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samedi, 30 mars 2013

Le peuplement français en Amérique du Nord

Nous vous présentons le texte d'une conférence, nous l'avons donné à plusieurs reprises à Paris et en province dans les années 2011 et 2012. Depuis de nombreuses années, nous avons entrepris des recherches historiques sur l'histoire du peuplement français en Amérique du Nord. Et il ne se résume pas qu'au Québec ! Nous aurions voulu publier un livre sur ce thème en 2003 et ensuit en 2006, des aléas de la vie (orientation professionnelle, chômage, problèmes budgétaires et d'ordre privé) nous aurons contraint de repousser ce projet à une date ultérieure à notre grand regret. Afin de connaître une visibilité, nous avons créé ce journal  et donner des conférences sur différents sujets au lieu de publier le livre. 

Si vous avez l'habitude de consulter le contenu de ce journal, vous constaterez qu'il y a une rubrique à gauche de ce texte sur votre écran, elle s'intitule "Amérique Française". Elle répertorie des sites concernant l'Amérique Française d'hier et d'aujourd'hui. Nous vous proposons non pas l'étendue de nos recherches, l'équivalent d'une étude universitaire, mais le texte de la conférence: un résumé, la base de ce qu'il faut savoir sur le peuplement français en Amérique du Nord. Vous allez lire donc un texte: il s'adresse à tous ceux qui, du peuplement français en Amérique du Nord, ne connaissent que le Québec et les Québécois et qui aimerez approndir leur connaissance sur ledit peuplement. Ensuite, nous publierons des études spécifiques et détaillées sur des évènements (ou événements) de cette histoire dans les colonnes de ce journal à des dates ultérieures. Nous vous proposons aussi ce résumé afin de vous inviter à entreprendre vous-même des recherches sur ce peuplement français en Amérique du Nord. Vous avez peut-être entendu de membres de votre famille ayant quitté votre village pour s'établir en Nouvelle-France: nous serons enchantés si vous nous contactez pour nous apporter des précisions sur le départ de vos parents vers le Nouveau-Monde. 

Introduction: 

  A plusieurs reprises, j'ai parlé autour de moi d'une vérité: il n'y a pas que les Québécois qui parlent français, chantent français et se battent pour promouvoir la langue, la culture et les tradtions françaises en Amérique du Nord. J'ai eu droit souvent à cette remarque: " Ah bon  ! Il n'y a pas que les Québécois ? Les autres francophones doivent être peu nombreux et ils doivent être moins de moins nombreux. " J'avoue que cette réflexion m'a laissé pantois. Car mes interlocuteurs étaient des gens lettrés, polyglottes et ils avaient travaillé dans différents pays et sur divers continents. La preuve regrettable que des Français connaissent très mal leur histoire et la réalité de la Francophonie ! Et les médias français présentent souvent comme des Québécois, des artistes "Français d'Amérique" qui en fait ne sont pas forcément Québécois. Si Céline Dion, Garou, Fabienne Thibeault, Robert Charlebois, Diane Dufresne, Coeur de Pirate, Gilles Vigneault, Lynda Lemay ou encore Isabelle Boulay, descendante de Rois de France (!) sont Québécois comme l'était le regretté Félix Leclerc. D'autres chanteurs célèbres venus du Canada et célèbres en France ne sont pas en fait Québécois: Daniel Lavoie est Franco-Manitobain et Nastaha Saint-Pier et Roch Voisine sont Acadiens.  Le nombre de francophones et fier de l'être n'est pas prêt de diminuer en Amérique du Nord: au contraire, il aurait plutôt tendance à augmenter. 

 Nous préférons les appeler "Français d'Amérique" que "Francophones", car la plupart d'entre eux sont d'origine française et ils vivent dans des territoires ayant été français, et tous se battent pour promouvoir l'usage de la langue, de la culture et des traditions françaises. Ils ne font pas que parler français. La réclame de l'Université de Laval de Québec est d'ailleurs "le plaisir d'étudier en français en Amérique du Nord". A l'heure où j'écris ce texte, il y a à peu près 20 millions de "Français d'Amérique" en Amérique du Nord ! Contre toute attente, ce n'est pas au Québec où nous trouvons le plus de ces Français (6, 5 Millions), mais en Nouvelle-Angleterre (13,5 Millions). Pourtant, cette région n'a jamais été française ! Nous avons donc une population dispersée sur l'ensemble de l'Amérique du Nord, mais elle est contituée de différentes communautés visibles. Nous prenons comme exemple le Canada, nous trouvons une population "Française d'Amérique" dans chaque province. Elles forment des communautés avec leur nomp propre depuis les années 1960 pour se distinguer les unes par rapport aux autres. Nous allons vous les énumérer d'Ouest en Est: les Franco-Colombiens-Britanniques dans la Colombie Britannique, les Fransaskois pour les "Français" habitant le Sasketchewan, les Franco-Albertains dans l'Alberta, les Franco-Manitobains dans le Manitoba, les Franco-Ontarien dans l'Ontario, les Québécois au Québec, les Acadiens dispersés dans deux provinces (la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick) et sur l'île du Prince Edouard et enfin les Franco-Terreneuviens à Terre-Neuve. Nous citons aussi les Franco-Ténois vivant dans les territoires du Nord-Ouest canadien. Au large de Terre-Neuve, il ne faut oublier l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon. il se constitue de trois îles Miquelon, Langlade et Saint-Pierre. Cet archipel reste un territoire français, le seul d'Amérique du Nord. 

 Comme leurs cousins établis aux Etats-Unis, nous allons résumer l'histoire de ces cousins du Canada. Une histoire commune à la nôtre. La plupart de ces "Français" sont d'origine française.  D'autres descendants de migrants venants de Suisse Romande, du Val d'Aoste, du Val de Suse et de Wallonie. Des territoires francophones en Europe, des territoires ayant été français un moment de leur Histoire. Pourquoi en France, nous les appelons "les cousins" ? Nous formons avec eux un seul et même peuple. Quand nous faisons de la généalogie, nous découvrons que nous avons des ancêtres en commun avec eux. Leurs aieux étaient les frères ou les soeurs des nôtres avant qu'ils quittent l'Europe Francophone au XVIIè, XVIIIè, XIXè ou au XXè siècle.  L'Histoire Française de l'Amérique commence bien avant le XVIIè siècle. Ils sont parvenus à voir leurs médias, leurs écoles, leurs universités et leurs compagnies d'assurances en Français.

Toutefois des populations ont fait souche au Canada et surtout au Québec sans être forcément d'origine française, mais anglaise, allemande, slave....  Ils sont devenus francophones. Certaines familles arrivées dans les années 1970-2010 viennent de pays extra-européens et parmi ces pays, des nations ayant été colonisées par la France à la fin du XIXème siècle. Il faut aussi citer des familles haitiennes, ayant fui la dictature de Duvallier.  Eux aussi sont devenus nos cousins par le coeur. Voici un résumé de l'Histoire ces populations qui est aussi la nôtre.

1) Les pionniers:  

 Tout à commencer vers la fin du XVème siècle, nous sommes dans les années 1480-1500.  Des pilotes bretons, normands, bas-poitevins (ancêtres des Vendéens) reviennent avec une marchandise précieuse en poissons et en crustacés. Tous parlent d'une terre neuve.... Leurs récits semblent obscurs. Il se répète l'existence d'une terre lontaine, le mythique Vinland. Ces pionniers demeurés inconnus sont les premiers terre-neuvas.  On rapporte le récit des voyages d'un certain Jean Coulon, découvreur d'un Nouveau-Monde. As-t-il vraiment existé ? Certaines sources le disent issu d'une importante famille de marins du XVème siècle, les Colombo. Ce qui ferait de lui un parent de Christophe Colomb. Certains vont jusqu'à le présenter comme le véritable découvreur de l'Amérique et d'autres le confondent avec Colomb. Car il y a eu longtemps des controverses sur l'origine de Christophe Colomb. L'existence de Jean Coulon reste hypothétique. 

