Nicolas II publié la Revue Allemande. Ce fut son dernier écrit. Deux ans plus tard en 1901, il reçut le premier Prix Nobel de la Paix qu'il partagea avec le pacifiste et adepte du Libre-Echangisme, Frédéric Passy.  Il meurt le 30 Octobre 1910 à Heiden.

Frédéric Passy: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Passy

  Dans le film d'Othenin-Girard, les personnages incarnés par Emilie Dequenne et Jean-François Balmer sont fictifs. Le grand-père de Dunant, joué par Michel Galabru, est en réalité décédé en 1827, quelques mois avant la naissance de son illustre petit-fils. L'une de des plus belles scènes du film est aussi fictive: Dunant et ses adjoints arrivent à cheval sur le champ de bataille et tirent des charrettes de mourants tout en hissant des drapeaux blancs à la Croix-Rouge de sang. Devant cette arrivée surréaliste, la mitraille cesse et tous les soldats de chaque camp saluent la Croix. C'est beau, mais c'est faux. Mais c'est une belle allégorie pour montrer la Foi de Dunant.

  Henry Dunant est tombé injustement dans l'oubli, malgré que son destin fut transposé à deux reprises à l'écran avant le téléfilm de Dominique Othenin-Girard: D'homme à hommes réalisée en 1948 par Christian-Jaque avec Jean-Louis Barrault dans le rôle de Dunant et un documentaire d'une durée de trente minutes: Henry Dunant (1828-1910) produit en 1998 par le Musée Henry Dunant.

    En 1978, Dieter Forte monte une pièce appelée Jean Henry Dunant ou l'introduction de la Civilisation dont la première a eu lieu le 30 Mars 1978 au Théâtre National de Darmstadt. Les premiers livres sur Henry Duant après celui de Rudolf Muller furent: Le Voyageur, les visions d'Henry Dunant d'Evelyne Hasler; Dunant, le roman de la Croix-Rouge de Martin Gumpert paru en 1938; J.Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, auteur de la Convention de Genève par Willy Heudtlass et Walter Gruber, ce dernier livre publié en allemand est la biographie la plus populaire consacrée à Dunant, elle connut plusieurs éditions en 1962 et 1985.  

 5) Livres écrits par Henry Dunant:

Notice sur la Régence de Tunis, Genève, 1858.

L'Empire de Charlemagne rétabli ou le Saint-Empire romain reconstitué par Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, Genève, 1859.

Mémorandum au sujet de la société financière et industrielle des Moulins de Mons-Djemila en Algérie, Paris, vers 1859.

Un souvenir de Solférino, Genève, 1862.

L'Esclavage chez les musulmans et aux Etats-Unis d'Amérique, Genève, 1863.

La Charité sur les champs de bataille, Genève, 1864.

Les Prisonniers de Guerre, Paris, 1867.

Bibilothêque Internationale Universelle, Paris, 1867

SOURCES:

DESCOMBES (Henri): Henry Dunant. (R. Coeckelbunghs, Genève, 1988)

DURAND (Roger): Henry Dunant, du Rouge sur la Croix. Document pdf publié par la Société Henry Dunant de Genève, 2003. http://www.shd.ch/Sites/shd/doc/

MARKUS (Stefan): Henri Dunant, apôtre de la Croix-Rouge. (Les Deux Sirènes, Paris, 1948).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Dunant

 

 

  

 

   

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

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