vendredi, 05 juin 2009
Aristides de Sousa Mendes (1885-1954)
Le Vendredi 12 Juin 2009, France 2 diffusera un portrait: Déobéir, l'Histoire d'Aristides de Sousa Mendes. Il s'agit du Consul du Portugal qui, en 1940, sauva trente mille personnes de la griffe de la Gestapo: l'Archiduc Otto de Habsbourg, la Grande-duchesse du Luxembourg, quelques artistes et surtout dix mille israélites. Aristides de Sousa Mendes devait payer très cher son action humaniste. Hommage.
Nous dédions cet article à la mémoire des victimes de la Barbarie Nazie et à celle des Justes. Au péril de leur vie, ils ont écouté leur coeur et ils ont ainsi sauvé l'honneur du genre humain. Un grand nombre d'entre eux ont payé de leur vie, cet acte d'amour contre la Haine, le rejet de l'Autre et du Différent. D'autres ont survécu à la Seconde Guerre Mondiale, ils ont refusé toutes médailles. Ils ont estimé avoir fait que leur devoir.
Une vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=8VES7mjUGf8
1) Un aristocrate royaliste:
Le 19 Juillet 1885, Donha Maria Angelina Ribeiro de Abranches, épouse de Don José de Sousa Mendes, juge à la Cour d'Appel de Coimbra, donna naissance à des jumeaux à Cabanas de Viriato dans le district de Viseu. Ils furent baptisés Aristides et César. Ils devaient recevoir une éducation traditionnaliste, un mélange harmonieux entre la Contre-Révolution et le Catholicisme Social comme la quasi-majorité de la Noblesse européenne de l'époque. Ils furent élevés dans les préceptes intemporels de la Chevalerie: l'Amour de son prochain, en particulier envers les démunis et les proscrits d'une part, et la fidélité à Dieu et au Roi d'une autre part.
En 1907, nobles, ils ont vraiment le choix entre deux professions, l'Armée ou la Diplomatie. Ils optent pour la seconde possibilté après avoir réussi une licence en droit. Quelques mois après, un évènement tragique va profondément heurter leur conscience: la famille royale portugaise est victime d'un attentat. Seule la Reine Amélie et son fils cadet, Don Miguel, survivent. Le roi débonnaire, don Carlos et son fils ainé, l'Héritier, l'Infant Louis-Philippe, sont sauvagement assassinés. Alors que la majorité de la population pleure le Roi et l'Infant, la Révolution d'inspiration maçonnique est en marche. Derrière le double régicide, la main des Carbonari: http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_1er_de_Portugal
(Il faut rappeler que la Reine Amélie (1865-1951) était la petite-fille du "Roi des Français" Louis-Philippe 1er. Elle est décédée en exil dans le château de Bellevue au Chesnay près de Versailles. Plusieurs membres de ma famille, dont mon père adolescent, se sont recueillis devant sa dépouille. Le château de Bellevue est devenu une école d'agriculture.)
Aristides et César sont encore étudiants lorsque la Monarchie s'écroule. En 1909, Aristides épouse Angelina, une de ces cousines germaines. Ils auront quatorze enfants. Ils recevront la même éducation de leurs parents. Le 5 Octobre 1910, la République est proclamée. Aristides est royaliste et il défends les droits ancestraux de l'église alors que la République Portugaise, copiant la République Française, s'illustre par des mesures anticléricales d'une rare violence. "La Gueuse" épie Aristides:
- Entre 1910 et 1916, il mène une carrière honorable en tant que consul et non pas ambassadeur: c'est une humiliation. Car même si le métier de consul est tout à fait respectable, c'était l'opinion d'Aristides, cette profession est moins prestigieuse que celle d'ambassadeur. Le Consul, c'est le commerce; l'ambassadeur, c'est la diplomatie et la géopolitique.
- La République le nomme loin du Portugal. Il est d'abord en poste à Demerara en Guyane Britannique puis à Zanzibar où le climat est excécrable: sa nombreuse famille souffre de problème de santé. Le Portugal entre dans le premier conflit mondial en 1916 en rejoignant les Alliés. En 1919, la République sanctionne Aristides à cause de son militantisme en faveur du rétablissement de la Monarchie, il est mis en disponibilté.
Pour la première fois, Aristides est sanctionné, parce-qu'il a voulu rester fidèle à ces convictions.
En 1921, contre toute attente, il est nommé comme consul à San Francisco à titre provisoire. Un poste qu'il conservera jusqu'en 1923. C'est à San Francisco que naitront ses neuvième et dixième fils, Carlos et Sébastien. En 1924, il est nommé consul au Brésil à Maranhao puis à Porto Allegre.
En 1926, il est rappelé à Lisbonne pour travailler à la direction générale des Affaires Commerciales et Consulaires alors que la Républiqueportugaise vit ses dernières heures.Le 28 Mai, elle est renversée par une révolution orchestrée par le Maréchal Gomes da Costa. En 1927, Gomes nomme Aristides consul à Vigo. Un an après, l'économiste Salazar devenait ministre des finances.
En 1929 débute pour Aristides, Angelina et leurs enfants, une période de bonheur: Aristides est nommé Consul à Anvers et accrédité comme consul auprès du Grand-Duché de Luxembourg jusqu'en 1938. Ils menèrent une vie paisible à Louvainoù ils s'étaient établis. Les enfants ainés pouvaient suivre les cours à la célèbre université catholique. Aristides et Angelina eurent la joie de marier leur fille Isabelle à l'un de ces condisciples, Jules d'Août.
Aristides était aussi un très bon chanteur, il aimait interprêté Puccini, Verdi ou encore Mascagni. Des professeurs de dessin et de musiqure accouraient pour donner des leçons aux enfants. Les ainés jouaient du violon, du violoncelle et même de la viole. Aristides organisait des récitals qu'il offraient à ces relations. Pendant cette période de quiétude, Aristides et Angelina eurent le malheur voir mourir de deux de leurs enfants: en 1934, le deuxième fils Manoel à l'âge de 22 ans alors qu'il venait de terminer des études pour devenir diplomates et une fille Rachel, à peine âgée de dix-sept mois. Le troisième fils prénommé José devait rester traumatiser de ces épreuves.
Aristides et Angelina avaient compris que leurs enfants avaient besoin de stabiliter, c'est pourquoi ils choisirent Le Passal à Cabanas comme résidence secondaire. C'est un château où les enfants d'Aristides passèrent leurs congés et où ils pouvaient inviter leurs amis et leurs cousins. Leurs amis n'étaient pas tous issus de la Noblesse, il y avait des enfants de paysans et d'artisans. Aristides et Angelina avaient inculqué à leurs enfants de ne faire aucune distinctions de castes. Tous furent invités à venir au mariage de Clothilde, la fille ainée d'Aristides.
2) L'entrée dans l'Histoire:
En 1938, Aristides fut nommé consul à Bordeaux par Salazar, en acceptant ce poste, Aristides ignorait qu'il avait rendez-vous avec son destin. En Septembre 1939, les habitants de Cabanas eurent la surprise de voir arriver Silverio de Sousa Mendes, un oncle ou cousin d'Aristides, accompagné des plus jeunes enfants de celui-ci et des employés. La Seconde Guerre Mondiale avait éclaté. Et la France fut vaincue par les Nazis.
Une foule inombrable fuyait l'avancée des allemands en pleine débacle. Le désir de ces pauvres hères: rejoindre à tout prix le Portugal et l'Espagne, les deux seuls pays à ne pas être entrer dans le conflit. Les deux dictateurs, Franco l'Espagnol et Salazar le Portugais, étaient parvenus à se déclarer neutre en jouant sur tous les tableaux. Ce qui leur permettera de se maintenir au pouvoir jusqu'à leurs décès et de continuer à gouverner leur pays d'une main de fer sans risquer d'être renversés par une puissance étrangère.
La population à Bordeaux passe de 30 000 à 2000 000 habitants en quelques semaines. Salazar envoie une directive à Aristides, la circulaire 14 qui stipulait qu'il ne fallait surtout pas délivrer de visas aux apatrides et aux juifs. Aristides fut scandalisé d'un tel ordre en contradiction totale avec ces convictions. C'est alors qu'il fit la connaissance du Grand Rabbin d'Anvers, Jacob Kruger qui avait tendance amalgamer tous les goys (non-juifs) aux nazis. Aristides lui montrit son erreur en lui proposant de l'héberger ainsi que sa famille et à lui fournir des visas pour le Portugal. Après avoir discuté une nuit avec le rabbin, Aristides décida d'appliquer ces convictions et donc de désobéir volontairement à la circulaire 14.
Les réfugiés arrivèrent en masse au consulat, la nouvelle avait été vite répandu dans tous Bordeaux: le consul donne des visas pour le Portugal. Le 16 Juin 1940, Aristides déclara: " Désormais, je donnerai des visas à tous le monde. Il n'ya plus de nationalité, de race, de religion." Aidés de ces enfants, de ces neveux et du rabbin, il tamponna plusieurs milliers de visas avec allégresse sur n'importe quelle feuille de papier, il accepta même de concevoir des faux passeports. Son comportement fut signalé à Salazar. Celui-ci d'abord envoya un courrier poli à Aristides pour lui demander d'appliquer la circulaire 14. Ensuite Aristides reçut des menaces. On attribue à Aristides, l'aveu suivant: "S'il me faut désobéir, je préfère que ce soit à un ordre des hommes qu'à un ordre de Dieu."
Salazar ordonna des mesures contre lui. La police politique du dictateur arrivèrent à Bordeaux et ils arrêtèrent Aristides. Celui-ci continua à délivrer des visas dans le bureau du vice-consul à Bayonne, médusé, alors qu'il était entouré de deux policiers portugais. Nous étions le 23 Juin 1940. Et ce jours-là, Salazar l'a démis de ces fonctions de consul, il n'en a cure, il continue à délivrer des visas aux malheureux qu'il croise sur la route d'Hendaye sans tenir compte de la police portugaise. Il a l'audace de prendre en voiture la tête d'un convoi de réfugiés qu'il mène jusqu'à un poste de douane du côté espagnol. Ce poste n'a pas le téléphone, les douaniers n'ont pu apprendre l'ordre de Franco de rmer la frontière avec la France. Aristides ordonne aux douaniers de laisser entrer le convoi des réfugiés, ceux-ci impressionnés obtempèrent.
Aristides est repris par la police portugaise devant les yeux de plusieurs enfants. Lui et sa famille sont rapatriés au Portugal où après un simulacre de procès, Aristides est condamné pour désobéissance à être privé d'exercer son métier de consul pendant un an et d'exercer définitevement toutes fonctions juridiques. Ne recevant plus aucun salaire, Aristides et sa famille sont réduits à la misère. Ils parviendront à survivre grâce à la communauté juive de Lisbonne. Elle aidera Aristides à envoyer ces enfants faire des études en Amérique du Nord et en Afrique. Deux de ces fils participeront au débarquement allié en Normandie, le 6 Juin 1944. Angélina meurt d'épuisements en 1948. Aristides la rejoignit dans la tombe en 1954. Salazar devait se réjouir que 15000 juifs avaient pu se réfugié au Portugal pendant le conflit mondial !!! Mal informés, les Alliés devaient féliciter Salazar tout sourire.
On estime qu'Aristides de Sousa Mendes a sauvé trente mille personnes en quelques semaines, dont dix mille israélites. Voici le témoignage du Grand Rabbin Kruger: http://www.sousamendes.com/kruger.htm Et ceux de l'Archiduc Otto de Habsbourg et de la Grande-Duchesse Charlotte de Luxembourg: http://www.sousamendes.com/habsbourg.htm
Devant ces juges, il a dit cette phrase magnifique: "Si tant de juifs ont souffert d'un démon qui n'était pas juifs, il est normal qu'un chrétien souffre ce qu'ont enduré tant de juifs". L'action humaniste d'Aristides sera reconnu par le Yad Vashem en 1966 qui lui décerne le titre de "juste parmi les nations", un arbre ou une forêt portant son nom. Le 23 Juin 1987, le nom d'Aristides de Sousa Mendes était donné à une avenue à Jérusalem. Mais il faudra attendre 1987 pour que Le Portugal réhabilite Aristides et honore sa mémoire. Et c'est un fils spirituel de la république portugaise qu'avait tant combattu Aristides qui lui rend hommage, le président socialiste Mario Soarès. Ce dernier décore Aristides à titre posthume de l'ordre de la Liberté, il lui décernera en 1994 la croix du mérite. La famille d'Aristides a reçu en 1987 des excuses publiques et a depuis pu reprendre possession du château du Passal (en ruine). En 1994, le président Soarès inaugure un buste d'Aristides à Bordeaux, un monument édifié à l'initiative du Comité National d'Hommage à Aristides de Sousa Mendes: http://www.sousamendes.com/
Nous vous invitons à découvrir un musée virtuel (avec vidéos) consacré à Aristides, le contenu est en portugais: http://mvasm.sapo.pt
Il est plus que probable que le téléfilm sur Aristides occulte son passé de combattant royaliste. Il en va de même concernant plusieurs vidéos sur Aristides que nous avons découvert sur www.youtube.com
Si Aristides est passé à la postérité, ce n'est pas le cas de son frère jumeau César. Pourtant lui aussi à délivrer un très grand nombre de visas à des réfugiés pour le Portugal jusqu'en 1942 alors qu'il était vice-consul à Toulouse. D'autres diplomates et consuls ont été des Justes. Certains ont aussi été sanctionné par leur hiérarchie comme Aristides pour désobéissance.
Conclusion:
Salazar prétendait être un bon chrétien, Sousa Mendes lui a montré ce que c'est d'être un vrai chrétien. Et on peut se batte pour défendre ces convictions royalistes et patriotes tout en se battant pour sauver des milliers d'innocents: tel fut le credo d'Aristides et de son frère César. Leurs combats se rapprochent de celui d'un Honoré d'Estienne d'Orves ou d'un Claus von Stauffenberg: la chevalerie pour tous et contre la tyrannie et la haine.
En proclamant les mérites d'Aristides de Sousa Mendes, le président Mario Soarès, qui fut pourtant son adversaire du point de vue idéologique, a refusé de populariser l'amalgame stalinien: confondre volontairement les résistants et les justes de Droite (catholiques, royalistes) qui ont agi par patriotisme et par esprit de charité aux Nazis et aux Fascistes, leurs adversaires qui les persécutaient. Quand la Pologne est tombé sous le joug soviétique, les Rouges ont séquestré et torturé à mort les chefs de la Résistance Catholique et Nationale Polonaise aux Nazis en les laissant courir le bruit que ces chefs, ces héros, étaient des "collabos".
SOURCES :
La bibliographie la plus complète et la plus pertinente sur Sousa Mendes peut être consulter à la fin du site: http://pagesperso.orange.fr/d-d.natanson/aristides_de_sou...
Vous pouvez acquérir la biographie de Sousa Mendes écrite par José Alain Fralon sur : http://www.amazon.fr/exec/obidos/2909351424/intactfr205-21
15:39 Publié dans Enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 11 octobre 2008
Le Cid en son temps.
L'intégralité du contenu de cette enquête a été publié le 23 Mai 2009. Nous aurions aimé le publier beaucoup plus tôt, en 2008. Mais nous avions dû suspendre notre enquête à cause de problèmes personnels (chômage, soucis financiers). Nous sommes désolés de vous avoir fait patienter.
Nous vous présentons le résultat d'une enquête beaucoup plus longue que prévue, consacrée au Cid. Nous vous remercions pour, votre patience. Nous avons tenté d'être objectif au sujet de la période (Al-Andaluz) dans laquelle a vécu le véritable Cid, alias Don Rodrigue Diaz de Bivar.
Tout d'abord, nous citons un constat pertinent émis par notre éminent confrère, le médiéviste Philippe Contamine: "Entre les Maures et Chrétiens, jamais d'armistice général ni durable sur toute la ligne de la "frontière", seulement des paix ou des accords partiels, toujours fragiles..."
Première partie: le contexte.
1)Une Chronologie:
L'Eté 711 est resté dans les mémoires espagnoles comme le commencement de la conquêt musulmane de la péninsule ibérique: après la victoire rapide sur le roi wisigoth Rodéric, Tolède est submergée. Saragosse sera prise en 714. Les Maures, appelés Sarrazzins, franchirent les Pyrénées, mais leur élan est arrêté devant Toulouse et les armées franques de Charles Martel les repoussent à Poitiers. C'est Pépin le Bref, le fils de Martel et père de Charlemagne, qui les expulse de la Septimanie (l'actuelle région du Languedoc). Désormais, les Maures occupent les deux tiers de la péninsule ibérique, devenant Al-Andaluz, et celà pendant un peu plus de sept siècles. Le tiers nord de la péninsule est demeuré chrétien, mais plusieurs royaumes coexistent difficilement entre eux. Les conflits sont fréquents entre rois chrétiens, ce qui les affaiblissent considérablement. Ces royaumes sont réduits à être sur la défensive face à Al-Andaluz, qui n'est formé jusqu'en l'An Mil que par un seul état, l'Emirat puis Califat de Cordoue.
Mais en 1031, le califat s'écroule et laisse la plaçe à plusieurs émirats nommés Taifas. Alors on constate le cas suivant: il arriva souvent qu'un roi chrétien s'unis à un émir contre un autre émir ou contre un autre roi chrétien. Parfois, des chevaliers errants, pour leur propre gloire, se vendaient "au plus offrant", sans tenir compte de la religion du suzerain qui s'empressaient souvent de trahir ensuite. Malgré ces divisions récurrentes dans chacun des deux camps, des prémices de la revanche chrétienne apparaissent de-çi de-là, c'est-à-dire des reconquêtes de villes par les Chrétiens sur les Maures: Barcelone (801), Burgos (885), Zamora (888), Coimbra (1064), Tolède (1085). Mais ces prémices sont arrêtés net par les débarquements provenant du Maroc des Almoravides en 1086 et des Almohades en 1156. Ces arrivées permettent aux Taifas de se consolider jusqu'au début du XIIIème siècle.