Il n'en va pas de même pour les marins suivants. Nous savons avec certitude leur existence: les pilotes Gaumart, Jehan Denis, Thomas Aubert et Giovanni da Verrazano. Ces marins vont se charger de vérifier la véracité des récits de voyages de leurs précédesseurs. Un riche armateur dieppois, né en 1480, va leur permettre ces vérifications. Il s'agit de Jehan Ango. Il sera surnommé le "Médicis Normand" pour sa fortune et son goût pour le développement des arts. Mais il est surtout entré dans la postérité pour l'aide financière donnée à ces premiers explorateurs.  Avec Ango, la France participe à la découverte de nouvelles terres. Le pape a pris la décision de donner la possession des territoires découverts uniquement aux espagnols et aux portugais. Le Roi de France François 1er ne l'entend pas ainsi: lui aussi veut sa part du gâteau ! Et Jehan Ango va lui permettre d'avoir cette part convoitée. Mais les Anglais et leurs alliés, les Hollandais, ont la même réaction que le Roi François. Sur leur chemin, les pionniers français vont trouver des ennemis, non pas parmi les populations amérindiennes, mais parmi les autres puissances européennes de l'époque: avoir un grand nombre de comptoirs en-dehors d'Europe et se tailler un empire colonial, c'est l'assurance pour une grande puissance de pouvoir dominer les autres pays d'Europe et rêver même de pouvoir les assujettir ! Le Nouveau-Monde: une guerre larvée de conquêtes entre les grandes puissance européennes et dont, la France. 

  En 1534, le malouin Jacques Cartier découvre l'embouchure du Saint-Laurent après avoir exploré Terre-Neuve. Il fera plusieurs voyages. De retour en France, il parlera de son admiration pour des rivières où on pouvait admirer des prétendus diamants. Au cours de ces derniers périples, il reviendra avec ce qu'il pensait être des joyaux. C'était en fait des pierres de culture de valeur largement inférieure à de vrais diamants. C'est l'origine d'une expression: "Faux comme un diamant du Canada ! " Mais ces voyages n'ont pas été vains: ils ont permis la découverte des rives encadrant le Saint-Laurent et de prendre contact avec les populations autochtones. Ce fut le début de relations cordiales et commerciales entre la France et les Amérindiennes. Celles-ci ont permis aux Français d'avoir accès à débouché inespéré: les fourrures ! Marins et explorateurs se transforment en trappeurs et en coureurs des bois. Et parmi eux des missionnaires pour annoncer l'Evangile. Afin de mieux connaître les Indiens, leur langue, leur vie quotidienne, un Français, Etienne Brûlé (1592-1633) passera de longs mois en immersion totale chez les Hurons, qui d'ailleurs devaient le tuer. Brûlé sera le permier interprête Français de langue indienne.

Mais bien avant la naissance d'Etienne Brûlé, le peuplement Français avait déjà évolué. Outre les premières routes commerciales à partir du Saint-Laurent grâce aux trappeurs, la Nouvelle-France était déjà inscrite sur les cartes depuis les voyages de Verrazano en 1524. Il ne fallait que ce territoire ne soit qu'une fiction: François 1er ordonna le premier peuplement de Français. Le lieu choisi sera appelé Charlesbourg-Royal (aujourd'hui Cap Rouge au Québec), la première commune française en Amérique du Nord. Les premiers habitants arrivent en 1541. 

 Or la France des Rois Valois ne lorgne pas que sur l'Amérique du Nord avec ces hivers très froids. Elle jette aussi son dévolu vers des contrées au climat plus clément. Ce sont les expériences éphémères et douloureuses au Brésil de Nicolas Durand de Villegagnon (1510-1571)  avec le rêve fracassé de la France Antarctique et du Fort Coligny en 1555 et de Razilly et la Rivardière en 1613. Dans les deux cas, les Portugais, les premiers arrivés, vont chasser les Français indésirables d'une manière sanglante. 

 Mais en France, le Protestantisme se diffuse. Les Français convertis à cette nouvelle lecture des Saintes Ecritures vont s'affronter d'une manière là aussi particulièrement sanglante aux Français demeurés Catholiques: les Guerres de Religion, que les survivants appelleront des guerres civiles.  Une figure du Protestantisme Français, Gaspard de Coligny souhaita créer une colonie huguenote dans l'actuelle Caroline du Sud. Il va charger le Capitaine Jean Ribault de mener à bien ce projet. Il va créer la Floride Française. Une petite colonie va s'établir entre 1562 et 1565 avec des arrivées de colons par deux débarquements en 1562 et 1565. Mais les armées espagnoles de Ménendez vont massacrer ces colons français. Les 500 survivants et parmi eux Jean Ribault seront exécutés "non pas comme Français comme Luthériens". Cette tragédie, conséquence américaine des Guerres de Religions, semble mettre un terme définitif au peuplement français de la Caroline et de la Floride. La postérité devrait venger Jean Ribault et ces premiers colons massacrés. Et Gaspard de Coligny fut assassiné le 24 Août 1572 à Paris lors du Massacre dit de la Saint-Barthélémy. Son souhait de voir des Protestants Français, les Huguenots, s'établir en Amérique du Nord sera exaucé: c'est un huguenot, natif de la Province de la Saintonge (actuel département de la Charente Maritime), Samuel de Champlain (1580?-1635) qui devait fonder la ville de Québec et acquérir le nom de "Père de la Nouvelle-France", qui, pourtant, comme nous vous l'avions précisé existait bien avant lui ! Nous reviendrons ultérieurement à Champlain. 

   Car avant d'aborder le rôle essentiel de cet explorateur et cartographe huguenot, il faut faire référence à un autre de ces coreligionnaires qui comme Ribault, l'avait précédé: Pierre Minuit (1580-1638). Ce contemporain de Champlain était né à Wesel en Rhénanie, il était le fils d'un huguenot, natif de Tournai, réfugié à cause des Guerres de Religion et des persécutions qu'il subissait en tant que protestant. Il sera le troisième gouverneur de la Nouvelle-Hollande (actuel état de New-York), il devait acquérir l'île de Manhattan. Il est l'un des premiers wallons de New-York. Au XVIè et au XVIIè siècles, les Hollandais ou Flamands appelaient "wallon", les personnes qui leur étaient étrangère et ceux qui, dans leur voisinage (Artois, Picardie, Brabant, Hainaut, Lorraine et actuelle Wallonie), parlaient le Français ou un idiome francophone comme le Picard. Les huguenots étant français et francophones, ils furent appelés Wallons. Certains Protestants, fuyant les persécutions ont fait souche dans les actuelles Allemagne, Angleterre, Hollande. Dans ce dernier pays, ils se sont établis autour de temples où le culte était célébré en Français et c'est toujours le cas: les églises dites wallonnes ! Or des lois en Hollande et en Angleterre vont contraindre ces populations à néelandiser ou angliciser (voire les deux) leurs noms et à perdre progressivement l'usage de la langue française. Ces lois s'appliquant aussi au sein des colonies hollandaises (acquises par l'Angleterre à la fin du XVIIè siècle) et anglaises d'Amérique du Nord. Outre Pierre Minuit, citons le pionnier Jessé de Forest (1576-1624) et le Comte Philippe de Lannoy  (1602-1681), dont le nom sera modifié en Delanoy et ensuite en Delano. Il sera l'ancêtre de Peter Delanoy, le 18è maire de New-York et des présidents américains Ulysse Grant et Franklin Delano-Roosevelt. Les Huguenots seront incorporés dans les armées anglaises, hollandaises, prussiennes... Ils seront amenés à guerroyer contre la France...  

