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jeudi, 30 septembre 2010

La destruction de l'église Saint-Jacques d'Abbeville.

Chers lecteurs.

    Si vous lisez ce journal, vous me prouvez ainsi votre intérêt pour l'Histoire et la sauvegarde du Patrimoine.  Je vais vous annoncer une information qui va peut-être vous attrister ou vous indigner.

     Vous avez pu lire sur ce journal à la date du dimanche 9 Mai 2010, un de mes articles intitulés: les églises détruites. http://leonarddebony.hautetfort.com/archive/2010/05/08/le...  Je vous révélais la mobilisation à Abbeville d'un très grand nombre d'habitants de cette commune picarde et d'un collectif dynamique pour empêcher la démolition de l'église Saint-Jacques: http://nord-pas-de-calais-picardie-france3.fr/info/picard... et http://www.dailymotion.com/video/xcd58w_eglise-saint-jacq...

      Hélas, nous avons appris que Monsieur Nicolas Dumont, le maire PS de la ville d'Abbeville, aurait pris la décision de raser cette église malgré la mobilisation énergique des défenseurs du sanctuaire. Pourtant, si on croit Le Courrier Picard, cet édile n'était pas hostile à la rénovation de l'église tout en reconnaissant le coût qu'il jugeait "délirant" de la restauration souhaitée. L'église devrait être démolie le 6 Octobre 2010.

      Toutefois, il n'est pas trop tard pour que vous-même, si vous le désirez, vous vous mobilisez pour sauver cette église, un vestige de l'identité chrétienne de la France. Vous pouvez ainsi écrire à Monsieur Nicolas Dumont en lui envoyant un message à l'adresse suivante: nicolas.dumont@ville-abbeville.fr

                                          Bien cordialement,

                                                           Léonard de Bony

 

 

     

 

Commentaires

Je suppose que l'église est fermée par décision du maire, puisque l'édifice et la partie de son mobilier antérieure à la séparation de l'église et de l'État sont propriétés de la commune d'Abbeville. C'est donc, peut-on croire, à la mairie d'assumer la décision - certainement motivée - qu'elle a prise et de prendre maintenant des dispositions pour éviter que l'état de l'église ne cause des accidents. Je suppose que si la mairie avait agi, dès la fermeture de l'édifice au public, la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) aurait pris des dispositions ou, au moins, pu soutenir une demande d'inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. D'après ce qui a été communiqué au public, rien n'a été fait dans ce sens. Or, sans l'accord du propriétaire d'un édifice (pour Saint-Jacques c'est la ville d'Abbeville), l'Administration ne peut prononcer une inscription aux Monuments historiques. Sans une telle inscription, la Drac n'est pas en position de programmer un budget et encore moins dans l'urgence. Il faut savoir aussi que, pour inscrire des prévisions au budget d'un organisme tel que la Drac, il convient de s'y prendre de quatorze à dix-huit mois avant d'avoir des chances de disposer effectivement des crédits. Je suppose encore que l'administration municipale d'Abbeville n'ignore rien de tout cela ; c'est impossible qu'elle n'ait pu s'en informer à l'heure où elle a décidé de la fermeture de l'église au culte. Je suppose encore - pardonnez, je vous prie, que je ne puisse être plus affirmatif, puisque je n'ai pas en mains les diverses délibérations du Conseil municipal, ni celles de la Commission municipale qualifiée - que les autorités religieuses ont été amenées depuis la décision de la fermeture à réorganiser la vie religieuse aux frais de la communauté catholique et qu'il ne leur est plus indispensable de retrouver l'usage de l'église Saint-Pierre pour assurer la permanence du culte et que, même la charge financière de l'entretien pour la vie courante n'est plus possible puisqu'il est assumé ailleurs.
Ceci étant posé, il paraît évident que la municipalité n'a pas utilisé les meilleures méthodes pour résoudre le problème qui - entre nous - était assurément prévisible longtemps avant que des dégradations majeures se produisent. Pour beaucoup, il y a donc carence présumée. Et de plus, par manque de prévisions, atteinte au patrimoine architectural et artistique de la cité.
Faut-il envisager la destruction de l'édifice par nécessité de sécurité publique ? A ma connaissance, rien n'est moins sûr. Il y a donc urgente nécessité à faire réaliser (si ce n'a déjà été entrepris) une expertise par des personnes compétentes qui ne soient ni susceptibles d'avoir intérêt à la démolition, ni connues pour avoir des options partisanes. Là encore, on peut être étonné que, lors d'une inspection des parties hautes de l'église par M. le Maire d'Abbeville et deux autres personnes, il n'ait pas été fait appel à des spécialistes étrangers aux contestations qui n'ont que trop duré.
La position de certains : "On refait ou on rase" résume la situation, mais ne tient aucun compte d'un élément majeur : Raser ne se fait pas sans dépense et il n'est que trop probable que les frais de la démolition seraient sans doute assumés par un promoteur ou couverts par la commune grâce à la vente du terrain. Du moins, si j'étais un élu local, c'est ce dont je me serais préoccupé en priorité pour ne pas gréver le budget communal.

Écrit par : Jean DUCROS | dimanche, 21 novembre 2010

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