Une série de victoires chrétiennes subites submergent les Taifas: reconquête de Majorque (1229), de Mérida et de Badajoz (1230), Cordoue (1236), Jaen (1234), Séville (1248), Gibraltar (1309). Les chrétiens ne laissent subsister comme vestige d'Al-Andaluz que le petit émirat des Nasrides à Grenade et dont la fondation de la dynastie aura lieu en 1238. La Reconquête est alors suspendue jusqu'à l'avènement d'Isabelle la Catholique comme reine régnante de Castille en 1474. C'est elle qui décide la reprise de la Reconquête en 1481 et qui se soldera par la prise de Grenade par les troupes chrétiennes en 1492. Ce qui suscite l'expulsion des communautés israélites.
Le mythe d'Al-Andaluz est en fait une reconstruction idéalisée et fantasmée de l'Histoire: certes, il eut des échanges et des influences inévitables entre les royaumes chrétiens et maures. Mais raconter le récit de trois siècles de paix et d'osmoses entre les trois communautés (israélites, chrétiennes, musulmanes) relève de la fiction et occulte le drame des dhimmis et des mudjerares. Le mythe d'Al-Andaluz provient d'un nationalisme andalous imaginé par Blas Infante (1885-1936), un idéologue convertit à l'Islam en 1924 qui rêvait de l'indépendance du sud de l'Espagne. Son but sera récupéré par des mouvements libertaires à la fin des années soixante. Ils n'ont jamais encore eu de représentants dans les instances gouvernementales, locales, régionales ou nationales espagnoles. Toutefois, ils ont eu une influence intellectuelle comme le prouve la création en 1980 de la "Djema Islamique d'Al-Andaluz" à l'université Averroès et dont le président fut Roger Garaudy. L'idée du mythe d'Al-Andaluz est de faire admettre qu'une Europe métissée est idyllique.
2) Les Minorités:
Pendant une durée de sept siècles, les deux tiers de la péninsule furent donc occupés par des ethnies musulmanes. Une civilisation, celle de Mahomet, se substitua dans la violence de conflits et d'annexions, à celle héritée de Rome et du Christianisme. Or, des populations israélites et chrétiennes demeurèrent fidèles à la Foi de leurs pères tout en continuant à vivre dans Al-Andaluz. Comme elles ne s'étaient par converties à l'Islam, elles furent frappés de la Dhimma, autrement dit d'un impôt spécial assorti de contraintes: si elles pouvaient jouir de la Liberté religieuse et d'une certaine autonomie, ces populations appelés dhimmis, devaient subir les mesures suivantes: inégalité judiciaire entre les musulmans et les dhimmis, mariage interdit sous peine de mort entre un dhimmi et une musulmane, interdiction aux Chrétiens de bâtir des églises et de faire du prosélytisme, les dhimmis doivent vivrent dans des maisons plus basses que les musulmans.
Toutefois, quand les Rois Chrétiens ont reconquis des cités islamisés, les populations chrétiennes furent beaucoup plus nombreuses que les musulmans. Et ce sont ces derniers, qui durent subir des mesures vexatoires. Ils furent nommés les Mudejares. Ceux-ci pouvaient garder une partie de leurs biens, leurs mosquées, leur religion et leurs magistrats, mais ils étaient soumis à un impôt et ils ne pouvaient pas faire de prosélitysme. Les musulmans d'Andalousie choisirent l'exil au Mahgreb au XIIIème siècle, mais ceux de Valence n'eurent pas l'autorisation de s'exiler.
De nombreux chrétiens, connus aussi sous le nom de Mozarabes, n'acceptèrent pas de vivre avec le statut de dhimmis, même si le calife leur laissait pratiquer ouvertement leur religion et leur laisser des lieux de culte: ils se révoltèrent à plusieurs reprises et en représailles, ils subirent des persécutions ou ils furent éxécutés. L'Eglise catholique devait les considérer comme des martyrs. Quelques exemples de rebellions: à la fin les habitants chrétiens de Tolède se soulevèrent, leur chefs furent convier à un banquet où ils furent égorger, c'était entre 797 et 800. Les premiers martyrs de Cordoue en 825. Cependant d'autres chrétiens arabisés se désolidarisèrent de leurs frêres entrés en résistance. Or les chrétiens rebelles étaient encouragés par les Rois Chrétiens du Nord de la péninsule.
Ces Rois accueillaient à bras ouvert les dhimmis, qui parvenaient à quitter Al-Andaluz. Certains de ces immigrés se réfugièrent même en Francie Occidentale (la future France) alors dirigée par la dynastie des Carolingiens. Ils contribuèrent à la renaissance culturelle carolingienne. Parmi eux, on relève le nom des réformateurs bénédictins saint Benoit d'Aniane et Smaragde de Saint-Mihiel et des évêques comme Théodulphe d'Orléans, Agobard de Lyon, Claude de Turin ou Prudence de Troyes. Les Rois Francs tentaient de s'implanter en Catalogne et ils ouvrirent un dialogue difficile avec le Calife de Cordoue. Les ancêtres de ces souverains avaient comme ennemis, les Wisigoths. Ils les avaient expulser jusque dans la péninsule ibérique en 507. Ce sont les Wisigoths qui furent battus par les Maures en 711. Mais les Rois Francs avaient encouragés les chrétiens de Mérida à se révolter contre l'Emir Abd al-Rahman en 828.
D'autre part, de nombreux chevaliers francs, des fils cadets de familles nobles élevés dans le culte des martyrs chrétiens d'Al-Andaluz, vinrent s'engager dans les troupes chrétiennes hispaniques. Par ailleurs, les chrétiens arabisés prirent l'habitude d'assister à une messe ayant une liturgie particulière: le rite mozarabe. Sa liturgie est à la fois inspirée par le christianisme orientale, la liturgie romaine et par des traditions musulmanes.
Quand l'intégralité de la péninsule ibérique fut reconquise par les troupes chrétiennes menées par Isabelle la Catholique et par son époux Ferdinand, roi d'Aragon, les mudejares devenus les Morisques peurent continuer à vivre leur foi en Allah avec le soutien des Rois Catholiques. Mais ceux-ci tentèrent en vain de les assimiler. En 1525, Charles-Quint promulgua un édit proclamant l'unité religieuse de son royaume, après la divulgation d'une rumeur prétendant que les Turcs débarquaient. Une rumeur infondée qui avait eu la conséquence de dresser les deux communautés entre elles. Les Morisques, qui ne voulaient pas se convertir, devaient quitter l'Espagne.
Deuxième partie: le véritable Rodrigue.
Selon la légende, Rodrigue serait né à la Noel de l'An de grâce 1045. On sait qu'il fut le fils unique de Don Diego Lain, descendant de Lain Calvo, juge légendaire qui avait jadis gouverné au IXème le royaume de Castille. Sa mère, Dona Christina, n'était autre que la fille de Don Rodrigo Alvarez, chef d'une des plus anciennes de l'Asturie. Il porta donc le prénom de son grand-père maternel, un prénom qui marque une ascendance wisigothe. Rodrigo (en français "Rodrigue") est l'adaption ibère du prénom goth Rodéric.
A l'adolescence, il accompagna son père sur les champs de Bataille. Don Diégo Lain était vassal du Roi de Castille et de Léon, Fernand. Il n'y avait que quinze ans lorsque son père mourut. Il partit parfaire son éducation à la cour du Roi Fernand où il devint très proche avec l'Infant Sancho, le deuxième fils du souverain. Il fut armé chevalier alors qu'il avait à peine dix-sept ans. Lorsqu'il eut dix-huit ans,, il fut confronté pour la première fois à la Reconquista et aux divisions du camp chrétien. Le Roi maure de Saragosse, Moktadir, payait un tribut au Roi Fernand. Au nom de la reconquête chrétienne de la Péninsule Ibérique, Ramiro, roi d'Aragon et frère de Fernand, lui déclara la guerre ainsi que d'autres monarques chrétiens. Moktadir, au nom de la Féodalité, réclama la protection de Fernand contre les autres souverains chrétiens. Que fit Fernand ? Allait-il accepté sa supplique de son vassal mulsulman ? Oui, il l'accepta, il fit donc la guerre aux côtés de musulmans contre les autres princes chrétiens, contre son propre frère. L'issue de la guerre eut lieu le Jeudi 8 Mai 1063 où l'alliance Moktadir-Fernand fut victorieuse. Le Roi Ramiro fut tué, d'après les sources arabes, c'est un soldat sarrazin qui le blessa mortellement, selon les sources latines, c'est l'Infant Sancho -l'ami de Rodrigue- qui embrocha son oncle.
La revanche du parti chrétien: le Pape Alexandre II, qui considérait Ramiro comme "son fils très soumis et fidèle" et le champion de l'Espagne unifiée pour le triomphe de la Croix, déclencha une croisade contre les maures à l'Automne 1063. Il promulgua une bulle à Castel-Vulterno enjoignant les chevaliers français et italiens à se croiser pour la libération de l'Espagne. La Croisade fut dirigée par Gui Goeffroy (ou Godefroy), duc d'Aquitaine et de Gascogne. Ces armées franchirent les Pyrénées avec allégresse, elles furent à Urgel où les troupes des ibères chrétiens les rallièrent. Très rapidement, elles prirent Barboste, une place forte entre Lérida et Saragosse. Cette réussite fut un séisme pour l'Islam. Barboste était invulnérable depuis 363 ans !!! Et elle abritait un grand centre coranique. Les Mulsulmans (on disait alors Mahométans ou Infidèles) décidèrent de taire leur division et de lancer le Djihad. Quelque jours après leur victoire, les Croisés enivrés durent rendre la place aux Mahométans.
C'est alors que le Roi Fernand se souvint qu'il était chrétien et il lança ses troupes, et il parvint à prendre aux Mahométans, les villes de Visu, Coimbre et Lamego avant de mourir. Sur son lit de mort, il prit une décision qui révolta son fils ainé Alphonse, qui révait d'unifier l'Espagne pouir bouter les Maures: le souverain moribond décida de partager son royaume entre ces enfants comme le faisait jadis les souverains mérovingiens et carolingiens. Alphonse était indigné, il aura beaucoup de mal à réaliser son rêve. Pour la Reconquête, il faut un seul royaume solide, un état fort et pérenne, une nation constituée autour d'un seul roi et d'une seule lignée. Si oun continue la vieille coutume franque de partager le royaume à chaque fin de règne: un état fort et solide et une nation ne peuvent se créer sur le long terme, et la Reconquête relève de la chimère. Alphonse ne parvint pas à changer le désir de son père, qui mourut. Le royaume du souverain défunt fut alors divisé de la manière suivante: aux deux filles, une plaçe forte chacune, l'Infante Urraque obtint Toro et l'Infante Elvire hérita Zamora. Le reste du royaume fut divisé aux trois garçons du monarque: Alphonse eut le Léon et les Asturies, et Sancho la Castille et la Navarre, le troisième frère (dont le prénom nous est inconnu) hérita quant à lui de la Galice et d'une partie du Portugal.
Afin d'exaucer son rêve, Alphonse supplia ses soeurs et ses frères de renoncer leur héritage pour le bien de la Chrétienté de l'Espagne en voie d'être unifiée. Ils refusèrent catégoriquement. Alors, Alphonse fut contraint de leur déclara la guerre. Nous sommes en 1071. Rodrigue, ami de Sancho, prit les armes pour défendre son ami. Mais très vite, l'issue de cette guerre de succession tourna à la faveur d'Alphonse. Celui-ci magnanime proposa l'arrêt du conflit et une amnistie générale. C'est alors que Rodrigue devait révéler son véritable caractère: la perfidie. Il avait compris qu'il avait de l'ascendance sur Sancho. Il lui dit de feindre en faisant croire à Alphonse qu'il accepta sa proposition de paix et d'amnistie. Rassuré, Alphonse s'attendait à accueillir à bras ouverts son frère et les troupes de celui-ci. En réalité, après le banquet réunissant les deux armées soi-disant réconcilliées, Rodrigue par la bouche de Sancho ordonna le massacre des troupes d'Alphonse. Celui-ci priait dans la cathédrale Sainte-Marie de Carrion, lorsque les armées de Rodrigue l'arrêtèrent. Il put repartir libre.
Les années passèrent et Sancho n'eut pas d'enfants et donc son seul successeur s'avèra être Alphonse. Rodriogue fit allégeance ou tout au moins feignit de faire allégeance à Alphonse. Celui-ci le contraignit d'épouser une de ces cousines qu'il ne connnaitra que le jours de son mariage: Dona Chimène, âgée d'une trentaine d'année, fille de Don Diégo, comte d'Oviédo. Le Roi Maure de Séville, Motamid, devait payer un tribut à Alphonse, celui-ci chargea Rodrigue de récupérer le tribut et de le lui apporter. Or, Rodrigue fut soupçonné d'avoir garder la moitié du tribut pour lui. Il eut un incident qui suscita la furie d'Alphonse: en 1081, Rodrigue attaqua les Maures sans lui avoir demander la permission. Lassé des incartades de Rodrigue, Alphonse le bannit de son royaume.
C'est ainsi que Rodrigue trouva la Liberté de devenir un chevalier errant n'ayant aucuns scrupules. Désormais, il va ravager l'Espagne, combattre tantôt le Maure, tantôt le Chrétien afin de travailler à son propre compte. Il trahissait sans vergogne. Il se gênait pas d'ordonner à son armée de piller ses ennemis, mais aussi ses alliés d'un jours. C'est ainsi qu'il parvint à se tailler une principauté à la lisière du royaume de Castille. Ce qui ne l'empêchait pas de lançer des hordes de pilleurs tout azimuth. Mais lui aussi avait un rêve, mais il ne souhaitait fédérer l'Espagne pour bouter les Mahométans, il rêvait de faire main basse sur l'opulence de la cité de Valence. Celà devait devenir pour lui, une obsession.
En 1085, le Roi de Valence trépassa. Il laissa un royaume dont la prospérité était enviée au point de susciter quatre prétendants au trône, outre les deux fils du monarque, on releva le nom de Mostain (Roi de Saragosse) et celui de Cadir qui fut Roi de Tolède. Ce dernier était le vassal d'Alphonse: leurs armées triomphèrent. Et Cadir devint Roi de Valence. Mais il se rendit vite impopulaire, car il imposa très lourdement les Valenciens d'impôts pour rémunérer les troupes castillannes demeurées à Valence après la Victoire. Mais une invasion berbère en Castille contraignit Alphonse à rapatrier ces troupes. Ce qui priva Cadir d'un fort soutien et il restait avec l'animosité de ces sujets. C'est alors que Rodrigue moit au point un stratagème pour conquérir Valence, il ne devait y parvenir seulement qu'en 1094 après les péripéties suivantes:
Il feignit de conclure une convention avec Mostain, roi de Saragosse: tu me laisses le butin, je te laisse Valence. Or, il avait conclu la même convention avec le Prince de Lérida. Croyant à un secours inespéré, Cadir leur ouvrit grand les portes de sa ville. Rodrigue le reconnut comme suzerain, c'est-à-dire qu'il lui laissait la gestion de Valence et que ces troupes fusionnaient avec celle de cadir au grand dam de Mostain, qu'il avait reconnu auparavant comme son seul suzerain. Mostain rappela le contenu de la convention à Rodrigue, qui s'était laissé corrompre par Cadir. Rodrigue lui dit que s'il souhaitait devbenir Roi de Valence, il devait faire la guerre à Alphonse, suzerain de Cadir. C'était la défaite assurée pour Mostain, qui écoeuré du comportement, regagna son royaume.
Ensuite, Rodrigue déclara à Alphonse qu'il était toujours son vassal et qu'il oeuvrait pour sa gloire et celle de Dieu, et don de l'Espagne unifiée et redevenue intégralement chrétienne. On dirait aujourd'hui qu'il fit "prendre des vessies pour des lanternes" au monarque crédule. Nous sommes en 1089. Pour le remercier de sa prétendue loyauté, Alphonse fait don à Rodrigue d'importantes richesses (châteaux, forteresses, terres reconquises sur les Maures). Celui-ci quitta Valence pour récupérer ces richesses, en chemin il ne put s'empêcher de faire des razzias. Mais il voulait revenir à tout prix à Valence, pour devenir enfin le maitre de cette Cité. C'est alors qu'il réduisit Cadir à un rôle de fantoche, et qu'il gouverna Valence d'une manière tyrannique.
Mais les Valenciens se soulevèrent et ils parvinrent à déposer Rodrigue de son piédestral après avoir demander l'aide des Almoravides. Rodrigue fut contraint de quitter Valence, mais il jura qu'il reviendrait prendre Valence et qu'il châtierait les Valenciens qui avait eu l'audace de le déposer. C'est ce qu'il fit: d'abord, son armée forte de sept mille cavaliers, commença à ravagea par les flammes la région avoisinante (populations massacrées, villages et récoltes incendiées). La conséquence fut la suivante, les Valenciens apeurés demandèrent la Paix et le Pardon de Rodrigue. Celui-ci accepta, mais il obtint le départ des Almoravides. Et il parvint à réduire dans un rôle de fantoche, le maitre de Valence, le cadi Ibn-Djahhâf. Il avait succédé à Cadir, qui était mort assassiné.
Or, le cadi se rebella et ce fut de nouveau la guerre. Rodrigue expulsé de Valence, fit affamé la ville et brulé vif tous ceux qui parvenait à quitter la ville. Il arriva très facilement à reconquérir la Cité en faisant tuer les affamés, en livrant les routuriers encore valides aux Almoravides et les familles nobles furent vendues à des marchands d'esclaves. Valence capitula le Jeudi 13 Juin 1094. Il devait continuer à manipuler les musulmans et les chrétiens. Il promit aux musulmans qui leur livra la ville en en échange du cadi. Il fit torturer celui-ci avant de le bruler vif, le cadi ayant refusé de lui donner toutes ces richesses. Rodrigue prétextant le refus du cadi, refusa de rendre Valences aux Maures.
Et c'est ainsi que Rodrigue devint roi de Valence. Mais comprenant qu'il devait laisser une image positive de lui à la postérité, il prépara sa propre légende qui sera populariser après sa mort par les Romanceros. Il prit alors fait et cause pour la Reconquête comme il multipliait les constructions d'églises et de monastères, alors que jusque là il en avait beaucoup incendié. Il mourut le Dimanche 10 Juillet 1099, quatre jours après les Croisés dirigés par Godefroy de Bouillon (14 Juillet 1099) prenaient Jérusalem. Sa veuve Chimène dirigea Valence et la maintient indépendante jusqu'en 1102 en résistant au roi sarrazin Youssef Ibn Tachfin, qui finit par la vaincre. Elle quitta alors la Cité emmenant avec elle, la dépouille de son époux. Tous les deux sont enterrés à la Cathédrale Santa Maria de Burgos.