2) Les fondateurs: 

Vous l'aurez compris, les Français vont avoir des voisins encombrants en Amérique du Nord: ce ne seront pas les Amérindiens, mais avec les colons Anglo-Hollandais, dont certains étaint d'origine française. La confrontation sera mortelle pour la Nouvelle-France et celà dès les premières années de son existence effective: l'action déterminante de Samuel de Champlain. 

Mais avant de vous citer le rôle considérable de Champlain. Il faudrait citer tous ces devanciers qui, comme lui, auraient largement mérité le surnom de "Père de la Nouvelle-France". La postérité a retenu le nom de Etienne Bellanger qui fonda un comptoir commercial en Acadie (actuelles provinces canadiennes de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Ile du Prince-Edouard et de la Madelein, l'Etat américain du Maine). C'était en 1563 au moment ou Jean Ribault tentait de faire sa colonie en "Floride". Citons aussi le Marquis de la Roche en 1598 et Pierre de Chauvin en 1600 qui tentèrent de fonder des colonies vite décimées en raison du grand froid canadien. Mais les Rois de France persistèrent à établir des populations dans l'actuel Canada. Citons enfin, une personnalité aussi importante que Champlain: Pierre du Gua de Mons. Sa date de naissance est méconnue, il est né entre 1540 et 1563. En 1599, il vend toutes ces terres en Saintonges pour finançer de nouveaux comptoirs et travailler à l'établissement de population française en Amérique. Il s'embarque donc vers le Nouveau-Monde, il fera la traversée avec Pierre de Chauvin. Il fondera le comptoir de Tadoussac (aujourd'hui eu Québec). Henri IV le nommera "Lieutenant général en Amérique Septentrionale". C'est alors que sa route va croiser celle du héros, Samuel de Champlain. 

 Il ne faut pas se méprendre, malgré sa particule, Champlain n'était pas noble. Son nom est resté définitivement associé à sa fondation de la ville de Québec. Mais, il n'était pas un néophyte avant de fonder cette cité en 1603, il avait exploré les Antilles en ainsi que les rives de l'actuelle Amérique du Sud avec un oncle géographe. . Nous possédons de lui un rapport de son expédition à Saint-Domingue qu'il avait mené en l'An 1600. Il a 32 ans lorsqu'il est chargé par le Roi Henri IV de renforcer la présence française en Nouvelle-France.  Il embarqua à Honfleur le 15 Mars 1603. Mais n'étant pas issu de l'aristocratie et étant de surcroît protestant, il doit agir sous les ordres d'un gentilhomme catholique, le Commandeur Aymar de Chaste. Toutefois, Champlain sera gratifié de plusieurs titres: Henri IV le titra "Géographe royal". Il recevra aussi les titres de "Lieutenant du Vice-Roi de la Nouvelle-France" et de '"Commandant de la Nouvelle-France". Mais c'est son surnom posthume de "Père de Nouvelle-France" qui lui permet d'atteindre la première place: de 1603 à 1633, il aura effectué 21 traversées de l'Atlantique et  12 séjours en Nouvelle-France ! Il va rationaliser le commerce des fourrures et les relations cordiales avec les Amérindiennes, qui grâce à son action, deviendront de vrais alliés et auxiliaires pour les Français.  Champlain y est parvenu aussi grâce au talent de traducteur d'Etiennne Brûlé. Il mènera des expéditions avec l'aide de guides recrutés parmi les Améridindiens. En 1604, Mons et Champlain s'allient avec un autre explorateur, Pountrincourt, pour aller fonder une colonie de peuplement à l'Est de l'actuelle Canada: l'Acadie et dont le fondateur reconnu comme tel est Pierre du Gua de Mons. 

L'idée de colonie de peuplement sera l'obsession de Champlain. Après un très grand nombtre d'occasions manquées, son souhait sera exaucé par deux vagues de migrations, la première durant l'été 1634 et la seconde durant l'été 1635, quelques mois avant sa propre mort: l'établissement d'une dizaine de familles de colons.  C'est Mons qui financera les projets de peuplement de Champlain. Or, Champlain va devenir surtout le meilleur ami des Hurons. Il leur promet aides et soutiens de la France contre leurs ennemis Iroquois. Ce soutien de Champlain envers les Hurons contraindra l'Armée Française à guerroyer contre les Iroquois. Ceux-ci massacreront des missionnaires Français, dont saint Isaac Jogues. Les Iroquois auront comme alliés...les Anglais et parmi eux des descendants de Français protestants.   Et dès le début le XVIIè siècle, les missionnaires catholiques, issu de l'Ordre des Jésuites, "les Robes Noires", feront de la Nouvelle-France un territoire réservé aux Catholiques... Les Protestants allaient donc chez les Anglais ayant créé de véritables colonies de peuples sur la Côte Est des actuels Etats-Unis: les treize premiers états. Leurs descendants seront les Insurgents en 1776....

 La postérité a gardé le nom du tout premier colon Français en Nouvelle-France, il s'agit de Louis Hébert (1575-1627). Alors que la majorité des colons viendront du Perche, de la Normandie, du Poitou et de la Saintonge, Louis Hébert était parisien. Il habitait près du Louvre où se trouvait son échoppe d'apothicaire. Il fit des allers-retours entre la France et la Nouvelle-France. Son premier voyage est en 1606 avec Pierre du Gua de Mons.   La vie en Nouvelle-France est paisible: les comptoirs se multiplient et ils deviennent des villages et ceux-ci deviennent des villes avec des églises, des écoles, des dispensaires selon la taille de la commune. Une vie essentiellement rythmée par le départ et l'arrivée des trappeurs explorant toujours de nouvelles terres vers l'Ouest (actuelles provinces canadiennes de l'Ontario et du Manitoba) où sont fondés de nouveaux comptoirs dans le voisinage des camps amérindiens. Mais la postérité a préféré la longue et téméraire exploration des rives du Meschachébée (actuel Mississippi) jusqu'au golfe du Mexique. Un exploration menée par trois hommes aventureux, le Père Marquette, Louis Jolliet (on prononçait jolliette) et Robert Cavelier de la Salle. C'est ce fils de pharmacien de Rouen qui devait donner l'ensemble du vaste territoire exploré et conquis  (les deux tiers des Etats-Unis actuels) à Louis XIV. En hommage au Roi-Soleil, La Salle donnera le nom de Louisiane à ces territoires explorés. Plusieurs générations d'explorateurs parachèveront les découvertes de ces précurseurs en fondant des villes et donc de communautés de personnes. Pour mémoire, citons les villes les plus importantes outre Québec et Montréal: Chicago et Détroit autour des Grands Lacs furent des villes françaises. Saint-Louis aujourd'hui dans le Missouri a encore de nos jours une population de souche française parlant français. Plusieurs communes appelées "Paroisses" autour de deux capitales jadis françaises: la Nouvelle-Orléans dans l'actuel Etat de Louisiane et Bâton-Rouge dans l'actuel du Tennessee. 

   Depuis Champlain, Mons et Hébert, l'émigration de la France métropolitaine vers la Nouvelle-France a été lente mais d'une manière permante. Mais Il y avait trop d'hommes et peu de femmes, une disproportion alarmante remettant en cause de la survie du peuplement. Ce fut l'envoi en Nouvelle-France comme dans les Antilles où il y avait le même décalage de jeunes filles disponibles au mariage et à l'enfantement: les Filles du Roy. Il s'agissait d'orphelines et de prostituées. Elles ont été enrolées sous la fin du règne de Louis XIV et au moment de la Régence de Philippe d'Orléans. 

