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samedi, 29 mai 2010

Don Giovanni de Carlos Saura (2010)

 Nous avons vu récemment un beau film musical avec des costumes et des décors superbes entre Venise et Vienne, une oeuvre qui nous a permis de retrouver avec plaisir Mozart, Salieri, Casanova et aussi Sa Majesté l'Empereur d'Autriche, Joseph II, le frère de Marie-Antoinette. Cette oeuvre nous a permis de faire connaissance avec une personnalité méconnue voire oubliée: Lorenzo da Ponte. Je fais référence à un joyau intitulé Don Giovanni, naissance d'un opéra et dont l'orfèvre n'est autre qu'un des plus grands cinéastes espagnols: Monsieur Carlos Saura.

  Le film commence par une scène curieuse quoique authentique: le baptême d'enfants israélites sous la conduite de....Casanova ! Nous avons du mal à imaginer le signor Giacomo Casanova, le célèbre dragueur et libertin, se faire l'apôtre du Christianisme auprès d'enfants juifs.Et pourtant, celà est un fait établi. Afin de se faire pardonner ces incartades récurrentes par l'Eglise et d'échapper aux foudres de la Sainte Inquisition, Casanova était bien devenu le parrain de plusieurs convertis parmi lesquels un certain Lorenzo da Ponte. Les toutes premières minutes du film nous permet de le voir grandir et de le voir recevoir le sacrement de l'Ordre: il est devenu prêtre. Mais à l'image d'un grand nombre de clercs, ayant été contraint d'accepter la tonsure sans avoir vraiment la vocation, il aime danser et courtiser les demoiselles sous le regard bienveillant (?!) de son parrain Casanova. Il se révèle être un écrivain. Est-ce qu'il va mettre sa plume au service de la Foi ? Nenni, il écrit des libelles licencieux. Ce n'est pas une surprise: voici le genre de littérature que prisait guère la Sainte Inquisitation....Celle-ci le bannit pour quinze longues années de Venise. Mais c'est un mal pour un bien: cet exil forcé va devenir pour da Ponte un exil doré, il va connaitre la gloire:

   Casanova le recommande à Antonio Salieri et ainsdi nous pouvons avec joie, écouter dees extraits des oeuvres composées par ce grand compositeur italien, il était le compositeur attitré de l'Empereur Joseph II. Celui-ci met Lorenzo dans les bras de .... Mozart !!!! Qu a écrit les paroles de Cosi fan tutte ? Lorenzo da Ponte. Et celle du Mariage de Figaro ? Lorenzo da Ponte.  Vous aurez compris, il est devenu le librettiste d'Amadeus. C'est le souverain qui suggère à Lorenzo d'écrire une nouvelle version musicale de Don Giovanni. Mais Mozart est guère enthousiaste, il accepte, car c'est une commande très bien rémunérée de la part du monarque.  Amadeus et Lorenzo, pour créer leur Don Giovanni, se sont évidemment inspiré du mythique Don Juan, mais aussi de Casanova et ... d'eux-mêmes ! C'est pourquoi nous avons été enchanté d'assister à la genèse d'un des plus beaux opéras avec la rivalité de deux sopranes ce qui contraignit Lorenzo et Amadeus a créé deux personnages féminins. Nous avons été témoins des répétitions et de la première des représentations....en fait, de leurs reconstitutions remarquables et signées Carlos Saura. 

  Nous vous encourageons à aller voir ce beau film, mais nous craignons que vous ayez du mal: cette oeuvre, sortie dans les salles en France le 12 mai dernier, a été peu médiatiser à l'inverse du Robin des Bois de Ridley Scott. Il n'est peut-être plus déjà à l'affiche, ce qui serait consternant. Nous pouvons espérer que des salles de cinéma en France le diffuse encore cette semaine. Les films américains, quelque soit leur qualité, sont très soutenus par les médias....La merveille de Carlos Saura n'a pas eu cette chance: c'est une production italo-espagnole. Pourtant on nous chante les mérites des échanges culturelles....Est-ce  à cause que tous les dialogues, y compris ceux parlés et non chantés, étaient dit en italien et parfois en allemand et non pas en français ? Nous pouvons regretter que ces dialogues n'ont pas été traduit au préalable en français et que les comédiens n'ont pas été doubler. C'est vraiment dommage, car l'audience de ce très beau film risque d'être confidentiel en France et empêche de facto les français de découvrir  un travail de qualité autre que les productions françaises ou anglo-saxonnes. Faut-il rappeler que les français ont les mêmes racines latines et européennes que les italiens et les espagnols, racines identiques à celles des portugais ? Il nous parait bien loin les projets d'Union Latine souhaitée par le Roi de France Louis XV, contemporain de Casanova, au temps du Pacte de Famille. Un projet relancé brièvement ensuite par Napoléon III (la campagne désastreuse du Mexique avec le malheureux Maximilien et son épouse l'Impératrice Charlotte qui deviendra folle avant de mourir en 1929).

  Pourtant nous sommes pas le seul à aimer ce film, il a été en compétition lors de deux festivals internationaux du cinéma, ceux de Rome et de Toronto et il a connu un certain retentissement dans plusieurs pays. C'est domage pour Lorenzo da Ponte, Mozart, Salieri, Casanova et l'Empereur Joseph II, c'est surtout regrettable pour Monsieur Carlos Saura. Les français méritaient de découvrir le travail de qualité de ce grand réalisateur espagnol. Il a réalisé ces premières oeuvres au milieu des années 1950. Nous lui devons des films sur l'évolution de la société espagnole de Franco à Zapatero mais aussi des oeuvres sur la danse et sur la musique (le tango, Carmen, la flamenco, le fado) ainsi qu'un récit historique sur Goya à Bordeaux et une métaphore sur Salomé ayant réussi à avoir la tête de saint Jean-Baptiste: http://fr.wikipedia.org/wiki/Carlos_Saura

 D'autre part, il n' y avait rien de "cochon" dans le film consacré à Don Giovanni, il était visible pour toute la famille (l'éveil des enfants à l'Art), il n'était pas destiné uniquement aux mélomanes: http://www.cinemovies.fr/fiche_film.ph?IDfilm=19984  Ce film a les mêmes qualités estimables, une biographie musicale, que trois autres films ayant connu le même sort: retentissemnt important en-dehors de France, médiatisation avoisinant le néant en France. Il s'agit d' Il était une fois Jean-Sébastien Bach de Jean-Louis Guillermou (2003) avec Christian Vadim, Frédérique Bel, Jean Rochefort: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=53735.html On peut acquérir le DVD: http://www.priceminister.com/offer/buy/4405670/Johann-Seb...

L'élève de Beethoven d'Agnieszka Holland (2006) avec Ed Harris et la ravissante Diane Kruger: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=59109.html On peut acheter le DVD: http://www.amazon.fr/L%C3%A9l%C3%8Ave-beethoven-Matthew-G...

Vivaldi, un prince à Venise de Jean-Louis Guillermou (2007) avec Stefano Dionisi, Katia Tchenko, Michel Galabru. C'est le dernier film que tourna le regretté Michel Serrault. http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109646.html et http://leonarddebony.hautetfort.com/archive/2007/08/25/de...   On peut acquérir le DVD: http://www.zoom-cinema.fr/film/antonio-vivaldi-un-prince-...

 

 

16:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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