SOURCES:
BAILE (Monique) : Le Cid, la véritable histoire de Rodrigue de Vivar, dit le Cid Campéador (Albin Michel, Paris, 1987).
BENASSAR (Bartlomé): Histoire des Espagnols (Robert Laffont, coll. "Bouquins", Paris, 1992).
PUGET (Marguerite): Cet aventurier sans scrupules qui sert le Maure, trahit sa foi, incendie des églises (...) c'est le Cid avant la Légende, don Rodrigue Diaz de Bivar. (Aux carrefours de l'Histoire, n°38, Février 1961).
Deux recueils de rapports de la recherche historique française et espagnole: L'Espagne de la Reconquista (La Nouvelle Revue d'Histoire, n° 37, Juillet-Août 2008) avec les contributions de Bartolomé Bennassar, Philippe Conrad, José Javier Esparza, Adeline Rucquoi, Jean Kappel, Anne Bernet, René Quatrefages, Rosa Maria Rodriguez Magda. Et la réalité de l'Espagne Conquise ( L'Homme Nouveau, n° 1414, Samedi 2 Février 2008) avec les contributions d'Adeline Rucquoi et de José Javier Esparza.
15:33 Publié dans Enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 09 mai 2008
La dame de chez Maxim's
Les pièces de Georges Feydeau sont régulièrement jouées au Théâtre de nos jours. Car, comme Molière, Feydeau a laissé des oeuvres intemporelles avec des situations comiques indémodables. La dame de chez Maxim's est une pièce intéressante à analyser, voici les raisons:
Monsieur Petipon est un bourgeois fier de vivre dans un confort haussmannien. Il s'est marié à une riche héritière, qui au fil des ans est devenu une "vieille bigote", une "grenouille de bénitier", une "araignée de sacristie" comme disent méchamment les mauvaises langues plus ou moins impies. Bref, il s'empresse de la tromper dès qu'elle a le dos tourné.
Mal lui en apris: un soir de beuverie, il fait la sottise de rentrer saoul chez lui avec une "demoiselle de petite vertu" (une ribaude), une certaine "Mome Crevette". Le lendemain, quand il est bien dessaoulé, il constate avec effroi que la "Mome" est encore dans son lit et que son épouse est rentré plus tôt que prévu: les deux femmes sont dans le même appartement, il ne faut surtout pas qu'elles se rencontrent. Voici l'arrivée d'un médecin qui va aider Petipon. Voilà l'apparition d'un oncle officier de Petipon, qui va prendre la "Mome" pour sa nièce et l'iviter à la noce de sa pupille. Il va même charger la "Mome" d'apprendre les "bonnes manières" de Paris à sa pupille !!! Tout ce "petit monde" va se retrouver au mariage en Touraine, où la "Mome" va découvrir que le futur marié n'est autre que son amant !!! Et c'est parti pour deux heures de délires, de quiproquos en cascades et de portes qui clacquent.
Si cette pièce de Feydeau se réduisait à ce synopsis, elle ne serait qu'un vaudeville distrayant parmi tant d'autres. Mais l'auteur a pris cette bouffonnerie comme prétexte pour dénoncer et ridiculiser deux comportements:
A)Premier comportement:- Monsieur et Madame Petipon, ainsi que l'ami médecin et la "Mome", arrivent au mariage. Il a lieu en Touraine. La "Mome" va subjuguer l'assistance par sa démarche vulgaire. Mais les dames de Touraine, si on croit Feydeau, vont suivre aveuglement la mode de Paris comme des "moutons de Panurge". Alors elles vont imiter la "Mome" sans le moindre discernement.
C'est à la fois une dénonciation par Feydeau de ces provinciaux qui rêvent de Paris -qu'ils idéalisent- sans se rendent compte qu'ils mènent une vie agréable; et surtout une attaque envers les dames qui, telles des girouettes, suivent le vent sous le prétexte stupide que c'est "moderne". Lénine, plus tard, les appelera: "les idiots utiles". S'il y a des décideurs révolutionnaires, qui grâce à une campagne médiatique très organisée, mènent un combat pour bousculer la morale ambiante comme la légalisation de l'Avortement ou celle de l'Euthanasie par exemple, les girouettes vont les suivrent, parce-qu'il faut soi-disant "vivre avec son temps".
Or, les faiseurs d'opinion ne sont en fait qu'une minorité de personnes. On dit à ces girouettes: "Jetez-vous par la fenêtre, car c'est la mode", elles se jetteraient par la fenêtre. Si elles rencontrent des gens réfractaires aux "idées nouvelles" voulues par les révolutionnaires, elles les traitent de "réactionnaires", de "rétrogrades" ou encore de "passéistes". C'est en partie à cause de l'aveuglement de girouettes que plusieurs totalitarismes ou bouleversements éthiques ont pu triompher au XIXème ou au XXème siècle.
B)Second comportement:- Afin de justifier éventuellement les amours adultères de Monsieur Petipon, Feydeau nous présente Madame Petitpon comme une femme pieuse et vertueuse. Mais pendant toute la pièce, les autres personnages s'ingénient à la ridiculiser. Car Madame Petipon est un archétype: l'épouse catholique du XIXème siècle qui croit en toute sincérité aux apparitions mariales et à la venue du "Grand Monarque", le Roi annoncé par des prophéties millénaristes qui va sauver la France et lui rendre son lustre d'antan.
a) Les Apparitions:
On relève de nombreux cas d'apparitions mariales dans toute la France et dans toute l'Europe jusqu'à la fin du XXème siècle, et quelques cas sur d'autres continents. On recense aussi quelques cas d'apparitions christiques ou angéliques. Nous vous présentons les cas en France, nous voulons laisser vous faire votre opinion:
47 après Jésus-Christ: Puy-en-Velay, une femme atteinte de forte fièvre, appelée Villa, déclare avoir vu la Vierge. Elle rencontra l'évêque du Puy, saint Georges, de construire un sanctuaire à la Madone, à la demande de celle-ci. Faute de moyens, le saint ériga qu'une pallissade en bois. C'est l'origine liouintaine du Pélerinage à la Vierge Noire du Puy.
221: Puy-en-Velay, une infirme prétendit avoir vu en songe la Vierge lui ordonner de se faire porter sur le mont Aunis, ce qu'elle fit et fut ainsi guérie. C'est l'autre origine de la construction du sanctuaire du Puy.
430: Notre-Dame de Marmaillé en Anjou. Un disciple de saint Martin, moine à Marmoutiers, saint Maurille raconta avoir vu la Vierge et l'Enfant-Jésus lui apparaitre dans un peuplier. A l'emplacement de cet arbre, le saint moine fit édifier le sanctuaire de Notre-Dame de Marmaillé. Charlemagne attribua à la Madone invoquée dans ce lieu de dévotion sa victoire de 786.
633: Au large de Boulogne-sur-Mer, des marins déclaraient que la Vierge leur était apparue, afin de leur demander d'aller récupérer une statue de Marie qui voguait sans pilote dans la Mer, c'est l'origine de Notre-Dame de Boulogne et des Vierges Pélerines.
1008: Valenciennes. La Peste s'était abbatue sur cette cité du Hainaut et avait fait huit mille morts en quelques jours. C'est alors qu'un ermite répondant au nom de Bertelain, natif de Pont près de Fontenelle, implora la Vierge. Celle-ci lui avait répondu, d'après ces dires, et lui avait prédit un grand miracle visible par tous qui eut lieu le 7 Septembre 1008, la veille de la Fête de la Nativité de Marie. Dans la nuit du 7 au 8 Septembre, les valenciennois virent un long fil rouge provenant du Ciel et englobant la superficie de la commune. La relique de ce fil, appelé le "Saint Cordon", sera brûlé à la Révolution. Si on croit Bertelain, la Vierge lui avait dit que la Peste cesserait si les Valenciennois prennent l'habitude d'organiser une procession à sa gloire tous les 8 Septembre, ce qu'ils firent et le "Fléau de Dieu" ne devait plus s'abbatre sur la Ville. Les habitants prirent l'habitude de remplacer le cordon par un cierge de la longuer de leur ville, un cierge appelé une "soignie". En septembre 2008, l'ensemble des Valenciennois ont commémoré avec faste et recueillement le Millénaire de cet évènement: http://notre-dame-de.valenciennes.fr et http://christophe.tondeux.free.fr/valenciennes/stcordon/
1020: Trois cas d'apparitions supposées de la Vierge autour de l'An 1020: à une bergère nommée Elisabeth ce qui suscita la construction de Notre-Dame de Verdale près de Cahors; à un berger nommé Raymond ce qui encouragea l'édification de Notre-Dame d'Alet dans la périphérie de Toulouse; à une enfant aveugle de Marsanne près de Valence, Marie lui permettera de retrouver la vue, ce qui poussa à l'inauguration de Notre-Dame du Fresneau.
1105: Arras où s'abbattit "le Mal des ardents". L'évêque Lambert invoqua la Vierge qui apparut à deux ménestrels: Ithier dans le Brabant et à Normand dans le Château de Saint-Pol dans le Tiennois, dans les nuits du 24 au 25 Mai et du 25 au 26 Mai. Elle leur demanda d'aller voir Lambert, qui devait les réconcilliés. Lorsqu'ils arrivèrent à Arras, ils revirent la Vierge...
XVème siècle: La Vierge apparut à un berger de Thoranne-Haute (Haute-Provence) lui enjoignant de construire une église et afin de prouver la réalité de l'apparition, elle lui donna une rose. C'est l'origine de Notre-Dame de la Fleur. Et à un autre berger dans la Province du Languedoc, dans l'actuel département des Hautes-Pyrénées: c'est l'origine de Notre-Dame de Médous.
1509: près de Villefranche-de-Rouergue, un charretier nommé Colongos se lamentait, son char était embourbé. Il implora la Bonne Mère. Celle-ci lui apparut avec les apôtres. Après la fin de cette vision, le char n'était plus embourbé. L'évêque de Rodez fera édifier Notre-Dame des Treize Pierres à l'emplacement de l'apparition.
1512: Aspin, près de Lourdes, un couple raconta que la Vierge leur était apparut et était venue pour les sortir des décombtres d'une maison écroulée.
1515: Garaison (Hautes-Pyrénées), une bergère, Anglèze de Sagazan, native de Mauléon-Magnoac, déclara avoir eu une apparition de la Vierge.
1519: Notre-Dame de Cotignac (Var), Jean de la Baume racontait que la Vierge lui était apparue dans la nuit du 10 au 11 Août 1519. L'Eglise Notre-Dame des Grâces fut construite à partir du 14 Septembre 1519. Le Pape Léon X accorda une série de privilièges à ce sanctuaire, le 17 Mars 1521.
1587: Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) où vivaient une veuve, Domenge Liloye, et sa fille Andrette, avaient une dévotion à Notre-Dame de Médous. Domenge Liloye devait raconter que la Vierge lui était apparut et lui avait demandé de prévenir les prêtres et les consuls de Bagnères de faire pénitence sous la menace de grands dangers. Les édiles ne crurent pas Domenge, certains mourrurent ensuite dans d'atroces douleurs. Les survivants comprirent et firent pénitence en précipitant à Notre-Dame de Médous. Jusqu'en 1792, un pélerinage avait lieu tous les 2 Août. Les Révolutionnaires détruisirent le sanctuaire en l'incendiant, mais la statue de la Madone put être sauver in-extremis.
1628: Bordeaux. Une Statue de la Vierge fut plaçé sur un autel de la nef de l'église Saint André. Au cours d'une messe, un moine déclara avoir vu une couronne au-dessus de la statue, ce qui suscita la construction de Notre-Dame de la Nef.
1637: "Le Voeu de Louis XIII": alors que Louis XIII et Anne d'Autriche priaient la madone pour avoir enfin un héritier au bout de 20 ans de mariage, le 27 Octobre le Frère Fiacre (moine des Augustins déchaussés) eut une révélation pendant qu'il priat Notre-Dame des Victoires de Paris. Cette église comme Notre-Dame des Victoires de la Rochelle avait été construite pour commémorer la prise de la Rochelle aux Protestants par les troupes Royales commandées par Richelieu. Le Roi promit à la Sainte Vierge de lui dédier son royaume, si elle l'exaucait. Afin d'obtenir la naissance de son fils, la Reine faisait célébrer trois neuvaines de prières à Notre-Dame de Cotignac, à Notre-Dame des Victoires de Paris et à Notre-Dame des Victoires de la Rochelle là où prait le Frère Fiacre. Le 3 Novembre 1637 vers deux heures du matin, il fut réveillée dans sa cellule par des cris de nourrisson. Il devait raconter avoir vu la Vierge lui présenter un enfant et il prétendit que la Madone lui avait dit: " N'ayez pas peur, je suis la mère de Dieu, et l'enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veut donner à la France." Il précisait que Marie lui était à trois reprises et lui a vait montrer la derrnière fois le sanctuaire de Cotignac, où ni lui ni le Père Supérieur, ni les autres moines ne connaissaient et n'avaient vu d'illustrations. Quand le Frère Fiacre raconta la description de Cotignac à des personnes connaissant ce sanctuaire, tous déclarèrent que le Frère avait raison. L'enfant royal fut conçu au moment où le moine finissait ces neuvaines. Ce Dauphin naquit le 5 Septembre 1638, il fut baptisé Louis-Dieudonné, il deviendra Louis XIV. En guise de remerciements, Louis XIII consacra la France à la Vierge. Bien plus tard en 1660, Louis XIV et sa mère la Reine Anne vinrent faire actions de grâce à Cotignac.
1649: le 25 Mars, le jour de la fête de l'Annonciation qui était un jour chômé dans tout le Royaume. Sauf pour un protestant (Pierre Port-Combez) du hameau des Plantées près de Limay (Dauphiné), il brava l'interdit au grand désespoir de son épouse catholique. Il commença par couper du bois d'osier, quand il découvrit ses mains en sang et ce sang provenait de l'osier qu'il venait de couper. Ayant volontairement travaillé un jour férié, il comparut devant la Justice qui devait le condamner à verser une amende à l'Eglise Catholique; Il accepta de se convertir au Catholicisme en Mars 1657, après avoir déclarer avoir vu la Madone sur le monticule de l'Epinousse et avoir discuter avec elle l'ayant pris d'abord pour une demoiselle égarée. Deux bergères témoignèrent l'avoir vu parler avec un interlocuteur sans pouvoir distinguer cet interlocuteur. Le huguenot se convertit dans la nuit du 14 au 15 Août 1657, il devait mourir quelques jours plus tard (le 21 Août).
1652: Querrien, près de la Prénessaye (Bretagne), une enfant sourde-muette, Jeanne Courtel, déclarait avoir entendu (?!) et vu la Madone qui lui parla. C'était le 15 Août 1652 à six heures du soir. La gamine raconta l'apparition à ces parents stupéfiés d'entendre leur fille pour la première fois. On cria au miracle. Elle devait ensuite déclarer avoir eu quinze visites de la Sainte Vierge. Celle-ci lui avait demandé de construire un sanctuaire et afin de prouver que la jeune Jeanne n'était pas victime de diableries, Marie lui annonça l'emplacement d'une statue enterrée. On vérifia les dires attribués à la Vierge et une statue fut bien découverte. Un pélerinage se créa et des guérisons miraculeuses se multiplièrent.
1660: A Cotignac, à quelques mêtres de l'église dédiée à la Madone, le 7 Juin, un jeune berger âgé de 22 ans, Gaspard Ricard, conduit son troupeau sur le versant est du Bessillon. C'est alors qu'il vit apparaitre saint Joseph, qui lui parla en provençal. le saint lui demanda de soulever une pierre qui ne pouvait être lever que par huit hommes, Gaspard accepta et parvint à soulever la pierre, qui laissa apparaitre une source miraculeuse jusque là ignorée. Ce qui suscita des processions et des guérisons. Et évidemment la construction d'un lieu de culte.
1661: Goult dans le Lubéron, un homme âgé de 63 ans, Antoine de Nantes déclara avoir vu un enfant qui devait être reconnu comme étant l'Enfant-Jésus, auréolé d'une grande lumière au-dessus d'une église en ruine. Il fut cru: une procession s'organisa sur le lieu de l'apparition. Une croix fut plantée et l'église fut reconstruite. D'autres personnes prétendirent ensuite avoir vu le Christ en Croix ou la Sainte Vierge apparaitre au dessus de la même église. L'Eglise se nomma désormais Notre-Dame de Lumières.
1664: Laus, près de Grenoble, une jeune fille de 17 ans, Benoite Rencurel, déclarait avoir vue la Vierge et l'Enfant-Jésus. Elle devait ensuite raconter avoir revu la vierge 250 fois, revivre la Passion du Christ, subir des persécutions du Démon et recevoir la communion des mains des Anges. En 1665, Messeigneurs Guillard et Lombard, respectivement vicaires généraux de Gap et d'Embrun, ont reconnus la réalité des apparitions comme Monseigneur di Falco Léandri, évêque de Gap, au nom du Saint-Siège, en Mars 2008.
1682: Alan, Madeleine Serres, âgée de 12 ans, déclara avoir vu la Vierge, ce qui suscita la construction de Notre-Dame de Lareu.
1692: deux apparitions en Bretagne: à Saint-Carré, un journalier (Jean Bizin) déclara avoir vu la Vierge à trois reprises. Il déterra une statue d'après des indicationbs que la Vierge était senssée lui avoir dit. Ce qui suscita l'édification de Notre-Dame de Piété. On note plusieurs guérisons. A Coutcoustronnec, un paysan (Yves-Claude Allain) déclara avoir vu lui aussi la Vierge à trois reprises, afin de construire Notre-Dame de Guianthez.
1717: Lescure, un jeune berger répondant au nom de Jean Paillé déclara lui aussi avoir eu des appartions de la Madone. La Chapelle Notre-Dame de la Visitation (consacrée en 1724) rapelle ce témoignage.