Si les Familles Françaises ayant fait souche dans les colonies et plantations anglaises et/ou hollandaises ont dû modifié leurs noms: Cartier devenu Carter, Moulin devenu Mullin, Fossette devenu Fosset ou en Fawcett (ancêtre de l'actrice Farah Fawcett), Roquefeuil en Rockfeller (ancêtres de la famille du milliardaire), Croquetagne en Crockett (ancêtres de Davy Crockett)... Les Familles Françaises ayant fait souche en Nouvelle-France ont gardé le plus souvent le nom de l'ancêtre. Nous retrouvons donc des noms identiques des deux côtés de l'Atlantique encore de nos jours. Prenons l'exemple de l'actuel Département de la Vendée (anciennement appelé le Bas-Poitou), nous trouvons des noms de famille aussi porter dans les Maritimes (ancienne Acadie: Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince-Edouard...): Arnaud, Blusseau, Daviet, Thibodeau... Des cousins ... Il n'y a rien de surprenant, les cousins d'Amérique descendent des frères des ancêtres des cousins demeurés en France ! Céline Dion a des ancêtres originaires du sud-est de la Vendée, Isabelle Boulay du Nord-Ouest de ce même département. Et elles ont des ancêtres Français originaires de d'autres contrées en France. 

    En l'An 1700, la Nouvelle-France, colonie Française d'Amérique du Nord, se composait des deux-tiers des actuels Canada et Etats-Unis ! Elle aurait pu se pérenniser s'il y avait pas pu quelques péchés originels devant susciter la perte par la France de cette colonie et de la disparition de celle-ci. Une disparition ayant laissé un souvenir tellement vivace et pérenne que nous pouvons oser dire que si la Nouvelle-France n'existe plus depuis 1763 et que la Louisiane n'est plus Française depuis 1804, l'Amérique Française est bien vivante encore en cette année 2013. 

     Mais avant de vous décrire la lente agonie de la Nouvelle-France, il faut citer le comportement de de femmes admirable. Nous pourrions les appeler les bonnes fées de la Nouvelle-France: Mère Marie de l'Incarnation (1599-1672), Marguerite Bourgeoys (1620-1700)  et Jeanne Mance (1606-1673). La première d'entre elles, Mère Marie de l'Incarnation (1599-1672) étaint née à Tours sous le nom de Marie Guyart. Dès son enfance, elle se sent attirer vers la vie monacale. Mais ces parents l'obligent à épouser un honnête maître soyeux, un certain Claude Martin. Elle donne la vie à leur fils unique en 1621. Veuve six mois plus tard, elle va donner une éducation à son enfant et elle va aider à la gestion d'une entreprise. Ce n'est qu'en 1635, qu'elle peut entrer en religion en prenant le nom de Marie de l'Incarnation. Elle entre dans l'Ordre des Usurlines. Elle veut devenir enseignante. Une aristocrate, Madame de la Peltrie, va lui permettre de financer son départ pour Québec et pour créer là-bas un monastère où elle puisse enseigner. Elle va atteindre son but: travailler à l'éducation des petites amérindiennes. Elle va leur apprendre à lire, écrire, compter, à tenir une maisonnée et des bases de gestion. Marie de l'Incarnation fut béatifiée par le Pape Jean-Paul II, le 22 Juin 1980. 

     La deuxième bonne fée fut Jeanne Mance (1606-1673). Elle était la fille du Procureur du Roi de la bonne ville de Langres où elle étaient née. Elle sera considérée comme "une pionnière de la Nouvelle-France". Car avec le soutien effectif de la Reine Anne d'Autriche, elle va travailler à la création de l'Hôtel-Dieu de Québec après avoir oeuvré à la création de la ville de Montréal en 1641. Elle fondera les bases du service de soins de la Nouvelle-France et donc de l'actuel Canada. Elle sera la marraine de 43  jeunes filles de la colonie. Au service des malades et des démunis, elle sera aidée entre autres par la Vénérable Catherine de Longré (1632-1688), en religion Mère Marie-Catherine de Saint-Augustin, qui voua toute sa vie à l'humanitaire. C'est une des saintes de la Nouvelle-France. 

     La troisième bonne fée fut Marguerite Bourgeoys (1620-1700) et dont l'oeuvre est complémentaire à celle de Mère Marie: cette native de Troyes-en-Champagne veut devenir maîtresse d'école dès son plus jeune âge. Les années passent, elle intègre une congrégation laique de jeunes filles formées pour devenir enseignante. La directrice de cet établissement n'est aute que la soeur de Maisonneuve, le fondateur en 1642 de la commune de Ville-Marie dans l'actuel Québec. Celui-ci rencontre Marguerite et il lui apprend que sa ville a besoin d'une institutrice pour l'instruction des enfants de ces habitants. Convaincue par Maisonneuve, Marguerite le rejoint à Ville-Marie. Dès lors et celà jusqu'à la fin de ces jours, elle va créer des écoles pour les enfants de Français établis dans l'actuel Québec (Ville-Marie, Montréal...) et pour les enfants Amérindiens, des écoles ménagères pour les jeunes filles et pour les Filles du Roi et évidemment au moins une chapelle. Elle fut canonisée par le Pape Jean-Paul II, le 31 Octobre 1982.         

3) Une lente agonie: 

  Grâce à l'action des pionniers, femmes ou hommes et à leurs relations plutôt bonnes avec les Amérindiens, la vie dans la Nouvelle-France aurait été paisible et elle serait devenue de plus en plus prospère et celà malgré un climat particulièrement rude avec des températures allant jusqu'àn - 40 degrés celsus en plein hiver ! Des trappeurs se vendaient parfois "aux plus offrants" comme Médard de Groseillers et son beau-frère Pierre-Esprit Radisson qui, travaillaient selon pour les compagnies en poste à Québec ou à Montréal ou pour le compte de comptoirs chez les Anglais. Oui, la vie semblerait paisible s'il n'y avait pas eu des voisins dominateurs: les Anglais !

   Et les gouvernements français vont progressivement négligés et sous-estimés l'intérêt géopolitiques et économiques de la Nouvelle-France et des autres colonies (les Antilles, l'Isle Bourbon -actuelle Ile de la Réunion- et l'Isle de France -actuelle Ile Maurice) comme sera le cas juqu'à la fin du XXème siècle pour l'Outre-Mer.  Cette négligence provient du fait que les frontères de la France en métropole n'étaient pas sûres: il y a eu plusieurs risquent d'invasions étrangères en particuliers des ennemis Habsbourg. C'est la défense du Pré Carré.  Les Rois Valois François 1er et Henri II ont guerroyés contre l'Empire des Habsbourg. Leurs successeurs de la dynastie Bourbon seront contraints de continuer la la lute aussi contre la suprématie anglo-hollandaise et protestante. Après les vélléités d'Henri IV qu'il ne put réaliser en raison de son assassinat, ces descendants Louis XIII, Louis XIV et Louis XV mèneront de longues guerres sur le continent européen et celà au détriment du financement des colonies ! Louis XIV sera même amené à annexer des territoires et dont les habitants ne voulaient absolument pas devenir Français: la Franche-Comté et le Roussillon. 

    L'Histoire de l'établissement de colonies anglo-hollandaises en Amérique du Nord et en particulier sur la Côte Est des Etats-Unis actuels est parallèle à celle de la Nouvelle-France: exploration de la Virgine en 1584 et fondation d'une colonie en 1607. Nous constatons la fondation de d'autres états des Etats-Unis actuels au XVIIè siècle sur la même côte: le Massachussets en 1620 par des passagers du Mayflower, le New Hampshire en 1623, le Maryland en 1632, le Connecticut en 1635, le Rhode Island en 1636, la Caroline du Nord en 1653, la Caroline du Sud en 1663 et enfin le Delaware en 1664 comme le New Jersey et l'Etat de New-York. Et la Grande-Bretagne étant une île, ces frontières étaient plus sûres que celles continentales de la France métropolitaine.

