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jeudi, 21 août 2008
Soljenitsyne
Cet article a été écrit et remanier entre le 9 Août et le 1o Septembre 2008.
C'est un champion de la contestation et de la Liberté d'expression, qui nous a quitté le 3 Août dernier. Ce pourfendeur du Communisme était aussi un chantre des valeurs traditionelles transcendées par le christianisme prosélyte de l'Orthodoxie. Ce Contre-Révolutionnaire stigmatisait le matérialisme triomphant des deux côtés du Rideau de Fer. Depuis ces années de Goulag, il avait toujours refusé de courber l'échine devant la propagande d'état, la Pensée Unique. C'était un rebelle de droite. Et c'est pourquoi, les "Biens Pensants" le détestaient, il continua à les déranger jusqu'au soir de sa vie. Jusqu'à sa dernière heure, il garda de la rancune envers les gouvernements occidentaux.
Une vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=PXXHd8m2j4E&feature=re...
Il avait à peine dix-huit ans lorsqu'il commit une imprudence: jeune étudiant en Mathématiques, il écrivit à un ami qu'il avait quelques divergences d'opinion avec le Camarade Staline. Son ami s'empressa de le dénoncer aux Soviets, qui devaient le condamner à huit années de travaux forçées, de tortures mentales et physiques. Il devait apprécier à sa juste valeur l'un des pires régimes concentrationnaires: le Goulag. Les Soviets ont fait de ce jeune homme naif et réveur, l'un de leurs principaux opposants. Il survit à tout , y compris à un cancer qu'il prétendait avoir guéri miraculeusement grâce à des feuilles de choux.
Il n'y aura que Kroutchev qui devait accepter qu'un de ces écrits soit publiés sans la moindre censure dans la revue " Novi Mir". Monsieur " K." avait voulu se servir de cet écrit de Soljenitsyne pour condamner Staline décédé et faire croire que les horreurs perpétrées étaient dûes au seul Satline et pas au Communisme. Une falsification de l'Histoire que Soljenitsyne refusa toute sa vie. Malgré les pressions et les intimidations (ces proches arrêtées, des propos orduriers à son encontre furent publiés et attribués à sa première femme), il ne cessa jamais d'écrire et de parler pour dénoncer la réalité du goulag et le quotidien oppressant dans lequel vivait les populations dominées par le joug soviétique. Il cachait des feuillets de ces manuscrits dans des maisons amies. Malgré l'oppression, il publiait et diffusait ces écrits dans la clandestinité. Ces mêmes oeuvres parvenaient à franchir le "Rideau de Fer" et à connaitre un succès considérable, au point que Soljenitsyne devait recevoir le Prix Nobel de Littérature en 1970.
Une vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=YauHIVbTbOw&NR=1
Ne parvenant pas à le faire taire et ne pouvant plus le faire arrêter à cause de sa trop grande notoriété, Leonid Brejnev se résolut à l'expulser en 1974. Soljenitsyne demanda l'asile à la France, un pays qu'il voyait comme la fille Ainée de l'Eglise et la Mère-Patrie des Droits de l'Homme. Le Président Français de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, qui se prétendait de droite et qui était donc sensé lutter contre le Communisme, refusa de lui accorder l'asile. Il préférait continuer à commercer avec Brejnev et tant pis pour les populations opprimées et les Droits de l'Homme bafoués. Soljenitsyne eut droit de venir en France comme simple touriste et de participer à des émissions de télévisoin, dont celles de Bernard Pivot, où il fera sensation. Il devait se réfugier dans le Vermont aux Etats-Unis, après avoir séjourné en Suisse et en Allemagne.
Et là, il ouvrit les yeux sur l'Ouest qui avait renié Dieu: en plus de continuer à décrire et à dénoncer les réalités des régimes communistes en parvenant à anéantir la légende qui voulait que le communisme engendre le Paradis sur Terre, ce qui indignaient les intellectuels de gauche alors nombreux en Europe de l'Ouest. Alexandre Soljenitsyne dénoncaient le Capitalisme et surtout une société matérialiste, hédoniste et individualiste. Il disait ouvertement son opposition à la libération des moeurs, à l'esprit de Mai 68. Il proclamait que le Libéralisme était un enfant de la Révolution Française comme le Communisme. La Révolution décriée comme étant l'oeuvre du Diable. Pour lui, un peuple est grand et prospère, si seulement il s'incline et idolâtre la puissance de Dieu.