1791: Saint-Laurent de la Plaine (Anjou, Maine-et-Loire). Le soir du 15 Septembre 1791, Catherine et Marie Oger, Perrine-Jeanne Boulestreau et plusieurs enfants déclareront avoir vu la Madone apparue au-dessus d'un chêne. Plus de 10 000 personnes feront le même récit jusqu'en 1792. Le voiturier Jacques Cathelineau (tué le 14 Juillet 1793) viendra en pélerinage une vingtaine de fois à Saint-Laurent avant de lançer l'insurrection vendéenne.
1803: Malcôte, près d'Ornans (Doubs), Cécille Mille (1790-1835) raconte avoir vu la vierge après avoir retrouvé une statue de la Madone cachée dans un chêne depuis la Révolution. C'est l'origine du sanctuaire Notre-Dame du Chêne.
1830: Apparitions de la Vierge à Catherine Labouré, religieuse de l'Ordre des Filles de la Charité, rue du Bac à Paris. Elle entra dans ce couvent en Janvier 1830, trois après avoir déclaré avoir vu en songe saint Vincent de Paul (le fondateur des Filles de la Charité). Elle raconta que la Madone lui avait annoncé des évènements qui devaient avoir lieu et avoir vu le Christ-Roi lui prédir la Révoluion de 1830 et donc la chute de Charles X. Elle est morte le 31 Décembre 1876. Les apparitions ne furent pas reconnues par l'Eglise Catholique, qui devait pourtant canoniser Catherine Labouré en 1947. En 1894, la Congrégation des Rites autorisa l'instauration de la fête liturgique de l'apparition de la Médaille Miraculeuse en date du 27 Novembre.
1846: Une seule apparition à la Salette, le samedi 19 Septembre à deux bergers, Mélanie Calvat (âgée de 14 ans) et Maximin Giraud (âgé de 11 ans). Ces deux enfants illettrés ne se connaissaient que de la veille. La "Dame" les supplia de prier pour la France et leur révéla des informations qui devront garder secrets. un site : www.nd-la-salette.com Après Mélanie Calvat devait soutenir les prétentions de la Baronne de Stenberg, née Maria-Stella Chiappini, qui prétendait être la fille de Philippe Egalité, échangée à la naissance avec le fils du géôlier italien Chiappini qui l'éleva avant de lui apprendre la substitution. Le fils de Chaippini aurait été le futur "Roi des Français" Louis-Philippe. Une substitution confirmée par le tribunal écclésiastique de Faenza: http://fr.wikipedia.org/wiki/Baronne_de_Sternberg Si on croit le géôlier, son fils aurait été adopter par le Prince et la princesse de Joinville, une identité que portaient Philippe Egalité et son épouse. Quant à Maximin Giraud, il s'enrola dans les Zouaves Ponticaux pour défendre les Etats du Pape contre l'unfication maçonnique de l'Italie par le Révolutionnaire Giussepe Garibaldi. Il soutint Charles-Guillaume Naundorff (?-1845), qui prétendait être Louis XVII et qui prétendait avoir eu des apparitions de saint Michel Archange. De nombreux survivants de l'Ancien Régime et de la Terreur l'ont reconnu comme étant le fils de Louis XVI, les historiens sont encore aujourd'hui partagés: www.museelouisxvii.com (Laure de la Chapelle), www.chez.com/louis17 (Philippe Delorme), www.blanrue.com/louis17.htm (Paul-Eric Blanrue). Le site de l'Institut Louis XVII, favorable aux prétentions de Naundorff: www.louis-xvii.com
1848: La Vierge , le 23 Juin de cette année-là, apparut à Rosette Dasque (8ans) et à deux cousines Françoise Vignaux et Françoise Vignaux-Miquiou, toutes deux âgées de 11ans, dans le sanctuaire de Nouilhan à Montoussé (Hautes Pyrénées).
1858: Lourdes. La Vierge apparut à Bernadette Soubirous, une pauvresse, dans la grotte de Massabielle à trente kilomètres du sanctuaire de Nouilhan. Sitôt la fin des nombreuses apparitions, des guérisons miraculeuses reconnues comme réelles par la Médecine eurent lieu. Cette année le Pape Benoit XVI et les Catholiques Français commémorent le 150 ème anniversaire de ces apparitions: www.lourdes2008.com Une carte souvenir DVD sur sainte Bernadette: www.ocmusic.org/boutique/product_info.php?cPath=48product... Au moment de ces apparitions, une cinquantaine d'enfants et d'adolescents, entre Avril et Juin 1858, déclaraient eux-aussi avoir vu la Sainte Vierge. A Trie, une fillette prétendait avoir vu Marie, l'Enfant-Jésus, et les âmes de ces frères et soeurs morts en bas âge. Un autre cas: une jeune fille de 17 ans, Joséphine Albario, tomba en extase et disait voir la Sainte Famille et elle précisait que saint Joseph se caressait la moustache !!!
1859: Picheloup, le 23 Juin. La Madone apparut à quatre bergères: Mélanie Cavé, Jeanne Sarlabous et deux soeurs Marianne et Françoise Bernadet dans un lieu-dit se trouvant actuellement dans la commune d'Arnaud-Guilhem (département de Haute-Garonne). Les quatre jeunes filles déclaront avoir vu la Vierge régulièrement pendant dix-huit mois. Comme beaucoup de voyantes ayant prétendu voir la Vierge comme sainte Bernadette, elles entrèrent toutes les quatre au couvent: elles choisirent le même ordre, les Soeurs de Saint-Joseph de Dorat près de Limoges, elles y entrèrent le jour de la Fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 Octobre 1861. Seule Félicie Cavé devait continuer à dire qu'elle avait des visions: en 1871, elle annonça qu'elle venait de voir le Christ-Roi. Deux sites: http://fr.wikipedia.org/wiki/Picheloup et http://picheloup.blogspot.com/.
1871: Pontmain. La Vierge apparut une seule fois à sept enfants de ce village de la Mayenne: Eugène et Joseph Barbedette, âgés de 12 et de 10 ans qui furent les premiers à voir, Françoise Richer (11 ans), Jeanne-Marie Lebossé (9 ans), Eugène Friteau (6 ans et demi), Augustin Boivin (25 mois) et Auguste Avice (4 ans). Au bout de 10 minutes, ils racontèrent qu'un Christ rouge et une croix de la même couleur venaient d'appariatre devant la Vierge qui devait prendre la Croix. Seule Jeanne-Marie Lebossé devait se rétracter, mais sa rétractation ne devait pas être juger crédible !!! Un site: www.sanctuaire-pontmain.com
1872: Neubois est un village de l'Alsace annexé un an plus tôt par la Prusse victorieuse de la France, quand survint la première apparition le 7 Juillet. Au total 31 adultes, 48 enfants (dont Odile Martin ayant déclaré que la vierge lui était apparu 157 fois) et 8 adolescents de la commune et 60 personnes extérieures à cette municipalité prétendirent avoir vu la Madone. Certains d'entre eux dirent que le Roi de France Henri V ("le Comte de Chambord") leur était apparu à huit reprises (alors qu'il vivait en exil à Frosdorff près de Vienne en Autriche) et le Pape de l'époque, Pie IX à trente-sept reprises. Il eut vingt-huit rétractations. Comme à Lourdes, une fontaine a été découverte selon des descriptions attribuées à Marie, là il y aurait eu des guérisons miraculeuses: http://fr.wikipedia.org/wiki/Neubois . D'autres cas d'apparitions supposées ou réelles dans des communes de l'Alsace-Moselle occupée: Wulschbronn (1870), L'Hôpital (1872), Diding, Rixheim et Walbach en 1873, Wittelsheim (1873-1875). Une des fillettes, qui furent les premières à déclarer avoir vu Marie, prétendit qu'elle l'avait vu frapper un régiment de soldats prussiens !!!
1873: Blain et La Fraudais, au nord de Nantes. La fille d'un exploitant agricole, Marie-Julie Jahenny (1850-1941), déclara avoir eu des visions en Janvier et Mars 1873. Elle racontera avoir des visions jusqu'à la fin de ces jours. Elle était une stigmatisée et elle était considérée comme une grande mystique. Elle annonçait la venue d'un grand Roi pour la France: http://voiemystique.free.fr/marie_julie_jahenny_extrait.htm et www.marie-julie-jahenny.fr Elle avait prédit l'accession au Trône pontifical du Pape Jean-Paul II.
1873:Saint-Bauzille-de-la-Sylve, près de Béziers. Un vigneron âgé de trente ans, Auguste Arnaud, catholique peu pratiquent et père de deux enfants, déclara avoir eu deux apparitions de la Vierge, le Dimanche 8 Juin et le Mardi 8 Juillet 1873. Avant même la seconde apparition, il fut cru sincère et un pélerinage se créa. Quand il raconta voir la Vierge la seconde fois, une petite fille se trouvait à ses côtés: elle s'appelait Marie Coulon et était native de Rieucoulon. Elle aussi prétendait voir la Madone. Mais sa description de la tenue de Marie ne correspondait pas à celle d'Auguste Arnaud. On le crut, pas la gamine.
1882: Lyon, Une certaine Anne-Marie Coste déclare avoir eu des apparitions de la Vierge du 6 Novembre 1882 au 2 Janvier 1883.
1884: Saint-Colombin (aujourd'hui Saint-Colomban) près de Nantes, une fillette de onze ans, Marie Lorteau, déclare elle aussi voir la Madone.
1886: Saint-Pierre Eynac (Haute-Loire), Marie Grossou et Françoise Pradu font le même constat.
1887: Langnac (Lot-et-Garonne), Suzanne Salles et Léonne Boudie racontent elles aussi avoir vu Marie.
1888: Villemanges (Loire), un garçonnet de treize ans, Jean Bernard prétend lui aussi contempler la Vierge.
1896: Tilly-sur-Seulles, près de Bayeux. Trois religieuses institutrices de l'Ordre des Soeurs du Sacré-Coeur, leurs soixante élèves et des adultes se trouvant incidemment dans leur école, tous ont déclaré avoir vu la Madone entourée d'anges le 18 Mars 1896, le jour de la saint Gabriel. D'autres apparitions auront lieu très régulièrement jusqu'en 1899 et parfois très régulièrement: pendant le mois d'Avril 1896, elle est apparue neuf fois. Si on croit une des voyantes, Marie Martel, la Vierge avait demandée la construction d'une basilique pour invoquer Notre-Dame du Rosaire. Elle prétendait que Marie lui parlait et lui disait a peu près la même chose qu'à Bernadette Soubirous. Marie Martel a raconté avoir eu aussi des apparitions du Christ, de saint Michel, de saint Joseph et de sainte Jeanne d'Arc. Une lettre enthousiaste : http://dieu-sauve.chez-alice.fr/apparitions/tilly/tilly.htm Un visonnaire Eugène Vintras (1805-1875) fondateur de l'Oeuvre de la Miséricorde, était natif de cette commune. Lui-même avait prétendu avoir eu des visites du Christ, de la Vierge Marie et de l'Archange Saint-Michel en 1839, ce qui lui avait permis d'annoncer la venue du Grand-Monarque en la personne de Charles-Guillaume Naundorff, qu'il reconnaissait comme étant Louis XVII. Il se prétendait être la réincarnation du Prophète Elie: http://www.morgane.org/gnosis/Vintras.doc Il fit des émules.
1909: Bordeaux, une dénomée Marie déclare avoir vu la Sainte Vierge. Mais l'évêque de Bordeaux prend la décision ne pas entamer une enquête concernant les prétentions de Marie et exige le silence. D'autres prélats ont eu les mêmes réactions au sujet des apparitions supposées avoir eu lieu en 1882, 1884, 1886, 1887 et en 1888, afin de ne pas indisposer les goub=vernements anticléricaux de la IIIème République.
1914: Bataille de la Marne. Dans l'église du Gâvre (Loire-Atlantique), on peut contempler deux vitraux consacrés à des apparitions pendant cette célèbre bataille de la Première Guerre Mondiale, l'après-midi du 8 Septembre 1914. Le premier vitrail célèbre une apparition du Sacré-Coeur aux troupes françaises en bleu horizon, à la tête de ces troupes le Général de Castelnau. Le deuxième vitrail veut confirmer le témoignage de plus 100 000 de soldats allemands qui prétendirent que la Vierge -leur tournant le dos- les avaient tous repoussés violemment. Nous citons la confession d'un aumônier allamand:" Comme soldat, je devrai garder le silence: comme prêtre, je crois devoir dire ce que j'ai vu. Pendant la bataille de la Marne, nous étions surpris d'être refoulés, car nous étions légion, comparés aux Français et nous comptions bien arrivés à Paris...Elle nous tournait le dos et de la main droite, sembalit nous repousser." Il était interdit d'en parler sous peine d'être fusillé
1914: Chapelle Notre-Dame des Armées, Versailles. Une jeune fille, Marcelle Lançon, membre d'un groupe de prière ("La Pieuse Union"), déclara avoir vu la Vierge la 8 Septembre 1914 en tant que Reine de France; le Sacré-Coeur, saint Michel Archange et sainte Jehanne d'Arc le 31 Décembre 1914; le Christ en tant Roi de France le 20 Juin 1915 et une dernière fois la Vierge comme Reine de France le 8 Octobre 1916. Monseigneur Roland-Gosselin, alors évêque de Versailles, donna son accord pour l'impression et la diffusion de l'image de Marie Reine de France d'après les visions de Marcelle Lançon et ainsi que la prière révélée au cours des apparitions. Le Prélat bénit le tableau représentant la dernière apparition. Un tableau que l'on peut toujours contempler dans la Chapelle Notre-Dame des Armées. L'actuel curé de cette paroisse, l'Abbé Guimon, de la Fraternité Saint-Pierre, m'a dit de vive voix avoir lui-même enquêter sur la réalité de ces apparitions, ces conclusions étaient négatives. C'est pourquoi, il prit la décisoin de ne faire aucune illusion à ces apparitions sur le site de sa chapelle: www.notredamesdesarmees.com Il a dit son opposition à la publication d'une brochure (la seule source de référence sur ces apparitions) consacrées aux visions de Marcelle Lançon: Les Apparitions de Versailles; Marie, Reine de France; Jésus, Roi de France. (Téqui, Paris, 2007). www.librairietequi.com
1916: Loublande. Une jeune fille vendéenne, Claire Ferchaud (1896-1972), déclare que le Sacré-Coeur lui est apparu et lui a demandé de bouter les allemands hors de France et que la France républicaine et laique se repente de son indélité envers le Catholicisme d'Etat. Claire raconte que le Christ lui a demandé que le Sacré-Coeur apparaissent désormais sur les drapeaux nationaux avec la mention "Espoir et Salut de la Fance". Elle rencontra Raymond Poincaré à plusieurs reprises, qui ne tiendra pas compte de ces exhortations. Claire Ferchaud fut très vite crû par les Catholiques en raisons d'une croyance très forte envers le Sacré-Coeur, sauveur de la France, depuis des décennies. Une croyance qui avait suscité la construction de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre à Paris: www.salve-regina.com/histoire/Histoire_sacrecoeur.htm Une controverse perdure au sujet de Claire: www.clovis-diffusion.com/PBSCProductasp?ItmID=2134927 Aujourd'hui, les catholiques français fidèles à la Tradition et partageant la même sensiblité que le Pape Benoit XVI ont pris le drapeau de Loublande comme emblême. Patrice et Roger Martineau ont écri, composé et interprêté une chanson à la gloire de Claire Ferchaud qu'on peut entendre sur leur très beau disque intitulé: France, terre de promesse. www.martineau-pr.com
Georges Feydeau, né le 8 Décembre 1862, est mort le 5 Juin 1921. Sa pièce La Dame de Chez Maxim's date de 1899.
b) Le Grand Monarque:
A la suite des prophètes de l'Ancien Testament prédisant la venue du Messie, certains israélites ont été persuadés que ce Sauveur annoncé était arrivé en la personne de Jésus, ce sont les premiers Chrétiens. La Croyance s'est répandue au-delà des mers, en Gaule ce fut selon la Tradition grâce auux Saintes Maries de la Mer. Le Christ est devenu le véritable Roi de France, et la Vierge Marie, la Reine et la Sainte Patronne de la France. Les monarques Mérovingiens, Carolingiens puis Capétiens n'étaient que les "lieutenants de Dieu sur Terre".
Pourtant dès le Moyen-Age d'autres prophéties annoncent l'arrivée d'un Grand Monarque, inspiré par le Saint-Esprit. Voici les principales prophéties: Explanatio Somnis de la Sybille Tiburtine, écrit en grec puis traduit en latin autour de l'An 380 après J.C et retraduit en latin tardif vers l'An Mil; les Révélations dit du pseudo-Méthode, dont la paternité est attribuée à Méthode de Patarra (évêque martyr du IVème siècle), à saint Augustin, à Raban Maur ou encore à Alcuin. Elle était écrite en syriaque, elle fut rapidement traduite en grec et en latin, puis en russe, en arménien et en arabe. En 1522, fut publié un recueil de ces prophéties. On relève le cas de prophéties désignées comme étant écrites par saint Catalde (Vè siècle), saint Sever (IVè siècle), saint Césaire d'Arles (Vè-VIè siècle) ou par saint Vincent Ferrier (1350-1419), et qui étaient en réalité antidatées.
La première prophétie faisant état d'un Grand Monarque français est celle d'Adson (920-992), Père-Abbé de l'Abbaye de Montier-en-Der en Champagne. Il fut l'auteur De Ortu et tempore Antichristi (Lettre sur la vie de l'Antéchrist), dédié à la Reine Gerberge. Celle-ci était l'épouse d'un des derniers rois de la dynastie des Carolingiens, Louis IV dit "d'Outremer". Depuis d'autres clercs se sont fait prophètes et annoncèrent eux-aussi le Grand Monarque: le franciscain Jean de Roquetaillade (1319-1365), l'ermite calabrais Téesphore de Cosenza (deuxième moitié du XIVème siècle), le dominicain Thomas Campanella (1568-1639), le vénérable Barthélémy Holzhauser (1613-1658). Et on ne peut pas oublier le médecin et astrolgue de la Reine Catherine de Médicis, le célèbre Nostradamus (Michel de Nostre-Dame, 1503-1566).