En 1685, il y a 10 275 habitants en Nouvelle-France pour 160 000 en Nouvelle-Angleterre. Dès les années 1700, on note une disproportion dans le nombre d'habtiants: 1 Français établis en Amérique du Nord pour 15 Anglais eux aussi établis sur le même continent. Ce ne sont pas les arrivées de Fille du Roy ou de migrants qui renverseront cette tendance. D'autre part, l'omnipotence de l'Eglise Catholique en Nouvelle-France et en particulier le pouvoir des Jésuites, "les Robes Noires", va empêcher des Français protestants de s'établir en Nouvelle-France ... Ils feront souche chez les Anglais accueillant leurs coreligionnaires ! D'autre part Champlain a lié des liens entre la population française et des tribus amérindiennes, dont les Hurons. Or ceux-ci étant les ennemis des Iroquois... Les Anglais avaient des visées expansionnistes sur le reste de l'Amérique du Nord. Or les deux tiers de l'Amérique du Nord composaient la Nouvelle-France. Elle empêchait donc les Anglais de concrétiser leurs visées expansionnistes. Ils vont donc s'allier aux Iroquois. Et comme ceux-c sont les ennemis des Hurons, alliés des Français. Les Français vont devoir guerroyer contre les Iroquois et par conséquent contre... les Anglais. Et l'essentiel du financement pour guerroyer du côté Français reste bloqué en Europe, les Rois étant contraint de faire la guerre à leurs voisins pour maintenir les frontières métropolitaines, les Français établis en Nouvelle-France n'ont eu que peu de subsides pour résister aux assauts de la coalition des Iroquois et des Anglais. N'ayant pas à protéger leurs frontières, les Anglais ont mis eux l'essentiel de leur financement pour leurs colonies d'Amérique. Les Iroquois vont faire la Guerre aux Hurons.... La Nouvelle-France entre donc dans son crépuscule avec le début des Guerres Indiennes. 

Malgré la perte définitive de l'Acadie en 1713 et sa disparition, la Nouvelle-France va résister aux assauts britanniques et elle connaîtra même des victoires jusqu' à la défaite finale des Plaines d'Abraham en 1763 avec la mort de Montcalm et la victoire des Anglais par Wolfe. Voici le récit de ces victoires ayant permis à la Nouvelle-France pendant plusieurs décennies avec des vrais héros. On l'ignore généralement, la Nouvelle-France a déjà été perdue et ensuite reconquise par la France: en 1629, les Frères Kirke, huguenots par leur mère, se mettent à la tête d'une expédition britannique. Ils parviennent à envahir et à occuper Québec et le reste de la Nouvelle-France. Il faudra attendre le Traité de Saint-Germain-en-Laye en 1632 pour que l'intégralité de ce territoire soit restitué à la France. Mais nos chers amis et voisins anglais ne l'entendaient pas ainsi. Ils devront prendre leur mal en patience: en 1660, il n'y a que 1500 Français établis en Nouvelle-France. La petite colonie risque d'être anéantie. La rumeur circule avec effroi, les Iroquois arrivent !

C'est alors qu'un planteur, Adam Dollard, sieur des Ormeaux, organise la Résistance et la riposte avec succès: malgré le peu d'enthousiasme de Maisonneuve, Dollard concrétise un plan: prendre en embuscade les Iroquois sur le Long-Sault, une étape des Iroquois dans leur quête des fourrures sur la rivière des Ouataouais. Avec l'aide précieuse de 18 colons Français convaincus, il parvient à fortifier un fortin algonquis. Ils sont rejoints par les alliés Hurons. A trois reprises, ils repoussent avec succès les Iroquois pourtant au nombre de 300. Mais ils sont rejoints par 600 volontaires Français et alliés. Les Iroquois sont contraints de renconcer à anéantir Montréal et donc la Nouvelle-France. Dollard a sauvé la survie la Nouvelle-France au péril de sa propre vie, Dollard et la plupart de ces hommes sont décédés. Ils ont sacrifié leur vie ! 

 En 1689, les Anglais dirigent 1500 guerriers iroquois vers Montréal. Ils prennent secrètement la commune de Lachine sur l'Ile de Montréal: ils incendient 56 des 77 maisons de la commune. Il stuent 24 habitants et ils capturent 90 autres habitants. Parmi ceux-ci, 46 reviendront en Nouvelle-France, les autres seront torturés et brûlés vifs. Cette tragédie est passée à la postérité sous le nom de "Massacre de Lachine". Il faut signaler le nom d'une personnalité de premier plan: Frontenac.  Il était né Louis de Buade, Comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698). Il sera gouverneur de la Nouvelle-France à deux reprises, de 1672 à 1682 et de 1689 à sa mort en 1698. Nous lui devons d'avoir donné une certaine prospérité à la Nouvelle-France en multipliant les fortications autour des villes et la multilpication de comptoirs. Mais il est surtout connu pour avoir organisé des ripostes aux attaques des Iroquois armés par les Anglais. Un haut fait: en 1690, les Anglais conduits par l'Amiral Phipps assiégèrent Québec. Phipps envoya un émissaire à Frontenac pour exiger sa reddition. Frontenac refusa et il riposta en ses termes: " Je nay point de réponse à faire à vostre général que par la bouche de mon canon et à coup de fuzil ! " Une bataille aura lieu et les Anglais seront battus ! 

La Nouvelle-France prospère avec ces explorations vers l'ouest de l'actuel Canada et le centre des Etats-Unis actuels. Mais cette prospérité est systématiquement remise en question par le voisinage des Anglais: la peur fréquente d'être envahie et d'être anéantie. Un homme va devenir le protecteur de la Nouvelle-France, il y est né: Pierre Le Moyne d'Iberville (1661-1706).  Ces parents avaient quitté la Normandie avant sa naissance.  Il va conquérir des terres pour renforcer la colonie au détriment des colonies anglaises: avec ces deux frères, il participe en 1686 à la conquête de la baie d'Hudson avec cents aventuriers français et amérindiens. Il prit le Fort Monsoni, rebaptisé le Fort Saint-Louis, et le Frort Rupert et un navire de Compagnie de la Baie d'Hudson, le Craven. Reconnaissant sa valeur et sa témérité, Frontenac le charge de plusieurs missions où il se couvrira de gloire. Ce qui lui valera le surnom du "Cid Canadien". Quelques uns de ces exploits: en Février 1689, pour venger les habitants de Lachine tués par les Iroquois, avec son frère Jacques Le Moyne de Saint-Hélène, 114 Français et 96 alliés amérindiens, il parvient à envahir et à saccager la commune anglaise de Corlaer (aujourd'hui: Schenecdady dans l'Etat de New York). La conséquence est sanglante: 60 habitants tués, 25 autres prisonniers. Les Frères Le Moyne et leurs alliés rentrèrent à Montréal avec un butin de guerre traîné par 50 chevaux ! En 1690, avec 80 hommes, il repart vers la Baie d'Hudson et cette-fois, il assiègent le Fot New Severn tenu par les Anglais. Ceux-ci prirent peur, et ils abandonnèrent le Fort qu'ils firent sauter avant de s'enfuir. En 1694, en 1696 et en 1697, Iberville revient régulièrement bouter les Anglais de la Baie d'Hudson en multipliant les exploits. Il était le devenu le pire cauchemar de la Perfide Albion ! Afin de le récompenser de ces prouesses, en 1698, le Ministre Français de la Marine l'envoya en Louisiane pour la plus grande joie des Britanniques en poste sur la Baie d'Hudson ! Là-bas, il fonda entre le Mississippi et le Golfe du Mexique, il dévelopa le peuplement français. Il fonda entre autres les villes de Biloxi et de Mobile. Il participa enfin à une expédition dans les Antilles. Il trouva la mort à la Havane. 