Beaucoup d'Américains se souviennent encore de son fameux discours d'Harvard en 1974, où il disait tout le mal qu'il pensait de la Société de Consommation. Après avoir craché son dû, il rentrait dans son refuge du Vermont où tel un staretz (ermite de la Sainte Russie), il vivait retiré du monde. Il refusa d'apprendre l'Anglais.
Les annes passèrent: il applaudit à l'écroulement de l'URSS, avant de critiquer la corruption du gouvernement de Boris Eltsine. C'est pourtant ce dernier qui en 1993, lui permit de rentrer en Russie. Alors il quitta les Etats-Unis, pour rentrer chez lui, après s'être fait acclamé à la Douma, après avoir fait deux haltes en France: à Paris, il vint dire au-revoir à Bernard Pivot et ensuite, il arriva en Vendée en pélerin pour soutenir ouvertement Philippe de Villiers. Avec ce dernier, il inaugura un mémorial dédié aux victimes de la Terreur et du Génocide Vendéen dans un lieu symbolique: les Lucs-sur-Boulogne où la majorité de la population sans disctinction d'âge furent massacrés en Février 1794 par les troupes républicaines. Dans son discours, Soljenitsyne démolissait avec joie les références philosophiques de la Gauche européenne, qui en réaction hurlèrent une fois de plus sur cet incorrigible moujik. Il révait que la Russie construise des mémoriaux à la Gloire du Tsar Nicolas II et de sa famille, à la mémoire des Russes Blancs et de l'Armée Vlassov et à celles des victimes du Communisme. Wladimir Poutine devait partiellement exaucer son rêve.
Villiers lui dira regretter l'absence d'un représentant du gouvernement français, alors dirigé par Edouard Balladur, à l'inauguration du Mémorial. Soljenitsyne lui répliqua que celà ne l'étonnait plus que des gouvernements dits de "droite" oublient de soutenir les Contre-Révolutionnaires. Il n'avait pas oublié que les gouvernements n'avaient pas bougés quand des populations civiles des pays de l'Est s'étaient levés contre le Communisme à Budapest en 1956 ou à Prague en 1968 (pour ne donner que les deux soulèvements les plus connus, les rares à être médaitisés en Europe Occidentale) et les avaient appelés au secours. Il n'avait pas non plus oublié les Russes Blancs livrés à Staline par les Anglo-Saxons. Ces derniers avaient préférés soutenir les résistants communistes au Nazisme comme Josip Tito au détriment des résistants patriotes non-communistes comme Mihailovic ou Shikorski, ils les ont même dénoncés aux Bolchéviques ou au Nazis ou ils ont seulement laissés faire les Communistes massacrés et accusés fausssement de collaboration les "Blancs" avec Hitler comme à Katyn.
Les populations slaves avaient crû que les régimes de l'Ouest capitalistes enverraient des armées pour les libérer: il n'en fut rien. Les populations de l'Europe de l'Est se sont libérés tout seuls. Et pourtant beaucoup d'Européens de l'Ouest et de descendants d'Européens (Canadiens, Américains, Australiens, Néo-Zélandais) partageaient les mêmes convictions que les Européens de l'Est et n'auraient pas demandé mieux de partir se battre pour les libérer. Les Hommes politiques (à l'exception de Kennedy et de Villiers) ont préféré le pragmatisme (la "RéalPolitik") et le matérialisme. Car les Libéraux sont des matérialistes comme les Communistes, alors que les Contre-Révolutionnaires sont au contraire des personnes pieuses et croient à la transcendance de Dieu. Les Libéraux ont préféré commercer avec d'autres rationalistes que porter secours à des personnes qu'ils leur auraient parlé et prêché l'existence réelle de Dieu, et tant pis pour les Droits de l'Homme et surtout ceux de Dieu bafoués. Ces politiciens ne voulaient peut-être pas finir comme Kennedy.