En réaction aux "idées nouvelles" propagées par les Philosophes et ensuite par la Révolution, pluisieurs chrétiens annoncèrent le Grand Monarque: l'illustre écrivain savoyard contre-révolutionnaire Joseph de Maistre (1753-1821), l'Abbé Souffrand (1755-1828, curé de Maumusson), l'Abbé Mattay (curé de Saint-Meen en Bretagne), la religieuse du Bellay (morte en 1810), la Bienheureuse Anne-Marie Taigi (1768-1837), Marie de Terreaux (1773-1843) ou en 1830, une bergère de Saint-Affrique nommée Mariane Galtier. Plusieurs de ces prophéties prétendaient que Louis XVII n'était pas mort au Temple et c'était lui le Grand Monarque. On signale quelques escroqueries dont celle commise par la célèbre cartomancienne, Mademoiselle Lenormand, qui pubia en 1827 la Prophétie d'Olivarius, elle prétendit que ce document datait de 1542 et qu'il avait été écrit par un certain Philippe Olivarius. En fait, elle était l'auteur de cette prophétie.
Au XIXème siècle apparaissent plusieurs sectes prophétiques. Louis-Philippe fera arrêter les disciples d'Eugène Vintras (1807-1875). Après la défaite de Sedan et la Commune, de nombreux recueils de nouvelles prophéties furent publiés comme Voix Prophétiques de l'Abbé Curicque et Les Lettres sur les prophéties modernes de l'Abbé Chabauty. Pendant tout le XXème siècle, des revues sur le Grand Monarque paraitront, leurs lecteurs -croyants sincères à la réalité de ces prophéties- étaient appelés "Les Providentialistes".
Plusieurs personnes se déclaront être la Grand Monarque tant attendu, ils auront de nombreux partisans. Voici l'identité de quatre de prétendus Grand Monarque: l'Abbé Félix de Valois (1860-1924), né Félix Devalois, qui se disait être le descendant du "Masque de Fer" et qu'il présentait comme le frère jumeau (sic) de Louis XIV. Il aurait prédit le naufrage du Titanic et la Première Guerre Mondiale (?); Charles de Gimel (1891-1982) qui était encouragé par son épouse Camille Le Guen de Monfort ( "La Mère X." Celle-ci se déguisait en religieuse et créait des ordres monastiques fantaisistes) et qui avait de nombreux partisans ("Les Chevaliers du Roi") à Meaux , Amiens, Versailles, Nantes, Avignon ou à Provins où se trouverait encore dans la chapelle Saint-Quirias, le drapeau des partisans portant douze fleurs de Lys; Léon Millet qui apparut en 1942 et dont les disciples ("les Chevaliers Croisés", "l'Armée du Sacré-Coeur") avaient fait voeu de célibat; le Vicomte Gilles-Arthur de la Villarmois (1897-1971) qui prétendait descendre de Jean 1er le Postume (mort officiellement à l'âge de trois jours !!!), était camérier des Papes Pie XII et Jean XXIII Roncalli et chevalier de Malte et du Saint-Sépulcre.
Les deux derniers prétendus "Grand Monarque" furent récupérés par un prêtre aujourd'hui bien oublié: l'Abbé Michel Collin (1905-1974), prêtre de la Congrégation du Saint-Coeur de Saint-Quentin, qui déclara avoir reçu de Dieu l'ordre de créer "la Croisade du Rosaire et du Magnificat" lors de la nuit de Noel 1942 après avoir créer en 1933, les "Apôtres de l'Amour Infini": le Vatican le condamna en 1951, en 1956 et en 1963 (rendu à l'état de laic, excommunication). Il faut préciser que l'Abbé s'était autoproclamé Pape sous le nom de "Clément XV" et qu'il avait accusé le pape Paul VI d'avoir empoisonné (sic) ces deux prédecesseurs, les Papes Pie XII et Jean XXIII !!!. Sa "croisade du Rosaire et du Magnificat" existe toujours dans plusieurs pays: http://www.gerard-colin.com/clement%20xv/histoire%20resum... et http://www.gerard-collin.com/clement%20xv/apotres%20amour... et http://books.google.fr/books?isbn=2747583678...
C)Feydeau, était-il anticlérical?
Mais pour Feydeau en bon rationaliste, croire en les apparitions ou au Grand Monarque est aussi absurde que de craindre les fantômes ou les esprits frappeurs (in english "Poltergeist"). C'est pourquoi madame Petipon croit aussi aux revenants. L'Ami Médecin de Pétipon en bon scientiste estime que les apparitions sont des canulars, pour lui la seule religion crédible, c'est la Science comme le prêchait alors Auguste Comte. Il est vrai qu'on peut être songeur devant les cas énumérés ci-dessus, même si nous avouons être croyant.
La pièce intiutlée "La Dame de chez Maxim's" date de 1899. Or, entre 1880 et 1908, les gouvernements de gauche qui ont dirigé la France sous la IIIème République étaient des anticléricaux viscéraux et ils suscitèrent des campagnes de presse hostile envers le Clergé et en particulier envers le Saint-Siège, ainsi que des chansons et des spectacles. C'est avec cette mentalité que fut voté au Parlement des mesures laicistes dont la fameuse loi de "Séparation de l'Eglise et de l'Etat" en 1905.
Derrière l'idée généreuse du respect mutuel entre chaques croyances et de leur pratique exclusivement réservée à la sphère privée, se cachait une volonté délibérée de déchristianiser la société française: enseignement public et laic, interdiction de l'enseignement catholique, expulsion de religieux enseignants, expulsion des Chartreux, fichage des militaires et des fonctionnaires, mise sous séquestres des biens du Clergé ("les inventaires"), rejet et négation des racines chrétiennes de la France, la Révolution de 1789 et les Philosophes des Lumières deviennent des modèles, négationnisme envers les atrocités commises sous la Terreur comme le génocide vendéen, réactualisation de la propagande révolutionnaire des Montagnards de 1793, calomnies envers le Moyen-Age.
A suivre ....
SOURCES:
a) les Apparitions:
CHIRON (Yves): Enquête sur les Apparitions de la Vierge. (Mame/Perrin, Paris, 1997 et 2007).
LA FRANQUERIE (Marquis de): La Vierge Marie dans l'Histoire de France. (Résiac, Montsûrs, 1992). www.resiac.com
LA FRANQUERIE (Marquis de): La Mission divine de la France. (Saint-Michel, Québec, 1955).
LAURENTIN (Abbé René): Dictionnaire des Encyclopédies. (Fayard, Paris, 2007).
MOUTON-RAIMBAULT (Claude): Présence de Claire Ferchaud, réponse à un livre trompeur. (Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil, 2007).
MOUTON-RAIMBAULT (Claude): Pour l'Honneur de Claire. (Résiac, Montsûrs, 1995)
MOUTON-RAIMBAULT (Claude) dit Claude Mouton: Ils regarderont vers celui qu'ils ont transperçé, le Sacré-Coeur des origines à Claire Ferchaud. (Résiac, Montsûrs, 1989).
Et concernant les apparitions du Christ et de la Madone lors de la bataille de la Marne, nous avons consulté trois revues: le numéro 92 de Février 2007 de L'Appel de Douaumont (13, rue du Roi Albert 1er, 44000 Nantes), le numéro 93 du bulletin Introibo de l'Association Noel Pinot à Angers et le numéro 99 de Chrétiens Magazine: www.chretiens-magazines.net et http://pagesperso-orange.fr/apparitions
b) le Grand Monarque:
MORIN (Michel): Le Grand Monarque selon les prophéties. (sd, Paris, 2007) Achat sur www.amazon.fr
LA FRANQUERIE (Marquis de): Le Saint Pape et le Grand Monarque. (Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil, 1974).
LESTRANGE (Aymon de) et WARREN (Raoul de): Les Prétendants au Trône de France. (L'Herne, coll. "Mémoriales", Paris, 1990).
VAQUIE (Jean): Bénédictions et malédictions. (Dominique Martin Morin, La Bouère, 1987) Achat sur www.livres-chapitres.com
c) L'anticléricalisme de la IIIè République:
Voici quelques livres que nous avons consultés:
PREVOST (Philippe): Un centenaire trompeur. (Editions de Paris, Versailles, 2005).
REMOND (René): L'Anticléricalisme en France. (Fayard, Paris, 2002).
SEVILLA (Jean): Quand les Catholiques étaient Hors-la-Loi. (Perrin, Paris, 2005).
D'autres sources intéressantes:
DIXMIN (Michel): La République et l'Eglise. (La Martinière, Paris, 2005).
LALOUETTE (Jacqueline): La République anticléricale. (Seuil, Paris, 2002).
SORREL (Christian): La République contre les Congrégations. (Editions du Cerf, Paris, 2003).
16:19 Publié dans Enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 26 janvier 2008
Un messie nommé Henry Dunant
Le 25 Janvier 2008, Arté a rediffusé Henry Dunant, du Rouge sur la Croix, datant de 2005. Une fiction de qualité par sa réalisation et son interprétation magistrales, ayant le mérite de sortir d'un oubli injuste le fondateur de la Croix-Rouge. Mais notre enthousiasme retombe, lorsque nous avons fait un minimum d'enquête: le film réalisé de main de maitre par Dominique Othenin-Girard est une adaption libre (comme l'avait signalé la production avec honnêteté), autrement dit du roman historique. Où on note une accumulation d'approximation, d'omissions remplaçées par des inventions dont des personnages imaginaires. Ce qui est vraiment dommage.
C'est un jeune homme fougueux, à peine âgé de trente-trois ans, qui arrive aux environs de Solférino, le soir après la bataille, le 24 Juin 1859. Le spectacle qui s'offre à lui, est désolant. Des dizaines de milliers de blessés gémisent et agonisent au milieu des cadavres (38 000 blessés et défunts). Les secours, mal organisés, sont débordés. Les troupes franco-piémontaises soignent parfois que leurs blessés, quand l'intendance suit, et pas ceux de l'ennemi autrichien. Et vice-versa.
Le jeune homme, qui n'est autre qu'Henry Dunant, est indigné. Ce fervent chrétien, attiré par le mysticisme, se sent investi d'une mission par Dieu: Organiser et rendre viable une association neutre et internationale de secours mutuel aux démunis, aux blessés et aux malades. Il vient d'imaginer la première Organisation Non Gouvernementale (O.N.G): la Croix-Rouge. C'est pourquoi, il se lançe dans ce que nous nommons l'humanitaire. Ce n'est pas en son nom, mais en celui de Jésus-Christ qu'il considère comme son maitre et son modèle. C'est pourquoi, selon la légende (une des scènes les plus intenses du film), il prit un linge ou un linceul blanc où il y traça une croix rouge du sang issu d'une plaie béante d'un moribond.
Ce projet va devenir une réalité et recevoir l'enthousiasme. Pourquoi ? Comment ?
1) Une célébrité à Genève:
Ce n'est pas la fondation de la Croix-Rouge qui va rendre Dunant célèbre à Genève: on peut dire qu'il fut illustre dès sa naissance ! Il naquit le 8 Mai 1828 dans une famille de notables calvinistes respectés par ces engaments sociaux: son père Jean-Jacques Dunant est commerçant et surtout membre du "Conseil Représentatif" (ancêtre du Conseil Municipal) de Genève. Sa charge lui permet de se préoccuper du sort des orphelins et des repris de justice.
Sa mère, Antoinette Dunant-Colladon est une dame patronesse, elle est à la tête d'oeuvres apportant du réconfort aux pauvres et aux malades. Elle est la famille d'Henri Colladon, qui fut directeur d'hôpital et maire de la commune d'Avully. Elle est la soeur du physicien Jean-Daniel Colladon (1802-1893): www.aldh.org/Refug/GE_refug/43.htm et http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Daniel_Colladon Elle est issue d'une famille de huguenots qui se réfugièrent à Genève en 1550.
Henry, ses deux frères et ses deux soeurs, ne purent qu'être influençés par l'exemple que leur montrait leurs parents: il faut qu'ils investissent dans des causes justes et charitables. C'est pourquoi, il s'engage à l'âge de dix-huit ans dans une Société pour les donations d'aumônes. Il puise des références dans la Bible: il suit assidument les prêches du Pasteur Gaussen au sein d'une église évangélique, la Chapelle de l'Oratoire. On le voit lire régulièrement des versets de la Bible.
Il est très influençé par un mouvement prosélyte alors présent à Genève et dans d'autres régions francophones: Le Réveil. A l'âge de dix-neuf ans, il organise avec des amis: La Réunion du Jeudi, où des jeunes se réunissent pour méditer les Ecritures Saintes et afin de soutenir des personnes en difficulté ou malades. Ce sont les prémices de l'Union de Genève dont il sera le trésorier avant de devenir le secrétaire international.
Le 30 Novembre 1852, il crée un autre groupe qui deviendra une organisation internationale, trois ans plus tard (date de naissance officielle à Paris): la Young Men's Christian Association (Y.M.C.A), dont il sera amener à rédiger la Charte. Les soldats français, qui convoitaient les jeunes filles sérieuses membres de cette organisation, traduisaient les initiales Y.M.C.A avec ironie par "Y'a Moyen de Coucher Avec".
Chrétien fervent, mais élève médiocre, Dunant quitte prématurément le Collège Calvin et débute en 1849 une formation de trois ans chez les banquiers Lullin et Sautter. Ce qui l'amène ensuite à devenir employé de banque tout en continuant ces engagements charitables.
En 1853, La Compagnie Genevoise des Colonies Suisses l'envoie inspecter le Mahgreb. Le gouvernement français vient d'octroyer une concession à Sétif à cette compagnie. Malgré peu de résultats, Henry Dunant conduit les affaires des décideurs hélvêtes avec réussite. Ces pérégrinations le poussent à écrire un livre: Notice sur la Régence de Tunis, qui lui permet d'entrer dans plusieurs sociétés savantes.
Trois ans plus tard, en 1856, il fonde une société coloniale grâce à l'obtention d'une autre concession en Algérie. Et il en 1858, il crée La Société Financière et Industrielle des Moulins de Mons-Djémila à Saint-Arnaud, aujourd'hui El Eluma. Il ne parvient pas à obtenir l'autorisation d'exploitation d'une chute d'eau pour faire fonctionner ces moulins. C'est pourquoi, il opte pour la nationalité française, espérant ainsi avoir gain de cause. Il décide de rencontrer Napoléon III, c'est ainsi qu'il se retrouve à proximité de la bataille de Solférino.
Au début de l'année 1860, il tente en vain d'améliorer sa situation financière en Algérie. Mais la création de la Croix-Rouge va le contraindre à se désintéresser de l'Algérie, il le payera cher plus tard.
2) La Croix-Rouge devient une réalité :
En 1860, afin d'alerter l'Opinion sur les horreurs de la bataille de Solférino et sur la nécessité de créer une organisation non gouvernementale de secours aux blessés, il décrit l'agonie et le manque d'hygiène dans une série d'articles. La comtesse de Gasparin se charge de faire publier anonyment ces articles dans Le Journal de Genève. A son retour à Genève, il rédige son manifeste: Un souvenir de Solférino. Outre la description des horreurs et des souffrances, dont il fut témoin, il expose, pour la première fois, son désir de créer ce qui deviendra La Croix-Rouge. Mais aussi d'autres souhaits:
-un millitaire blessé ne peut plus combattre, donc il ne plus être considéré comme un ennemi à abbatre. Et par conséquent, il devient un être humain ayant besoin d'aide. Ces adversaires doivent lui porter secours avec humanité.
-les personnels soignants (médecins, infirmiers, secouristes) pourront exercer sans risquer d'être capturés. Ils ne pourront abandonner leurs blessés si l'ennemi arrive.
En septembre 1862, il fait éditer son livre à ses frais chez l'imprimeur genevois Fick et envoie les 1600 exemplaires à toutes les personnalités politiques ou morales de toute l'Europe, susceptibles de le soutenir. Il part donner des conférences dans l'ensemble du Vieux-Continent. Où il reçoit partout un accueil enthousiaste, à l'exeption notable de deux personnalités: le ministre français de la Guerre, Jacques-Louis Randon, qui estime que le livre est une propagande hostile à la France (!?). Et Florence Nightingale,très critique, car elle pense que les sociétés de secours doivent être diriger par les gouvernements.
Une hostilité inattendue de sa part, puisqu'il faut rappeler qui fut Florence Nigthtingale (12 Mai 1820, 13 Août 1910): petite-fille de l'abolitionniste William Smith. En 1837, cette anglaise estima avoir reçu un appel divin lui enjoignant de se consacrer au métier d'infirmières. Elle devait créer la première école d'infirmières et elle eut les mêmes réactions que Dunant, mais ce fut pendant la Guerre de Crimée. Elle se battit pour l'amélioration de l'hygiène dans les hôpitaux et les dispensaires.
Elle était aussi célèbre comme une mathématicienne chevronnée: ces études sur la statistique firent longtemps autorité. Elle fut une pionnère dans la présentation visuelle de l'information par l'utilisation de diagrammes, ancêtres du I.R.M. Elle fut l'une des premières féministes dans la société puritaine du règne de Victoria. Son amour adultère avec le Secrétaire d'état britannique à la Guerre, Sidney Herbert, défraya la chronique.
Florence Nightingale: http://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Nightingale
Le livre de Dunant connait un véritable triomphe: en 1863, le manifeste est traduit en anglais, en allemand, en italien et en suédois.
Mais Henry Dunant savait qu'il pouvait compter sur des notables genevois: l'un d'entre eux, le juriste Gustave Moynier (21 Septembre 1826-13 Août 1910), fit de son livre et des idées de Dunant le thême de l'assemblée du 9 Février 1863 de sa Société d'Utilité Publique Genevoise. Les propositions sont examinées et jugées réalisables par les membres de cette oeuvre. Dunant est nommé membre d'une commission pour concrétiser la Croix-Rouge.