  A côté des exploits d'Iberville, il faut révéler les faits suivants: en 1692, une adolescente, âgée de 14 ans, Madeleine de Verchères (1678-1647) prend la tête de la Résistance du Fort Verchères contre une attaque innatendue des Iroquois et celà pendant huit jours: elle repoussa les assaillants avec un charisme stupéfiant. Les renforts ont fini par arriver et par chasser les Iroquois. Ces derniers finiront par signer une paix avec les Français en 1701, c'est la Grande Paix de Montréal. Cette année-là le gascon Lamothe-Cadillac fonda la ville de Détroit. Mais la tranquillité relative de la Nouvelle-France est en fait indexée à celle de la France métropolitaine: en 1754, c'est le début de la longue Guerre de Sept Ans, elle devait s'achever en 1763 au détriment de la France. Malgré son nom, ce conflit dura près de dix ans. Et son théâtre des opérations fut presque mondiale: en Europe, en Amérique du Nord, dans les Antilles, aux Indes et aux Philippines ! Et au début, la France fut victorieuse face à son ennemi, l'Angleterre sur le continent américain: 

   Les premières escarmouches ont lieu dans les environs de l'actuelle de Pittsburgh. Les Virginiens et leur commandant William Trent élevèrent un fort appelé le Fort Prince George en Janvier 1754. Mais les Français prennent le Fort et ils le rebaptisent le Fort Duquesne, le 18 Avril 1754. Mais à la tête des troupes britanniques, nous trouvons un certain George Washington ! Il attaquent les Français et ils en tuent 10 au petit matin du 28 Mai 1754. Washington fit prisonnier plusieurs Français, dont un officier répondant au nom de Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville. C'est un indien à la solde des Anglais qu'il l'a tué ! C'est la version racontée par Washington. D'autres sources prétendent que Jumonville fut tué avant le combat par ... Washington ou par un de ces hommes ! Selon ces mêmes auteurs, Jumonville venait en ambassade pour discuter de pourpalers afin d'éviter le combat ! Les sources continuent à diverger. Mais les circonstances troubles de la mort de Jumonville furent parmi les éléments déclencheurs avec l'expansionnisme britannique de la Guerre de Sept Ans. Le frère de Jumonville prépare la vengeance victorieuse: le 4 Juillet 1754 au Fort Necessity, Washington est contraint de capituler devant l'armée française. Jumonville est vengé. Pendant toute l'année 1755, les Anglais ne parviendront pas à reprendre ce fort. Autour de Fort Duquesne, 900 Français et leurs alliés Indiens ridiculisent et battent 2000 soldats Anglais ! L'Amiral anglais Edward Boscawen fait feu sur un navire français et il fait capturer deux autres... Les hostilités sont telles entre les Anglais et les Français, que la guerre est déclarée entre les deux belligérants au Printemps 1756. 

       Ce qui n'a absolument rien arrangé est une tragédie souhaitée par nos chers amis Anglais ! En 1755, l'Acadie est un territoire assujetti à l'Angleterre depuis la signature du Traité d'Utrect en 1713. Il est alors rebaptisé la Nouvelle-Ecosse. Toutefois, une population d'origine française a continué à y faire souche. Elle a des droits comme l'autorisation pour cette population d'être catholique et d'aller à la messe. Les gouverneurs britanniques accepteront plus ou moins de laisser ces droits aux acadiens. Mais l'hostilité entre les armées françaises et anglaises en Amérique du Nord poussent Lawrence, laors gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, d'organiser la déportation des Acadiens: la troupe anglaise les chassent de leurs maisons, de leur propriétés, de leurs professions. Pis, les enfants sont séparés de leurs parents, les maris de leurs femmes... Beaucoup sont exécutés, d'autres meurent de faim. Certains parviennent à s'enfuir. Ils sont rejetés dans les colonies anglaises. Ils trouveront refuge dans les actuelles provinces canadiennes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l'Ile du Prince Edouard. D'autres encore vont rejoindre la Louisiane Française. Ils vont s'établir dans l'actuel Etat américain de Louisiane dans une région faisant référence à eux: l'Acadiana ! Leurs descendants seront appelés les Cajuns ! D'autres acadiens traversèront l'Atlantique et ils s'étabiliront à Belle-Ile-en-Mer ou dans le Poitou, la province de leurs ancêtres. Là le Roi de France Louis XV leur fera construire des villages. 

      La guerre est définitivement déclarée. Et une nouvelle fois, le sort de la Nouvelle-France ne va pas être la priorité du gouvernement français ! Les frontières françaises en métropole restent toujours fragiles, c'est tout moins le prétexte que trouve les ministres de Louis XV pour favoriser les forces stationnées en Europe au dépens de celles cantonnées en Amérique. Ce favoritisme va être le coup de grâce pour la Nouvelle-France, car les Anglais au contraire concentrent l'essentiel de leurs troupes et de leurs moyens sur l'Amérique et un expansionnisme vers l'Ouest. La France lutte pour son indépendance de toute tutelle étrangère en Europe (ce n'est d'ailleurs plus tout à fait vrai au XVIIIè siècle). N'ayant aucun souci réel avec ces frontières en Europe, étant une île, le Royaume-Uni va oeuvrer pour se constituer un des plus importants empires sur la surface du globe et il va y parvenir au détriment de la France et surtout de la Nouvelle-France: le nouveau-commandant en chef des troupes françaises en Amérique du Nord, Montcalm a parfaitement saisi le danger anglais. Il va tout faire pour retarder l'inexorable: la mainmise de l'ensemble de l'Amérique du Nord par l'Angleterre et autrement dit la disparition de la Nouvelle-France. Sous le commandement de Montcalm, le Fort anglais d'Oswego sur les rives de l'Ontario est pris comme ensuite le Fort William Henry par les troupes françaises. 

     Malgré une importance numérique moindre, la France est victorieuse contre l'Angleterre en cette fin de l'année 1757. Mais l'année 1758 va susciter un retournement spectaculaire et définitif: les Anglais parviennent à avoir du renfort et ils réussissent à organiser un blocus empêchant les renforts français d'arriver à Québec. Sans renfort, les troupes françaises et la population française vont devoir se rendre aux Anglais. Ils attendront 1759 (Prise de Québec) et 1760 (Prise de Montréal). Ils vont faire preuve de courage et de détermination pour repousser les offensives britanniques vers trois axes en 1758: Louisbourg et les Forts Carillon et Duquesne. Au bout de six semaines d'une campagne de siège acharnée, la garnison française de Louisbourg est contraint de se rendre aux Anglais.  Le Fort Frontenac tombe le 25 Août. Les Anglais continuent leur marche triomphale, mais elle ralentit par la pugnacité des Français mettant au point des actions de résistance comme la guerilla. Entre la fin de l'année 1758 et le printemps 1759, tous les forts français autour de la vallée de l'Ohio sont pris par les Anglais. Malgré une résistance déterminée de 15 000 hommes, la ville de Québec se rend aux anglais le 18 Septembre 1759. Mais le Français ont l'espoir de la revanche, car les troupes françaises du Duc de Lévis ont repris la ville de Sainte-Foy aux Anglais, le 29 Avril 1760. Mais cette victoire est relative et désespérée. Les renforts français sont toujours bloqués par les Anglais, s'il y a des renforts voguant sur l'Atlantique, c'est l'espoir chimérique des Français d'Amérique. Leur espour sera définitivement enlevé: Montréal et Détroit tombent aux mains des Anglais autour du 8 Septembre 1760. Tout espoir est vain, le traité de Versailles signé en 1763 donne l'intégralité de l'Amérique du Nord aux Anglais, sauf une partie de la Louisiane aux Espagnols, alliés de la France au nom du pacte de Famille. L'Amérique Française a vécu. La Nouvelle-France disparait. 