Depuis on a tous éprouvé un malaise lorsqu'on vit Soljenitsyne tombé en souriant dans les bras de Wladimir Poutine, il y avait pourtant un abysse considérable entre le vétéran de la Dissidence et un nostalgique de l'URSS. Mais Soljenitsyne était reconnaissant envers Poutine et Eltsine d'avoir fermer la parenthèse sanglante de l'URSS et d'avoir ressucité la Russie sans qu'elle soit encore redevenue sainte. Il n'avait pas oublié que cet ivrogne d'Eltsine avait organisé des obsèques sollenelles pour les dépouilles supposées de la Famille Impériale et qu'avant la cérémonie, Eltsine avait condamné l'URSS et le Communisme et avait demandé pardon au Bon Dieu. Il se souvenait que Poutine avait des gestes encore plus significatif envers les Romanov et les Russes Blancs: édification de cathédrales et de mémoriaux. Poutine a contribué à ce que ces concitoyens puissent se réapproprier leur identité et le passé antérieur à la Révolution d'Octobre. Et c'est évidemment pour sa propre gloire et l'Histoire est falsifiée à la sauce poutine. Et Soljenitsyne n'en était pas dupe.
Mais il estimait probablement que c'était déjà un progrès de voir les maitres du Kremlim reconnaitre les horeurs du Communisme et l'identité russe: rendre aux Russes leur fierté d'être russe. Et c'est fini le temps de "faire table rase du Passé" comme le proclamait Lénine. L'actuel président de la Chine Populaire a fait le même constat, il commence à avoir un peu la même réaction que Feu Eltsine et Poutine, on l'a constaté quand on a contemplé la cérémonie grandiose de l'Ouverture des J.O. de Pékin. Certes, comme Solejnitsyne, on n'est pas naif: les deux dirigeants n'ont pas la même vision de la Démocratie et de la Liberté d'Expression que les Occidentaux. Et on a une pensée émue pour les détenus politiques croupissant dans leurs geôles. Lui aussi commençe-t-il à adhérer à cette évidence formulée par la Grande-Duchesse Maria Wladimorovna Romanova: " Un Peuple qui renie son passé est un Peuple qui n'a pas d'avenir."
Une vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=EXuSP-sX1LA (Désinformation et animosité larvée)
Et le 6 Août 2008, l'âme de Soljenitsyne s'est envolé vers le Ciel. Le Président Français et un très grand nombre de personnalités (même des intellectuels de Gauche) ont rendu hommage à Soljenitsyne en le décrivant comme le héraut de la Dissidence à l'URSS. Mais ils n'ont pas rappelé dans leurs oraisons funèbres qu'il était aussi un dénonciateur du Libéralisme qu'ils vénèrent. Est-ce la raison pour laquelle la France n'a envoyé aux funérailles de l'écrivain qu'un simple chargé d'affaires, alors que d'autres pays avaient envoyé un ministre ou seulemnt leur ambassadeur ? Il y avait bien deux hommes politiques français, deux contre-révolutionnaires, à l'enterrement du Dissident. Mais ils étaient venus à titre privé et le président Sarkozy ne leur a pas demandé de représenté officiellement la France. Ces deux politiciens sont Philippe de Villiers, Président du Mouvement pour la France (MPF) et du Conseil Général de la Vendée et Dominique Souchet, député (MPF) de la Vendée. Villiers a dit son désir que les oeuvres de Soljenitsyne soit enseigné dans toutes les écoles et il a dit son amertume de constater que le gouvernement français n'avait pas envoyé de ministre. La conséquence est que les autorités russes ont demandé à Villiers de parler au nom de la France à l'Académie des Sciences Sociales Russes, il ne s'est pas gêné pour dire son opinion. D'autre part, il y a un homme de Gauche en France, marxiste pur et dur, qui a refusé catégoriquement de rendre hommage à Soljenitsyne, il s'agit du socialiste Jean-Luc Mélenchon: www.jean-luc-melenchon.fr Au contraire, il a réactualisé les vieilles insultes gauchistes: passéiste, réactionnaire, rétrograde... Mais on peut lui reconnaitre le mérite d'être fidèle à ces convictions et de ne pas être tombé dans l'hypocrisie: Soljenitsyne était son adversaire, il n'allait pas lui dresser une couronne mortuaire.
Sources: Ouest-France, Le Figaro, Valeurs Actuelles, Nouvelle Revue d'Histoire.
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