Autres membres de ce premier comité, outre Moynier, deux médecins appréciés pour leur philantropie: Louis Appia et Théodore Maunoir. Mais ce n'est pas un protestant charitable qui prend la tête le 17 Février 1863 (naissance officielle de la Croix-Rouge), mais une personnalité du Catholicisme hélvête: le général Guillaume-Henri Dufour, qui jadis mena la Guerre du Sonderbund (chouannerie suisse): http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonderbund et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Sonderbund
Guillaume-Henri Dufour: http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume-Henri_Dufour
A quelques reprises, il se dispute avec Moynier au sujet de la neutralité de leur fondation: le juriste est un pragmatique, il souhaite de plaçer le personnel des lazarets où seraient soignés les blessés sous le principe de neutralié. La notoriété de Dunant est très vite considérable: il est invité à participé au Congrès Statistique International, qui a lieu à Berlin du 6 au 12 Septembre 1863. Là, il discutent avec le médécin millitaire Jan Hendrik Christiaan Basting, qui avait traduit son livre en néerlandais. Il lui demande de faire distribuer aux congressistes, un mémoire et une invitation du Comité de la Croix-Rouge, afin qu'ils se joignent à une conférence internationale. Dans le mémoire, on peut lire l'idée de neutralité des secours, écrite par Dunant et Basting sans que les membres du Comité aient été consultés au préalable. Moynier est indigné.
Après le congrès, Dunant est reçu en audience à Dresde par le Roi Jean de Saxe. Celui-ci l'encourage et le félicite en ces termes: " Je ferai ce qui est en mon pouvoir, car un peule qui ne s'associerait pas sûrement à ces efforts philantropiques devrait s'en expliquer à l'opinion publique de l'Europe".
Du 26 au 29 Octobre 1863 a lieu une première Conférence à Genève, les représentants de quatorze pays se retrouvent pour discuter de l'améliration de l'aide aux blessés. Dunant a perdu de sa superbe, Moynier l'a contraint à n'être que le rédacteur du procès-verbal, le bilan des discussions lors de cette conférence. C'est au cours de celle-ci que l'emblême de la Croix-Rouge est choisi, la référence au Christianisme est explicite. La conséquence est que lorsque le Comité voudra s'établir dans les pays musulmans, on devra parler de Croissant Rouge, le croissant est le symbole de l'Islam.
Une deuxième conférence, à l'invitation du Conseil Fédéral Suisse, a lieu du 8 au 22 Août 1864. C'est le dernier jour, que douze états signent le première convention de Genève et la pérennisation de la Croix-Rouge. Ainsi la Croix-Rouge est devenue une réalité. Mais lors de cette deuxième réunion, Dunant fut réduit à un rôle ancillaire: celui d'accueillir les hôtes et de veiller à leurs conforts. Toutefois, il continuera à être médiatiser et à recevoir des honneurs et des invitations. Au Printemps 1865, Napoléon III lui remet les insignes de la Légion d'Honneur, le Roi Victor-Emmanuel II d'Italie lui avait remis en 1860 la médaille de l'Ordre de saint Maurice et Saint Lazare ainsi qu'à Louis Appia.
En Mai 1865, l'empereur français lui promet que ces entreprises en Algérie seront plaçés sous protection françaises. En 1866, l'épouse du Kaiser Guillaume 1er, l'Impératrice Augusta le convie aux fêtes commémorant la victoire prussienne sur les troupes autrichiennes à Sadowa. Henry Dunant a la joie de constater que le drapeau blanc à la croix-rouge flotte aux côtés du drapeau prussien pendant la parade des armées victorieuses.
3) Des nouveaux combats:
Henry Dunant est victime d'une série de catastrophes en Algérie: révoltes, épidémies, séismes, sécheresses et un hiver rigoureux. A cause aussi du fait qu'il a négligé ses affaires là-bas au profit de la réalisation de la Croix-Rouge, sa situation financière le contraint de se déclarer en faillite. En Avril 1867, la banque qui le soutenait, le Crédit Genevois, est dissoute. Ce qui suscite un énorme scandale: le 17 Août, il est condamné pour faillite frauduleuse par le tribunal de commerce de Genève. Moynier le pousse à démissionner de son poste de secrétaire du Comité, qu'il l'exclut complètement le 8 Septembre.
Alors que sa mère meurt le 2 Février 1864, il est aussi exclu de la YMCA. Il ne reçoit pas l'aide financière envoyée par ces soutiens issus de divers pays comme le somme allouée à la médaille des Sciences Morales décernée par la direction de l'Exposition Universelle de Paris. l'aide et la somme furent récupérées par le comité. Henry Dunant ne recevra pas plus la médaile d'or. L'offre de Napoléon III de prendre en charge la moitié des dettes de Dunant, si ces amis acceptent de payer le reste, échoue. La rumeur accuse sans la moindre preuve Moynier d'être responsable de ces détournements. Moynier a succédé au Général Dufour à la tête de la direction du Comité en 1864.
Quoiqu'il en soit, Henry Dunant est ruiné et est contraint de quitter la Suisse pour s'installer à Paris dans la précarité. Toutefois, il reste actif: pendant la Guerre Franco-Prussienne de 1870, il fonde La Société d'Assistance Générale et ensuite L'Alliance Générale pour l'Ordre et la Civilisation. Les objectifs de cette alliance étaient la diminution du nombre de conflits armés et de l'oppression par la formation des citoyens à la Morale Chrétienne: courtoisie et entraide. Il crée aussi l'Alliance Pour la Protection des Travailleurs dont le but est la lutte contre l'exploitation des ouvriers par des patrons sans scrupules et aussi pour contrecarrer l'ampleur de L'Association Internationale des Travailleurs créée à Londres en 1864, d'inspiration athée, maçonnique et suscitant le Communisme. Henry Dunant est un Contre-Révolutionnaire.
Durant le recrutement des membres de son Alliance Générale pour l'Ordre et pour la Civilisation (la plupart se réclamant du Catholicisme Social proclamé par le Pape Léon XIII et incarné en France par Albert de Mun et des aristocrates et des patrons sociaux, tous royalistes, futurs Zouaves Pontificaux et descendants de Chouans), il exigera des négociations sur le désarmement et l'installation d'un tribunal pénal international chargé de gérer les conflits entre les états afin de les régler pacifiquement.
Pendant le premier congrès de l'Alliance en 1872 à Paris, un article de Dunant datant de 1867 est lu: il concerne le traitement des prisonniers de guerre. Les propositions sont adoptés avec enthousiasme par les participants. Dunant s'en va prêcher la bonne parole en Angleterre: le 6 Août à Londres et le 11 Septembre à Plymouth, où il fait un malaise dû au surmenage et aux privations. Il parlait devant La Social Science Association dont les objectifs sont similaires à ceux de l'Alliance Générale pour l'Ordre et la Civilisation.
Il retrouve la notoriété et l'engouement de l'opinion publique européene. Napoléon III l'assure de nouveau de son soutien, avant de mourir le 9 Février 1873. En Février 1874, il est nommé secrétaire international de La Société pour l'Amélioration des Conditions des Prisonniers de Guerre lors du premier congrès de cette fondation créée à Paris en 1873. Les responsables de cette oeuvre chargent Dunant de concevoir une conférence diplomatique à Paris, qui aura lieu en Mai 1874. Le Tsar Alexandre II l'invite à participer à une conférence millitaire donnée à Bruxelles en Juillet et Août 1874. Où il exposera ces vues sur le sort des prisonniers de guerre: il ne parvint pas à conavincre les autres participants. Il ressort déçu.
Toutefois, il continuer à recruter pour L'Allaince Générale pour l'Ordre et la Civilisation. C'est alors qu'il s'engage par des écrits et des discours pour l'abolition de l'Esclavage aux Etats-Unis; qu'il lançe l'idée de fonder une bibliothêque mondiale avec l'Italien Max Gracia afin de poulariser les livres des grands auteurs auteurs classiques. Il milite aussi pour l'établissement de populations chrétiennes et israélites en Palestine: il peut être considérer comme un pionnier de la création de l'Etat d'Israel. Mais avec beaucoup de naiveté, il croyait que les trois communautés du Livre pouvaient vivrent ensemble en toute quiétude.
4) La Fin de Dunant:
Il s'est lançait dans des projets parfois chimériques. Il ne s'est jamais enrichis, au contraire il est souvent au bord de l'indigence entre Stuttgart, Rome, Corfou, Bâle et Karlsruhe dans les années 1874-1886. Il s'endettent, son entourage le délaisse: le comité international de la cRoix-Rouge semble l'avoir complètement oublié même si les comités d'Autriche, de Hollande, de Suède, de Prusse et d'Espagne l'ont nommé membre honoraire.
Quelques âmes généreuses s'émeuvent de ces difficultés finançières et ils parviennent à lui éviter de sombrer. Ces anges gardiens sont le banquier américain Charles Bowles, l'homme d'affaires alsacien Jean-Jacques Boucart et Max Gracia. Sa bonne fée est Léonie Kastner-Boursault. Elle est interprêtée par Noémie Kocher dans le film d'Othenin-Girard où elle est présentée comme la belle-soeur d'Henry Dunant: ce qui est faux en réalité. Elle était la veuve du compositeur Jean-Georges Kastner. Elle demanda à Dunant de commercialiser le Pyrophon, un instrument de musique conçu par son fils Friedrich Eugen Kastner. Il part en voyage avec Léonie en Italie en 1875.
A Stuttgart, il se lie d'amitié avec un certain Rudolf Muller. Avec lequel et d'autres amis, il découvre la ville de Heiden où il se retire complètement dans des pensées mystiques et des visions prophétiques. Mais il va se lier d'amitié avec un couple, Wilhem et Susanna Sonderegger. Ceux-ci vont encourager Dunant à se resaisir: il va publier ces mémoires et fonder le 27 Février 1890, une section de la Croix-Rouge à Heiden. Il devient le président d'honneur de cette section.
En 1895, Georg Baumberger, le rédacteur en chef du Journal Die Ostschweiz de Saint-Gall écrit un entretien qu'il eut avec Dunant et qui sera publier dans la revue allemande Sur terre et mer et diffuser dans toute l'Europe. Une dernière fois, Dunant retrouve la notoriété même si le comité international évite de renouer avec lui. Il reçoit le prix Binet-Fendt du Conseil Fédéral Hélvétique et la bénédiction du Pape Léon XIII. Sa situation finançière s'améliore, grâçe à des dons qu'il reçoit de partout et à une rente mensuelle versée par la Tsarine Maria Fedorovna .
En 1897, Rudolf Muller publie L'Histoire de la naissance de la Croix-Rouge et de la Convention de Genève aux Editions Greiner & Pfeiffer, où Dunant est présenté comme le seul fondateur de la Croix-Rouge. En annexe est publié une nouvelle édition germanophone d' Un souvenir de Solférino. C'est à cette époque qu'il correspondit avec l'égérie du mouvement pacifiste: la Baronne Bertha von Suttner, après que celle lui est rendu visite dans sa retraite de Heiden. Elle devait recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1905:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertha_von_Suttner
http://nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1905/s...
www.horizons-et-debats.ch/21/21_12.htm
Il écrivit quelques articles publiés dans A la presse, le bulletin de liaison des pacifistes dirigé par Bertha et des extraits de manuscrits non-publiés comme Le Petit Arsenal contre la Guerre ou Le Petit Arsenal contre le Millitarisme. IL soutint énergiquement l'égalité des droits pour les femmes. Et il suggéra la fondation d'une fédération internationale d'infirmières intitulée La Croix-Verte, qui ne devait pas réaliser.
En 1899, il publia un essai Proposition à sa majesté l'Empereur Nicolas II publié la Revue Allemande. Ce fut son dernier écrit. Deux ans plus tard en 1901, il reçut le premier Prix Nobel de la Paix qu'il partagea avec le pacifiste et adepte du Libre-Echangisme, Frédéric Passy. Il meurt le 30 Octobre 1910 à Heiden.
Frédéric Passy: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Passy
Dans le film d'Othenin-Girard, les personnages incarnés par Emilie Dequenne et Jean-François Balmer sont fictifs. Le grand-père de Dunant, joué par Michel Galabru, est en réalité décédé en 1827, quelques mois avant la naissance de son illustre petit-fils. L'une de des plus belles scènes du film est aussi fictive: Dunant et ses adjoints arrivent à cheval sur le champ de bataille et tirent des charrettes de mourants tout en hissant des drapeaux blancs à la Croix-Rouge de sang. Devant cette arrivée surréaliste, la mitraille cesse et tous les soldats de chaque camp saluent la Croix. C'est beau, mais c'est faux. Mais c'est une belle allégorie pour montrer la Foi de Dunant.
Henry Dunant est tombé injustement dans l'oubli, malgré que son destin fut transposé à deux reprises à l'écran avant le téléfilm de Dominique Othenin-Girard: D'homme à hommes réalisée en 1948 par Christian-Jaque avec Jean-Louis Barrault dans le rôle de Dunant et un documentaire d'une durée de trente minutes: Henry Dunant (1828-1910) produit en 1998 par le Musée Henry Dunant.
En 1978, Dieter Forte monte une pièce appelée Jean Henry Dunant ou l'introduction de la Civilisation dont la première a eu lieu le 30 Mars 1978 au Théâtre National de Darmstadt. Les premiers livres sur Henry Duant après celui de Rudolf Muller furent: Le Voyageur, les visions d'Henry Dunant d'Evelyne Hasler; Dunant, le roman de la Croix-Rouge de Martin Gumpert paru en 1938; J.Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, auteur de la Convention de Genève par Willy Heudtlass et Walter Gruber, ce dernier livre publié en allemand est la biographie la plus populaire consacrée à Dunant, elle connut plusieurs éditions en 1962 et 1985.
5) Livres écrits par Henry Dunant:
Notice sur la Régence de Tunis, Genève, 1858.
L'Empire de Charlemagne rétabli ou le Saint-Empire romain reconstitué par Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, Genève, 1859.
Mémorandum au sujet de la société financière et industrielle des Moulins de Mons-Djemila en Algérie, Paris, vers 1859.
Un souvenir de Solférino, Genève, 1862.
L'Esclavage chez les musulmans et aux Etats-Unis d'Amérique, Genève, 1863.
La Charité sur les champs de bataille, Genève, 1864.
Les Prisonniers de Guerre, Paris, 1867.
Bibilothêque Internationale Universelle, Paris, 1867
SOURCES:
DESCOMBES (Henri): Henry Dunant. (R. Coeckelbunghs, Genève, 1988)
DURAND (Roger): Henry Dunant, du Rouge sur la Croix. Document pdf publié par la Société Henry Dunant de Genève, 2003. http://www.shd.ch/Sites/shd/doc/
MARKUS (Stefan): Henri Dunant, apôtre de la Croix-Rouge. (Les Deux Sirènes, Paris, 1948).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Dunant
15:40 Publié dans Enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 27 septembre 2007
Des Vendéens au Vatican, les Zouaves Pontificaux
Voici le texte d'une conférence prononcée à la mairie de Moutiers-les-Mauxfaits (Vendée) le Vendredi 7 Septembre 2007, sur le thême : "Des Vendéens au Vatican, les Zouaves Pontificaux", une épopée plus ou moins oubliée que j'invite à redécouvrir.
Beaucoup de gens sont amenés à rencontrer un notaire pour régler une succession après le décès d'un parent. Parfois le notaire leur apprend qu'il descende d'un zouave pontifical. Alors ils s'exclament: "Tiens, j'ignorais que j'avais eu un aieul qui avait été faire le pitre chez le Pape !!!" En réalité, les zouaves pontificaux n'étaient pas des comiques. Il s'agissait de volontaires venus de différents pays, afin de répondre présent à un appel au secours du Pape Pie IX en 1860.
Parmi eux, la majorité était constituée de Français, surtout originaires de l'Ouest de la France, des Vendéens ou des descendants de Chouans. Mais on trouvait aussi des Français d'Amérique, essentiellement Québécois ; des Belges qui furent les premiers volontaires ; des Suisses partisans du Sonderbund ; des Espagnols carlistes ; des Portugais miguélistes; des Anglo-Saxons (Américains, Irlandais, Anglais, Bavarois, Hollandais) ; des Slaves et des Sud-Américains. Bref une réunion d'Européens et de descendants d'Européens. Tous ont abandonnés femmes et enfants, études ou professions, leurs pays et parfois même leur continent: afin de témoigner de la même Foi, tous se réclamait de la Vendée de 1793, du combat pour la Liberté d'Expression, c'est-à-dire la Liberté de culte et de conscience.
Cette conférence sera en trois parties: 1) Pourquoi le Pape Pie IX a-t-il appelé au secours ?
2) L'Epopée des Zouaves Pontificaux.
3)Ce qu'ils sont devenus après cette épopée, et l'Italie ?
Illustrations: www.military-photos.com où vous pouvez contempler des photographies de Zouaves Pontificaux et des médailles commémorant les batailles de Castelfidardo et de Mentana, que devait leur remettre le Pape Pie IX.
http://www.zouavespontificaux.be/principale.htm (la Société Royale des Zouaves Pontificaux de Thuin, un groupe wallon de reconstitution).
1) Pourquoi le Pape Pie IX a-t-il appelé au secours ?
a) Les Origines:
Tout d'abord, il nous faut remonter loin dans le temps, c'est-à-dire en l'An 756. Cette année-là, Pépin le Bref obtient la création des Etats Pontificaux. Un double but: permettre au Pape d'exercer un pouvoir temporel délimité par des frontières territoriales et être ainsi indépendant de toute tutelle d'empires ; et permettre aux empereurs de régner sur leurs sujets sans que le Pape puisse s'ingérer dans leurs pouvoirs temporels.
IL a fallu attendre le règne de Charlemagne pour que ces états soient une réalité. Avec ces armées, le fils de Pépin rétablit sur le trône de saint Pierre, le pape Léon III chassé par les Lombards. Charlemagne s'engagea à envoyer des troupes franques afin de garantir l'existence, l'indépendance et la pérennité de ces états. Tous les sucesseurs de Charles appliquèrent ce serment, même quand les papes régnaient sur la Papauté d'Avignon au XIVème siècle. Ce qui a valu à Charlemagne d'être couronné "Empereur Romain d'Occident" à la Noel de l'An 800 par le Pape Léon. Celui-ci donna à la France, le surnom de "Fille ainée de l'Eglise".