  Il y a un homme qui a rêvé à la survie de la Nouvelle-France, il s'est même lancée dans une lutte désespérée. Le nom de guerre a été donnée à cette lutte et la postérité donna le nom de ce téméraire à cette guerre: Pontiac ! C'était un chef indien, le cacique des Outaouais. Sa date de naissance est inconnue, il serait né entre 1712 et 1725, nous n'avons pas d'autres précisions. Il semblerait être sorti de l'anonymat au moment de la prise de Montréal en 1759. Son combat pour le maintien de la présence française en Amérique du Nord démontre la réalité de l'excellence des relations entre les Français et des peuples amérindiens. Il est probable que Pontiac était déjà présent parmi ces 200 guerriers indiens en 1736 ayant demandé aux autorités françaises de leur donner l'autorisation d'aller à Montréal pour combattre les Anglais. Pontiac est parmi les 1000 amérindiens à avoir lutté avec les Français contre les Anglais en 1755 au Fort Duquesne. En 1762, Pontiac prit la tête d'une conspiration pour rendre les territoires conquis par les Anglais aux Français. A Détroit, il parvint à convaincre les représentants de d'autres tribus amérindiennes. La rébellion contre l'envahisseur britannique aurait dû être déclanchée en 1763. Mais les Anglais l'empêchèrent. Pontiac ayant été trahi par un traître. Et le 6 Mai 1763, la rébellion voulue par Pontiac éclata: Pontiac, les Outaouais et les autres peuples amérindiens menèrent une guerrilla et prirent des forts aux Anglais jusqu'en 1765. Beaucoup d'amérindiens sont morts de manière peu banale: les Anglais leur avaient fait cadeau de couvertures sur lesquelles ils avaient volontairement infesté de la petite vérole. C'est un premier cas de guerre biologique ! Pontiac fut contraint de signer la paix avec les Anglais avant de mourir assassiné. Il fut tué par un indien. 

 4) La Survivance: 

 Si depuis 1763, nous ne pouvons plus parler de Nouvelle-France, puisqu'elle fut rayée de la carte. Toutefois, nous pouvons encore et toujours parler d'Amérique Française en 2013 ! Et celà afin de rendre hommage aux populations françaises ayant fait souche en Amérique du Nord pour leur lutte en faveur de la pérennité de l'usage et de l'enseignement de la langue française et des coutumes françaises dans les actuels Canada et Etats-Unis. Certains sont morts pour cette cause comme le métis Louis Riel pendu pour soi-disant haute trahison au nom de la Reine Victoria ! 

 La plupart d'entre eux ignorent que le Roi Louis XV espérait pouvoir récupérer les anciens territoires de la Nouvelle-France et les populations françaises ayant fait souche en Amérique du Nord. Si c'est le souhait du monarque avait été réalisé, ces populations seraient redevenus ces sujets et ils seraient demeurés français. Louis XV avait créer un réseau de renseignements, "Le Secret du Roi", et il avait envoyé des espions sur la côte est des actuels Canada et Etats-Unis. Ceux-ci lui avaient rapporté l'exaspérations des Anglais établis en Amérique, en Nouvelle-Angleterre, envers la métropole londonienne. Louis XV encouragea ces espions soutenir cette exaspération. Elle devait susciter la Guerre d'Indépendance Américaine. Celle-ci éclata en 1776, deux années après le décès du souverain. Louis XV avait aussi conçu un projet d'invasion de la Grande-Bretagne. Poussé par le dramaturge et espion Beaumarchais, son petit-fils et successeur Louis XVI engagea l'armée française aux côtés des Anglais d'Amérique rebellés, les Insurgents, et parmi eux George Washington. Les Français demeurés en Amérique après 1763 n'acceptèrent pas vraiment ce soutien royal envers les Insurgents. Ceux-ci avait été leurs ennemis !!!! Et lorsque les Insurgents et les armées de Louis XVI ont battus les Anglais de Londres, Louis XVI renonça à récupérer les anciens territoires de la défunte Nouvelle-France. Et par conséquent les populations français demeurés en Amérique du Nord ne redeviendront plus les sujets du Roi de France contre le souhait de Louis XV. Face à cette renonciation de Louis XVI pour des raisons budgétaires, les caisses sont vides, les populations françaises d'Amériques estimeront que la France les a abandonné. Désormais, ils appelleront les Français de France: "les Maudits Français" ! 

 Ils vont se battre pour préserver et sauvegarder notre langue française, nos traditions, notre gastronomie, bref l'identité que nous avons en commun avec eux. Ils vont réussir à y parvenir tout le long des XIXè et XXè siècle au point d'avoir leurs écoles et leurs universités, leurs dispensaires et leurs médias en français. On peut aujourd'hui faire des études et suivre des cours en faculté uniquement en français grâce à eux !!! Ils ont médiatisé les grands auteurs français de France, ils ont enrichis le patrimoine français avec leurs propres poètes et chanteurs, écrivains et chansonniers, mais aussi des savants et des artistes-peintres trop méconnus en France ! Cet exploit, ils le doivent à une politique nataliste: entre 6 et 25 enfants (!) par couples entre 1764 et 1950, "la revanche des berceaux". Au milieu du XIXè siècle, dans l'actuelle province du Québec, alors appelé le Bas-Canada, les enfants sont trop nombreux pour cultiver la terre du père. Les aînés restent cultiver cette terre, et les cadets sont partis vivre vers l'Ouest. Ils se sont éparpillés dans l'ensemble du Canada actuel et celà jusqu'aux rives du Pacifique. Ils devaient y fonder des îlots francophones. Les plus nombreux se trouvent dans l'actuelle province du Manitoba. D'autres fils cadets se sont fait recrutés comme ouvriers ou comme commis dans des entreprises en Nouvelle-Angleterre, ils deviendront les Francos. Ils ont créé des vrais villages francophones. Nous appelons en français, les Petits Canadas, et en anglais, Little French. Là-bas aussi, ils se sont battus pour sauvegarder et pérenniser la langue française et nos traditions communes. 

  Cette survie s'est faite aussi grâce à l'arrivée fréquente tout au long du XIXè siècle et surtout en 1852, de populations françaises de France et des francophones de Belgique, du Luxembourg, de Suisse Romande et du Val d'Aoste en Amérique du Nord, le plus souvent au Canada et en Louisiane. C'était une augmentation nécessaire. Car à toutes les générations et malgré les réussites de ce combat pour la survie du fait français en Amérique du Nord, une importante minorité de Français établis au Canada et aux Etats-Unis s'anglicisaient inexorablement. Ils quittaient leur village francophone pour trouver un labeur. Ils épousaient des jeunes filles venant de pays d'Europe pas francophones. Leurs descendants ne parlent plus et ne comprennent plus le Français. Certains de leurs ancêtres français d'ailleurs ne parlaient pas forcément français, mais le patois ou une langue régionale comme le basque, le breton ou  l'alsacien. Vous connaissez beaucoup de gens qui parlent le breton dans l'Arkansas ? Le seul breton bretonnant était bien obligé d'apprendre à parler l'anglais... Nous connaissons le cas d'une jeune filla américaine d'origine alsacienne: elle est l'auteure d'un dictionnaire Anglais/Alsacien ! Parmi ces nouveaux arrivants, citons aussi des prêtres et des religieuses français comme les religieuses du Sacré-Coeur de sainte Rose-Philippine Duchêne à partir de 1818 et ensuite les Oblats de Marie de saint Eugène de Mazenod à partir des années 1840 dans l'Ouest Canadien et dans le Midwest amércain. 

  Il ne faut pas non plus oublié le sacrifisme des Patriotes de 1837. Avec leur meneur, Louis-Joseph Papineau, ce sont des Canadiens-Français blessés et humiliés par des décennies de vexations, humilliations et même brimades suscités par l'occupant anglais après la défaite de 1763. Ils vont être rejoints contre toute attente par des canadiens francophiles d'origine britannique et descendants de ces loyalistes de la Nouvelle-Angleterre ayant refusé l'Indépendance des Etats-Unis actuels. Persécutés par les Insurgents, ils avaient dû être contraint de s'exiler dans l'actuelle province canadienne de l'Ontario où vivaient une importante minorité de Français. Cette province s'appelait en 1837, le Haut-Canada. Parmi ces loyalistes, nous trouvons des descendants de Huguenots, ce qui peut expliquer leur francophilie. Tous avaient participé à la Seconde Guerre d'Indépendance Américaine (1812-1815) et tous avaient battus les Insurgents, les empêchant d'annexer l'actuel Canada. Les prémices de la rébellion étaient déjà perceptibles dès 1832. Il y aura de véritables batailles rangées des Patriotes contre l'occupant anglais en 1837 et 1838, certaines gagnées par les Patriotes au nom de la défense des intérêts et des coutumes des Français demeurés en Amérique du Nord, devenus les Canadiens-Français. Au XIXème siècle en France métropolitaine, ils étaient appelés injustement des "Anciens Français" (SIC). L'écho de leur rébellion et de leurs victoires étaient parvenus jusqu'en France. Pays où devait se réfugier Papineau après la défaite finale. Les autres chefs furent pendus tout comme le chef charismatique métis, Louis Riel, des années plus tard dans le Manitoba. Il s'était rebellé pour les mêmes causes.

Le sang coulé a contribué la réussite de la survie du fait français en Amérique du Nord: les écoles et les universités comme les services et les médias en français. Il a aussi permis la pérennité d'une identité canadienne-française dans l'ensemble des communautés françaises (ou francophones) au Canada et en Nouvelle-Angleterre avec des échos jusque dans les actuels Etats américains du Missouri, de la Louisiane et du Tennessee. Dans les années 1960, les différentes communautés du Canada se choissisent des noms et des drapeaux pour se différencier les uns et des autres. Ils ont ainsi renié définitivement le terme générique de Canadiens-Français, considérés par eux comme humilliant. Les médias canadiens anglophones avaient amalgamé les Canadiens-Français à des personnes soi-disantes rustres, vulgaires et illettrées (SIC). Désormais, il faut parler de Franco-Yukon dans le Yukon et de Franco-Colombiens-Britanniques en Colombie-Britanniques (les deux provinces les plus à l'Ouest du Canada), de Franco-Albertains dans l'Alberta, de Fransaskois dans le Saskatchewan, de Franco-Manitobains dans le Manitoba (les plus nombreux en-dehors du Québec), de Franco-Ontariens appelés autrefois Ontarois dans l'Ontario, de Québécois au Québec, d'Acadiens (descendants des Acadiens persécutés lors du Grand Dérangement) en Nouvelle-Ecosse, au Nouveau-Brunswick et dans l'Ile du Prince Edouard et enfin de Franco-Terre-Neuviens à Terre-Neuve. Cette identité a donné naissance au Souverainisme Québécois et à un parti politique rêvant de réaliser l'Indépendance du Québec: le Parti Québécois. Leurs chefs, le regretté René Lévesque et Jacques Parizeau ont organisé chacun un référendum en faveur de l'Indépendance en 1980 et en 1995. A chaque fois, le résultat ne fut pas celui escompté: une petite majorité de Québécois ont dit Non !!! Toutefois, les élections législatives du 4 Septembre 2012 réactuallisent ce rêve. Ces élections ont été gagnée par le Parti Québécois et sa meneuse, Madame Pauline Maurois est devenue le Premier-Ministre du Québec.  Mais si le Québec se retire du Canada, que va-t-il advenir des autres communautés dispersées dans l'ensemble du Canada ?  Elles sont toutes très minoritaires dans chacune des provinces où elles ont fait souche. Et leur survie tenait en partie à la présence du Québec au sein du Canada. Grâce à cette présence, elles étaient respectées par le gouvernement fédéral du Canada à Ottawa. 

   La grande majorité des descendants de Français ayant fait souche en Amérique du Nord et continuant à parler, à lire et à écrire en ce début du XXIème siècle vivent au Canada. Une vingtaine de millions de "Français d'Amérique" vivent aux Etats-Unis, eux-aussi parlent, lisent et écrivent dans la langue de Molière grâce à un combat de résistants ayant débouché dans les années 1960 à la création du CODOFINE en Nouvelle-Angleterre et du CODOFIL en Louisiane. Deux organismes ayant le même but: l'enseignement de la langue et de la culture française sur le territoire américain, afin de permettre à tous les descendants de Français de pouvoir conntinuer à demeurer des Français  tout en étant de bons américains et à toutes personnes francophiles.  

  Un événement considérable a contribué au maintien du fait français en Amérique du Nord. En 1855, la Capricieuse, un navire de guerre français a accosté à Québec et à Montréal. Il fut accueilli avec énormément de chaleur par les Canadiens-Français, renonçant à priori à leurs rancoeurs envers "l'abandon des maudits français" à leur encontre. Le gouvernement fédéral anglo-canadien a fait la grimace. C'était le premier bateau français a accosté au Québec depuis la défaite de 1763. Son commandant, Belvèze, travailla à renforcer les liens entre les Français des deux côtés de l'Atlantique en dissipant les malentendus. Il suscita la création de rapports commerciaux entre la France de Napoléon III et le Québec comme l'installation de consulat, et les prémices d'échanges et la création d'associations de coopération. Les associations comme France-Canada, France-Québec, France-Louisiane, les Amitiés Acadiennes, Vendée-Acadie... trouvent leur origine dans la politique de rapprochement menée par Belvèze avec le soutien de Napoléon III. Ils sont parvenus à ce résultat positif de faire comprendre aux Canadiens-Français que les Français de France ne l'avaient jamais oublié et qu'ils demeuraient à leurs côtés et celà malgré les distances et les années, sans toutefois remettre en cause l'appartenance du Québec dans le Canada ou tout au moins en apparence. Napoléon III rêvait-il de récupérer le Québec ? L'arrivée de La Capricieuse a jeté les bases de la Francophonie. 

  A notre tour d'écrire une nouvelle page de l'amitié et de l'entraide des Français de France avec leurs cousins d'Amérique. 

 Pour en savoir plus:

1) Liens: 

- Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique Française: http://www.ameriquefrancaise.org/fr/#.UVafp2F2bQk

- Histoire du Québec et de l'Amérique Française: http://www.republiquelibre.org/cousture/

- Musée virtuel de la Nouvelle-France: http://www.civilisations.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-...

 

2) Bibliographie: 

FREMONT (Donatien): Les Français dans l'Ouest Canadien (Ed. du Blé, Winnipeg, Manitoba, 2002). 

HAVARD (Gilles): Histoire de l'Amérique Française (Flammarion, coll. "Champs Histoire", Paris, 2008). En collaboration avec Cécile Vidal. http://www.amazon.fr/Histoire-lAm%C3%A9rique-fran%C3%A7ai...

HOWARD (Joseph Kinsey): L'Empire des Bois-Brûlés (Ed. des Plaines, Saint-Boniface, Manitoba, 1989).

LAMONDE (Yves): La Capricieuse (1855) poue et proue. Les relations France-Québec 1760-1914 (Presses Universitaires de Laval de Québec, Québec, 2006), http://www.decitre.fr/livres/la-capricieuse-1855-poupe-et...

LUGAN (Bernard): Histoire de la Louisiane Française 1682-1804 (Perrin, Paris, 1994). http://www.amazon.fr/Louisiane-fran%C3%A7aise-1682-1804-B...

PAISANT (Chantal): Les années pionnières (Ed. du Cerf, coll."Cerf Histoire", Paris, 2001), http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_...

TREMAUDAN (Auguste-Henri de): Histoire de la Nation Métisse de l'Ouest Canadien (Ed. des Plaines, Saint-Boniface, Manitoba, 1984). 

En outre, les publications des Editions du Septentrion basées à Sillery au Québec: http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/nouveautes.asp

Le fond documentaire de l'Association France-Louisiane Franco-Américanie à Paris: http://www.flfa.fr/webflfaf.html

Et n'hésitez pas à consulter le contenu des sites répertoriés dans ce journal dans la rubrique "Amérique Française" dans la colonne de gauche. 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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