Les Etats Pontificaux étaient cette bande de territoires au milieu de l'actuelle Italie, ils se composaient de cinq provinces appelées des Légations: au Nord, l'Ombrie et la Romagne ; au centre le Latium avec la capitale Rome ; et enfin au sud, les Marches - ce qui veut dire les frontières - et les Abruzzes.
b) Les Révolutionnaires:
C'est de la France que viendra le crépuscule de ces états en 1798: l'armée révolutionnaire commandée par les généraux Berthier et Championnet ravage l'Italie (massacres, éxécutions sommaires) suscitant une chouannerie dans le Royaume de Naples menée par Fra Diavolo. L'Armée révolutionnaire dépose le Pape Pie VI et proclame la République Romaine. Le Saint-Père est fait prisonnier, il est violenté, humilié. Les Révolutionnaires le traineront de prison en prison, de Sienne à Valence en France où il mourut d'épuisement en Août 1799.
Quelques années plus tard, son successeur Pie VII lui aussi sera fait prisonnier par les mêmes armées révolutionnaires devenues impériales, et jusqu'à Fontainebleau. Et il faudra attendre 1815 pour que le Souverain Pontife retrouve ses prérogatives et l'indépendance de ces états.
Mais les armées de la Révolution avaient unifié l'Italie et lors du Congrès de Vienne, la totalité des royaumes d'Italie étaient ressucités: au Nord, le Royaume du Piémont-Sardaigne avec la Savoie et la Ligurie inclues ; la Lombardie et la Vénétie incluant le Frioul étaient annexées à l'Autriche. Si le duché de Parme, redonné aux Bourbons-Parme et celui de Modène à la noble famille d'Este, étaient de nouveau indépendants. Ils étaient en fait assujettis à l'Autriche comme le duché de Toscane. Au centre, les Etats Pontificaux. Au Sud, le Royaume de Naples récupéré par la dynastie légitime: les Bourbons-Siciles.
Une majorité de Lombards et de Vénitiens vivent mal l'occupation autrichienne, ce qui suscite une solidarité de tous les italiens envers eux. Mais seule une minorité d'entre eux souhaite l'unification de l'Italie au détriment des Etats Pontificaux, une unification se réclamant de la Révolution Française et de la Terreur, elle est donc anticléricale. La majorité de ces nationalistes, qu'on nommera les Unitiaristes, sont originaires du Piémont . Où les monarques Charles-Albert, puis son fils et successeur Victor-Emmanuel, partagent les visées de ces minoritaires. Ceux-ci sont rassemblés au sein d'une société occulte, liée à La Franc-Maçonnerie, les Carbonari. Parmi eux Cavour, le futur Napoléon III. Ils ont le soutien d'Otto von Bismarck, qui se fera connaitre par une politique foncièrement hostile envers les Catholiques allemands, le Kulturkampf.
Les Rois du Piémont désiraient l'Unification à leur profit: devenir Roi d'Italie. La résurrection des autres états italiens et surtout ceux du Pape, était un obstacle à leur ambition. La lutte contre l'Autriche était un prétexte, afin de se rallier les Italiens solidaires des Lombards et des Vénitiens occupés. Et l'Autriche était une grande puissance catholique. C'est pourquoi, Napoléon III, carbonaro, fera la guerre à l'Autriche et ces armées battront les Impériaux à Solférino.
Car le XIXème siècle restera une période d'instabilité, la conséquence de la Révolution Française et de l'Empire. A la chute de Napoléon, l'Europe ne retrouvera pas un équilibre pérenne: émeutes et révolutions se succèdent dans de nombreux pays occidentaux: 1821, 1829, 1830, 1832, 1848, 1849, 1860, 1870. Et ce siècle se terminera dans le chaos de la Première Guerre Mondiale.
Les Carbonari ne sont pas parvenus à convaincre l'opinion publique italienne d'une manière pacifique par des campagnes de presse ou par les oeuvres du compositeur nationaliste Guiseppe Verdi. L'opinion garde un souvenir effroyable des armées révolutionnaires. Alors ils vont choisir la force, préssés de parvenir à leur but au plus tôt: attentas, assassinats... Voici quelques exemples: 1831, émeutes réprimées à Bologne, Ferrare, Rome et Ancône; 15 Novembre 1848, assassinat de Pélégrino Rossi, ministre du Pape Pie IX; assasinat en 1854 du duc régnant de Parme, Charles III (né en 1823). Celui-ci était le beau-frère du Roi de France Henri V (1820-1883), "le Comte de Chambord" qui ne régna pas, et le grand-père de Zita de Bourbon-Parme (1892-1989), la dernière Impératrice de l'Autriche-Hongrie.
c) Un résistant:
Face aux Carbonari, le rempart de la Chrétienté fut le Pape Pie IX.
Illustration: www.papapionono.it site en italien.
Né Giovanni Maria Mastai Ferreti en 1792 dans une famille Noble habitant Senigallia, entre Ancône et Rimini, en plein coeur des Etats Pontificaux. Une commune qui deviendra une station balnéaire au XXème siècle. Enfant puis adolescent, il fut le témoin impuissant des exactions des armées révolutionnaires. Ordonné prêtre en 1819, évêque d'Imola en 1827. Il fut apprécié pour être un clerc à la fois pieux et chaleureux, savant et proche du Peuple. Il est élu pape le 18 Juin 1846 à 23 heures 45. Il prit le nom de Pie IX. Son élection laissa présager que le nouveau pontife serait un souverain libéral et favorable à l'Unification.
Il en fut rien. Il refusa de déclarer la guerre à l'Autriche, même s'il stigmatisait l'Occupation Autrichienne. Son raisonnement peut sembler logique: il n'allait pas déclarer la guerre à une puissance catholique, en s'alliant aux Unitiaristes qui désiraient la disparition de ces états. Une logique que ne voulurent pas comprendre les Unitiaristes. D'autre part en 1856, l'Empereur François-Joseph fera des démarches pour signer un concordat avec le Pape Pie IX. Pour la plus grande joie de celui-ci, François-Joseph renonçait au "Joséphisme", une politique de soumission de l'Eglise à l'Etat et qui avait suscitée des troubles dans tout l'Empire Austro-Hongrois dès 1780 et la fermeture de couvents.
Tout au long de son pontificat, le plus long de toute l'Histoire (32 ans) depuis celui de saint Pierre (35 ans), il se fit l'apôtre de la Contre-Révolution en publiant des brefs, des lettres apostoliques ou encore des encycliques. Ainsi il rappelait la doctrine sociale et morale de l'Eglise face aux idées nouvelles. Ce qui déplut même au sein de l'Episcopat. Ces adversaires le taxeront d'intransigeance, et d'être un souverain réactionnaire, alors qu'il n'était que conservateur: comme l'actuel Pape Benoit XVI, il estimait que ce n'était pas à l'Eglise à s'adapter à la Société, mais à la Société à s'adapter à l'Eglise. Tous ces successeurs garderont ces positions:
-Dénonciation du Communisme, alors naissant, dès 1846.
-Dénonciation dans le Syllabus et dans l'encyclique Quanta Cura du Libéralisme, du Modernisme, et du Capitalisme jugé anti-social en 1864. Il soutint la publication du livre Le Libéralisme est un péché d'un jésuite espagnol.
Ce Pape estimait que la doctrine qui veut séparer l'Eglise de l'Etat est erronée: l'Etat ne bénéficie pas de droits sans limites et l'Eglise possède des droits propres. Ceux-ci ne pouvant pas dépendre de l'autorité civile. Celle-ci doit se conforter au Droit Naturel dans le gouvernement et l'élaboration des Lois.
Voici d'autres preuves de la Résistance du Souverain Pontife aux Carbonari:
-la signature de concordats permettant de garantir les droits de l'Eglise (liberté de culte et d'enseignement) entre le Saint-Siège et la Toscane, l'Espagne et la Bolivie en 1851, et avec le Guatemala et le Costa-Rica en 1852 après celui avec la Sainte Russie en 1846.
-le rétablissement de la hiérarchie épiscopale catholique dans des pays protestants où jusque là cette hiérarchie était interdite depuis la Renaissance: en Angleterre en 1850, en Hollande en 1853 et enfin en Ecosse en 1873. Désormais les catholiques auront les mêmes droits civiles que leurs compatriotes réformés dans ces pays: ce qui va susciter, une conversion en masse de plusieurs milliers d'intellectuels en Angleterre entre 1845 et 1850: le Mouvement d'Oxford. Les conversions les plus retentissantes sont celles de deux théologiens anglicans, les cardinaux John Henry Newman (1801-1890) en 1845 et Henry Edward Manning (1808-1892) en 1850.
illustration: Le Cardinal Newman: www.jhnewman-france.org/cardinal/index.htm
-la promotion de l'Action Catholique et du Catholicisme Social, dont le chef de file en France était Albert de Mun (1841-1914): l'engagement des laics catholiques dans leur foyer et leur paroisse, mais surtout sur leur lieu de travail en prenant la défense des Ouvriers et les droits de ceux-ci. C'est l'origine de la JAC, de la JEC, de la JOC, c'est l'apparition des prêtres ouvriers, d'oeuvres de bienfaisance, des mutuelles et des patronages.
-la main tendue aux Chrétiens d'Orient, ce qui devait amener le rétablissement des relations diplomatiques avec l'Empire Ottoman et du Patriarcat de Jérusalem disparu depuis 1291 avec la nomination de Monseigneur Valera comme patriarche; la protection des minorités chrétiennes quelque soit leur rite et celle des Lieux Saints, grâce à la signature d'un firman avec le Sultan répartissant la garde des Lieux Saints entre les Grecs, les Arméniens et les Latins. Par conséquent ,les différentes communautés vont s'entraider à la suite de la proclamation de l'encyclique In Supremi Petri du 6 Janvier 1848 et de la fondation de l'Oeuvre d'Orient: le soutien financier des Chrétiens Français à ceux d'Orient, une oeuvre qui existe toujours: www.oeuvre-orient.fr. Le nombre des Catholiques Latins passe de 4000 à 40000 en quelques décennies.
-la modernisation et la démocratisation des Etats Pontificaux dès le début de son pontificat par la proclamation de l'amnistie pour les détenus politiques, le décret du 15 Mars 1847 édictant la Liberté de la Presse à condition que les écrits ne soient pas hostiles à l'Eglise et qu'ils n'appellent pas au meutre, la création d'une revue philosophique et scientifique Civilta Catholica pour réfuter les idées nouvelles et ensuite celle de l'Observatore Romano, les créations d'un conseil des Ministres (12 Juin 1847) et d'une garde civique (5 Juillet 1847) composée de citoyens de 21 à 60 ans. Pendant tout son pontificat jusqu'en 1870, le Pape Pie IX appellera au gouvernement de l'Eglise des Laics, dont certains étaient mariés.
Le Pape va édifier le chemin de fer pour relier toute l'Italie, afin de parvenir à son but: la réalisation d'une confédération d'Etats Italiens et donc le maintien de ces Etas Pontificaux. Une oipinion, le "Néo-Guelfisme", qui était largement partagée avec la majorité des Italiens. Devant ces mesures prises par le Saint-Père pour la survivance de ces états, les Libéraux et les Révolutionnaires considéraient ces réformes comme les prémices de bouleversements radicaux espérés par eux, mais que Sa Sainteté ne voulait absolument pas. Les révolutionnaires osèrent faire pression sur lui en faisant défiler des foules manipulées au Vatican.
Pendant ce temps-là les autres Unitiaristes ne sont pas restés inactifs contre la Papauté et l'omnipotence de l'Eglise sur l'Occident, malgré la grande popularité que jouissait Pie IX: il faut souvenir d'une foule en délire le 16 Juillet 1846 acclamant l'amnistie des détenus politiques, un arc de triomphe en carton fut édifié. Le Poète Gabriele Rosseti rédigea une chanson vite populaire dont le refrain était: "Vive l'Italie, vive Pie IX, vive l'Union, vive la Liberté !" Rossini composa un Hymne populaire à Pie IX. De nombreux enfants furent baptisés Pio ou Pia.
Voici les actions des Unitiaristes et de leurs partisans: le 1er Janvier 1848, le révolutionnaire Cicercucchia, à la tête d'une délégation de romains, veut forcer le Pape à se renier et à se radicaliser. Il se fait traiter de d'"insatiable" par le Secrétaire d'Etat Ghizzi. Le 3 Janvier 1848 éclatent des incidents opposants des Uniatiaristes aux troupes autrichiennes faisant plusieurs morts. Ainsi commence des émeutes fomentées par de petits groupes bien armés pour pousser Pie IX à la guerre contre l'Autriche et la mise en plaçe de gouvernements ayant des constitutions.
Parmi les manifestants, on constate plusieurs groupes: parmi les Unitiaristes, des partisans d'une République comme le Niçois Guiseppe Garibaldi, célèbre pour avoir participé à de nombreuses révolutions en Amérique Latine en luttant contre des régimes oppresseurs à ces yeux; ou d'autres sont favorables à un royaume d'Italie comme le Comte Cavour. Mais tous ceux désirant le départ des Autrichiens ne sont pas forcément des Unitiaristes: il y a les Nationaux partageant avec Pie IX la volonté de créer une confédération. Le 10 Février 1848, le Pape se dit prêt à des réformes pour le Bien Public, mais il condamne les agitateurs, autrement dit les Unitiaristes.
L'année 1848: le 12 Février, la chute de la Monarchie de Juillet en France et du gouvernement de Metternich en Autriche le 13 Mars. ce même mois, Venise et Milan connaissent des insurrection contre l'occpant autrichien, le Roi du Piémont déclare la guerre à l'Autriche. De tous les états italiens, des volontaires s'engagent dans les troupes piémontaises. Le Pape Pie IX demande à ceux de ces états de ne faire que la sécurité des frontières de ces mêmes états.
Le 15 Novembre 1848, son premier ministre Pellegrino Rosi est assassiné. sous la menace des révolutionnaires du Cercle Populaire de Rome, il est contraint de créer un gouvernement avec les Unitiaristes. Dans la nuit du 24 Novembre, le Pape parvient à s'enfuir de Rome et il se réfugie à Gaète dans le Royaume de Naples. Pendant ces 17 mois d'exil, il sera très proche du Roi Ferdinand II. Le 27 Novembre, il envoie une lettre aux romains où il justifie sa fuite pour garantir son indépendance. Il dénie toute légalité au pouvoir romain des Unitiaristes ayant proclamé la République. En riposte, il fonde une "commission gouvernementale provisoire" qui restera virtuelle.
La République Romaine est dirigée par un triumvirat. celui-ci va s'empresser, pendant ces 138 jours d'existence, de mener une politique révolutionnaire imitant la Révolution française, ce qui prouve une filiation: elle proclame "biens nationaux" tous les biens et propiétésde l'Eglise, des monastères sont profanés voire même détruits. Un grand nombre de prêtres et de religieux sont arrêtés, certains sont éxécutés comme le Cardinal de Angelis.
Dans les légations: pillages, arrestations arbitraires comme celle de la famille du Pape. Son Père a été maltraité, il culpabilise. Le souverain Pontife appelle à l'aide les Puisances Européennes. L'Assemblée Législative Française se déclare prête à envoyer des troupes pour rétablir le Pape sur son trône à Rome. Mais Louis-Napoléon Bonaparte ajourne l'envoi de ces troupes, avant de se raviser: le 22 Avril, les armées françaises du Général Oudinot font le trajet Marseille-Civita Vecchia. Elles seront renforcées par le corps expéditionnaire espagnol de 6000 hommes, conduit par le Général Fernando Fernandez de Cordoba.
La République Romaine résiste et recrute des volontaires dans toute l'Italie et le reste de l'Europe, dont 200 Polonais. Un combat entre les Français et les Unitiaristes tournent en faveur de ceux-ci. Louis-Napoléon Bonaparte envoie Ferdinand de Lesseps comme médiateur. Il s'empresse de signer un armistice, de reconnaitre la République Romaine comme état souverain et de l'assurer de la protection de la France. Un retournement brutal qui crée un malaise au moment où les Napolitains avaient déjà rendus au Pape le sud des Etats Pontificaux et que l'Autriche avait rétabli l'autorité du Saint-Siège dans les Légations de Bologne et d'Ancône.
Outré du comportement de Lesseps, Oudinot conteste l'armistice. Louis-Napoléon est obligé de rappeler Lesseps et de renier l'armistice, ce qui suscite un deuxième malaise. Il envoie Claude de Corcelle pour assister Oudinot. Les combats reprirent le 3 Juin. Le 30 Juin et le 2 Juillet, les Révolutionnaires Mazzini et Garibaldi quittent Rome: la République Romaine a vécu. le 3 Juillet avec ces troupes, Oudinot entre triomphalement dans Rome où l'autorité de Pie IX est rétablie. Le 15 Juillet, un Te Deum est chanté. Le surlendemain, le Pape adresse sa joie aux Romains. Et il nomme trois cardinaux, afin que ces derniers dirige une commission d'enquête sur les séides de la défunte République Romaine et condamne les coupables des assassinats de religieux et des profanations.
Le Pape remercia toutes les Puissances de lui avoir permis de retrouver le pouvoir sans toutefois insister sur le rôle de la France, en particulier d'Oudinot et du gouverneur Rostolan. Louis-Napoléon en prit ombrage et écrivit au colonel Ney, une lettre où il désirait que le Pape lui soit désormais soumis et règne d'une manière libérale, avec une sécularisation de l'administation pontificale. Le Souverain Pontife est indigné que le Prince-Président se permette de lui dicter sa conduite: troisième malaise.
Pie IX ne rentra à Rome qu'en Avril 1850.Ces partisans retardèrent son retour en raison de l'état de faillite où se trouvait la République Romaine. Celle-ci était parvenue à réduire voire ruinée l'économie des Etats Pontificaux à cause de l'émission intempestive d'assignats. C'est le Nonce à Paris, Monseigneur Formari, qui fut chargé de contacter les représentants de la Haute Finance. Rothschild accepta de renflouer les caisses des états du Pape, lui qui était déjà le banquier du Pape depuis 1831. L'argent de cette célébrité permit en plus de financer la revue Civilta Catholica. Pendant ce temps-là, quelques carbonari essayaient en vain de faire renaitre la République Romaine dans quelques cités. Le Pape revint et il continua sa politique d'endiguement des idées nouvelles en donnant les preuves que nous avons cité précédemment. En 1854, il promulgua le dogme de l'Immaculée Conception.
C'est pendant cette période là, que le Roi du Piémont, Charles-Albert abdiqua en faveur de son fils Victor-Emmanuel. Il entreprit une politique de laicisation à marche forcée en abolissant les privilèges du Clergé, en spoliant ces biens et en lui interdisant d'en acheter d'autres. Et il reprit la lutte armée contre l'Autriche avec succès, le pape n'arriva pas à lui faire changer d'avis malgré l'envoi d'émissaires. C'est pourquoi, les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Piémont furent rompus jusqu'en 1929 (Accords de Latran).
D'autre part le 28 Janvier 1859 était signé le traité d'allaince entre la France et le Piémont-Sardaigne. le 3 Mai, la France déclara la guerre à l'Autriche, malgré les exhortations à la paix de Pie IX. les Autrichiens furent écrasés à Montebello (le 2 Mai), à Palestro le (31 Mai) et à Magenta (le 4 Juin). Victor-Emmanuel et Napoléon III entrèrent en libérateur à Milan le 8 Juin, alors que Garibaldi et ces Chemises Rouges occupaient Côme, Bergame et Brescia: l'unification était en marche. Les Carbonari manoeuvrèrent une partie de la population des duchés de Parme, de Modène et de Toscane: Victor-Emmanuel proclama leur annexion au Royaume du Piémont-Sardaigne et il choisit Florence comme capitale provisoire. Les souverains de ces duchés furent contraints à l'exil. Et les Etats Pontificaux subirent les mêmes manoeuvres. Le Pape appela à l'aide de nouveau les Grandes Puissances, qui cette fois-ci ne bougèrent pas.
Alors que Garibaldi et ses troupes, "les Mille", financés par l'Angleterre, débarquent et ravagent en quelques jours Naples et ces alentours: c'en est fini du Royaume de Naples. Le Roi François II de Bourbon-Siciles s'enfuit à Rome. Que s'est-il passé ? Ce royaume était l'un des plus prospères de la Méditerranée et avait une marine imposante. Il s''est avéré qu'un grand nombre de responsable de son administration et de son gouvernement avaient été gagné aux idées nouvelles, certains avaient même été soudoyé.
Ce fut loin d'être le cas de la population locale, paysanne ou ouvrière: pendant près de vingt ans, ceux qui seront appelés les "Briganti", vont résister armes à la main (insurrection, guerilla, reconquête de villes) à l'envahisseur piémontais et surtout anticlérical. Ils se soulèvent pour Dieu et le Roi Bourbon comme jadis les Vendéens en France en 1793. Ils connaitront un sort simillaire: répression, massacres, le martyre. Parmi leurs chefs, un espagnol, le Carliste José Borjes et un français, le Comte Henri de Cathelineau.
illustrations: sites en italiens: http://www.brigantaggio.net/
http://www.libreriasangiorgio.it/briganti.htm
http://www.ilportaledelsud.org
Devant l'inaction civile des gouvernements, même ceux ouvertement catholiques comme l'Espagne ou le Portugal, la population majoritairement catholique de ces pays veulent se soulevern pour soutenir la Papauté: ce sont les futurs Zouaves pontificaux. En France, la population est encouragée par des Prélats combattifs comme le Cardinal Pie, traditionnaliste, ou Monseigneur Dupanloup, libéral. C'est une campagne de presse sans précédent ochestrée par un catholique militant: Louis Veuillot (1813-1883). Il se fait le héraut du Pouvoir Temporel du Pape dans son journal L'Univers. Pie IX dira de lui: " Il m'a mieux servi que certains de mes cardinaux!" . C'est aussi des pétitions et la collecte de fonds: c'est la création de l'Oeuvre de Saint Midul en Autriche et en Allemagne, et le Denier de Saint Pierre en Belgique et en France. Ces finances vont permettre l'entretien des Zouaves Pontificaux.
Ils sont recrutés par un prince wallon, Monseigneur Xavier de Mérode, afin d'organiser une véritable armée de défense des Etats Pontficaux. Mérode fit appel à un de ces cousins, un officier prestigieux et opposant farouche à Napoléon III, le Général de Lamoricière. L'Empereur est scandalisé de ce choix, lui qui avait fait emprisonné Lamoricière. Afin d'enquiquiner Napoléon, Pie IX confirme le choix de Mérode: il nomme Lamoricière commandant en chef des Troupes Pontificales.
Le Général adresse aux Zouaves, l'ordre du jour: " La Révolution comme autrefois l'Islamisme, menace aujourd'hui l'Europe, et aujourd'hui comme alors, la cause de la Papauté est la cause de la Civilisation et de la Liberté du Monde. Soldats ! Ayez la confiance et soyez certains que Dieu soutiendra votre courage et l'élèvera à la hauteur de la cause, dont il a confié la défense à nos armes ! "
illustrations: le Général de Lamoricière: http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:louis-de-lamoriciere.ipg
Louis Veuillot: http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Veuillot
2) L'Epopée des Zouaves Pontificaux.
Jusqu'à l'arrivée des Zouaves, les Troupes Pontificales étaient en nombre dérisoire: onze bataillons de 600 hommes, mal vétus, mal armés et ayant la réputation d'être indisciplinés et incompétents ! L'intendance était inexistante et les canons étaient obsolètes.
Les premiers Zouaves étaient des Belges, voici l'identité des quatre premiers: Jean Moeller, Albert de Robiano, Zénon de Résimont et Paul de Mouix. Les plus nombreux furent au début des Hollandais, avant d'être dépassé par les Français. Les pays avaient laissé la création de cabinets de recrutements appelés les "Comités de Saint-Pierre"; en France, c'était à Paris et à Marseille. Les Irlandais formaient "le Bataillon de Saint-Patrick", les Belges et les Français: "les Tirailleurs Franco-Belges", les Autrichiens: "les Bersaglieri". Les Franco-Belges étaient dirigés par le Vicomte Louis de Becdelièvre, capitaine de l'Armée Française, vétéran de la Campagne d'Afrique et de la Guerre de Crimée où il avait obtenu la Légion d'Honneur. Apparut un corps de cavaliers, qui se regroupèrent sous le nom des "Guides de Lamoricière", à leur tête un Capétien, le Comte de Bourbon-Chalus.
Mais les plus ardents, ce fut les Vendéens: Amélineau, Clénet, Daviet, pour citer quelques noms de familles paysannes et un grand nombre de leurs châtelains: Lambilly, Larocque-Latour, Sairigné, La Mardière, du Réau de la Gaignonnière, La Roche-Saint-André...Mais aussi des noms illustres des Guerres de Vendée: Bonchamp, Lescure, Sapinaud, Stofflet, Cathelineau et un grand nombre de membre d'une même famille bretonne: les Charette de la Contrie. Quelques noms de Lorrains qui s'installeront plus tard en Vendée: Sagot, Aymer de la Chevalerie, La Rochethulon. Ils formèrent "les Chevaliers de Saint-Pierre", ils étaient aussi appelés "les Croisés de Cathelineau" du nom du Comte Henri de Cathelineau (1813-1891), chef des "Briganti" et vétéran miguéliste, qui les commandait. Il était le petit-fils de Jacques Cathelineau (1759-1793), "le Saint de l'Anjou" qui fut le premier chef Vendéen.
Or parmi ces volontaires, tous n'étaient pas des millitaires de carrières. Lamoricière va parvenir à ce qu'ils deviennent des milliitaires aguerris. Et il y a urgence: les troupes piémontaises occupaient toujours les légations du Nord et marchaient sur Rome en assiégeant Ancône. Ils souhaitaient ralliés Garibaldi demeuré à Naples. Les Zouaves vont devoir combattre et c'est la bataille de Castelfidardo, le 18 Septembre 1860: les premiers Zouaves arrivés, 7 à 8000 hommes, tentèrent de barrer la route à plus de 60 000 piémontais. Malgré des prodiges d'héroismes, Lamoricière alla s'enfermer dans Ancône avec les débris de son armée et résista ensuite pendant onze jours de siège avec plus que 2000 hommes. Becdelièvre parvint à le secourir avec 6000 hommes. Mais le nombre de combattants divergent selon les sources.
Becdelièvre charge le Colonel de Pimodan de se diriger vers la rivière Masone. Avec ces troupes et des renforts de Becdelièvre et l'artillerie de Blumentsthie, il franchit le court d'eau à gué et prend la ferme de Crocette à mi-pente de la colline de Castelfidardo. Ils essayèrent de récupérer une deuxième ferme, mais Pimodan est tué comme plus de la moitié des volontaires franco-belges sous la mitraille et les bombes piémontaises. Athanase de Charette de la Contrie, blessé deux fois, parvient à franchir les lignes ennemies avec ces troupes, en se cachant dans des montagnes avant de regagner Rome. Castelfidardo est un échec, un désastre pour les Troupes Pontificales qui, contre toute attente, sont portés en triomphe: l'opinion publique les célèbre comme des modèles. Le Pape leur remet une décoration pour avoir été vaincu !!!
Les Zouaves Pontificaux non-italiens sont expulsés vers leur pays d'origine aux frais de l'Armée Piémontaise. Moins d'un mois après, ils reviennent avec des renforts venus de toute l'Europe et l'Amérique: un Chilien, un Péruvien, un Equatorien, deux Brésiliens et trois Américains dont deux Sudistes. Et même des Australiens et des Néo-Zélandais, un Turc, un Marocain et un Indien de l'Ile de Madras ! Selon certaines sources, le nombre - peut-être exagéré - des nouvelles recrues est de 70 000 hommes. Lamoricière, qui s'était bien douté que Castelfidardo ne pouvait être qu'un désastre, continua la lutte pour Dieu et le Pouvoir Temporel du Pape. Les volontaires franco-belges comme les "Croisés de Cathelineau" se battait aussi pour le rétablissement de la Royauté en France.
Avant l'arrivée des nouvelles recrues, Lamoricière constitua le 1er Janvier 1861 un nouveau bataillon de 600 hommes répartis en six compagnies, ils reçurent le nom de Zouaves Pontificaux, on ne parle plus de Volontaires, de Bataillon ou de Croisés. Le commandant en second est choisi, il s'agit d'Athanase de Charette. Outre d'être le petit-neveu du Héros Vendéen, il est l'arrière-petit-fils du Roi de France Charles X .
Il faut le répéter, tous étaient prêts à mourir pour le Pape, ils rêvaient même du martyre. Un témoignage parmi tant d'autres, celui du Zouave Breton, Joseph Rialan : "Je pars et je suis prêt à faire le sacrifice de ma vie pour la défense du Saint Père. Priez pour moi et demandez à Dieu que je sois martyr. " Son père notaire regrettait d'être trop vieux pour mourir avec lui ! D'autre part, les troupes françaises du Général Oudinot étaient sensées défendre l'intégrité des Etats Pontificaux et donc de suppléer les Zouaves. En réalité, elles déclarèrent forfait sur ordre de Napoléon III, elles ne purent qu'empêcher le plus possible les combats entre les Unitiaristes et les Zouaves. Les troupes françaises étaient au nombre de 100 000 hommes. La plupart des Etats Pontificaux étaient occupés par les Carbonari.
Nous connaissons les motivations des Zouaves Pontificaux Européens, on peut supposer qu'elles étaient identiques avec celles des Zouaves venus d'ailleurs, la majorité de ces derniers étaient des descendants d'Européens émigrés. Les motivations de ceux d'Europe sont les suivantes:
-Ce sont des Catholiques fervents, partisans d'une société devant être ouvertement chrétienne: le Pape a un pouvoir spirituel confondu avec son pouvoir temporel qu'Ils veulent défendre coute que coute. Le Pape étant le représentant de Dieu. Quand le Saint-Père parle, c'est Dieu qu'on entend.
-Ils sont les petits-fils ou petits-neveux de combattants pour la Liberté d'expression, c'est-à-dire la Liberté de Culte et de Conscience pour Dieu et pour le Roi. Des combattants martyrisés sous la Révolution ou l'Empire. La République a massacré leurs ancêtres, ils sont donc royalistes. Ils ont repris le flambeau, car les tenants des idées nouvelles ont repris les exactions de la Révolution et de l'Empire.
-Ils étaient tous légitimistes: ils vénéraient les Bourbons, dont le Roi de France en exil et qui ne devait pas régner: Henri V (1820-1883), le Comte de Chambord, qui est mort sans postérité. Le Pape Pie IX avait refusé qu'il se mette à la tête des Zouaves. Une dévotion qui s'étendait à tous les Bourbons, y compris aux souverains détrônés de Parme et de Naples. En 1905, un vétéran des Zouaves, devait écrire: "Chez nous, point de défaillance, soldat de Dieu, soldat du Roi (...) Dieu est avec nous et au Ciel Pie IX et Henri V prient pour nous."
-La plupart des Zouaves venaient de la Campagne, restée conservatrice. Leur Clergé était légitimiste et les harangait contre l'impie Napoléon III qui reniait les engagements de Charlemegne. Ils ont suivi de bonne grâce leur châtelains.
Illustration: Henri V: www.comtedechambord.fr
Si les Zouaves pontificaux furent les plus célèbres, il y avait d'autres corps de volontaires dans l'Armée Pontificale: une gendramerie, un bataillon de chasseur commandé par le Capitaine de Saintenacet une légion crée en 1866. Ces corps seront confondus avec les Zouaves. Ceux-ci prêtent serment de fidélité au Saint Siège à Saint-Jean de Latran le 3 Janvier 1861. Les officiers levèrent leurs épées et les soldats présentèrent les armes à l'instant où leur aumonier, l'Abbé Daniel, lu le texte de la prestation de serment.
Monseigneur Xavier de Mérode envisageait d'utiliser l'Armée Pontificale pour reconquérir une partie des territoires perdues: les troupes devaient y parvenir jusqu'en 1870. Mais la zizanie régna entre Mérode et Becdelièvre, chacun ayant sa propre stratégie, au moment où de la prise de la Corrèze et de la campagne vers la région de Sabine. Ordres et contre-ordres ne permettent pas de reconquérir les territoires perdues dès le mois de Janvier 1861: Becdelièvre et plusieurs de ces officiers, dont le Vendéen Lemonnier, démissionèrent et quittèrent l'Armée Pontificale. C'est un Suisse Romand, le Colonel Allet, qui succéda à Becdelièvre. Il maintient Charette comme second.
Mais l'Armée de Napoléon III les empéchèrent de combattre les Piémontais. Ils furent réduits à un rôle de police poursuivant des bandits de grands chemins, précurseurs de la Mafia. Le gouvernement Pontifical accusèrent les Piémontais de soutenir ces premiers maffiosi, à ne pas confondre avec les "Briganti". Il eut quelques combats avec les bandits. Les Zouaves étaient cantonnés au Sud de Rome, à Marino, une bourgade des monts albins, jusqu'en Décembre 1862. Certains Zouaves s'offusquèrent de combattre des bandits et non les Piémontais, d'autres au contraire ont pris goût à la vie aventureuse et celà dura jusqu'en 1864. Dans l'intervalle, le bataillon était réduit à 300 Hommes, beaucoup étaient repartis chez eux. Ceux qui étaient restés furent conviés à des fêtes.
Cependant, le 15 Septembre 1864, le ministre des Affaires Etrangères de Napoléon III signa à Paris avec le Marquis Vepoli (représentant le Roi d'Italie), un document retirant définitivement les troupes françaises d'Oudinot des Etats Pontificaux. Autremendit, l'Empereur abandonnait le Pouvoir Temporel du Pape au profit du Piémont. En contrepartie, Victor-Emmanuel prit des engagements pour ne pas violer l'intégrité des Etats du Pape. Mais tout le monde savait bien que ce monarque n'allait pas tenir ces engagements: il révait d'annexer Rome depuis des années. Le Pape Pie IX semblait se résigner, car le 10 Septembre 1865 Lamoricière meurt. Le Souverain Pontife est contraint de relever Mérode, malade, de ces fonctions. Mérode alla s'occuper de travaux d'urbanisme dans Rome.
Pie IX le remplaça par le Général Badois Kanzler nommé au titre de pro-ministre des Armées, qui réveille les Zouaves. Il les réorganise. Il faut réagir face à l'abandon de Napoléon III: les Zouaves, qui étaient repartis chez eux, reviennent au Vatican avec de nouvelles recrues. Contre toute attente et pour plaire à Eugénie, l'Empereur envoie une légion constituée de Catholiques de l'Est de la France: Alsaciens, Lorrains et Franc-Comtois seront intégrés à la Légion Romaine par Kanzler. Mais Napoléon III empécha que cette légion puisse recruter plus de mille volontaires.
De plus, il obligea les Légionnaires et les Zouaves de lui payer une taxe de 665 Francs, sinon ces millitaires se voyaient retirer leur nationalité française, en plus d'être contraint de payer un passeport. Le Pouvoir Fédéral Suisse fit aussi subir des contraintes aux Zouaves Helvêtes par crainte de représailles des Piémontais contre ses ressortissants dispersés dans toute la péninsule. Il faut dire aussi que le Gouvernement Suisse était à l'époque hostile au Catholicisme romain: en 1847, les catholiques, regroupés dans la "Ligue du Sonderbund", surtout ceux de la Romandie, s'étaient soulevés contre Bern et sa politique anti-catholique. C'est la Guerre du Sonderbund. Et beaucoup des Zouaves Suisses ont fait parti de la Ligue.
Illustration: Sonderbund: http://fr.wikipedia.org/wiki/sonderbund
En Février 1867, Giuseppe Garibaldi, qui jadis avait voulu aider Pie IX quand il se faisait l'apôtre du Néo-Guelfisme avant de passer dans le camps Piémontais à cause de sa Haine envers l'Autriche, prépara l'annexion des Etats Pontificaux. IL proclamait qu' il était grand temps de " faire crouler la baraque pontificale". Il ira jusqu'à traiter le Pape de " mêtre cube de fumier" !!! Il recruta des volontaires de dvers pays, dont des repris de justice, et il réengaga ces fameux Chemises Rouges. Au Congrès de la Paix à Genève, le 9 Septembre 1867, il choqua l'auditoire par sa diatribe anticléricale. de retour en Italie, Garibaldi et ses troupes fonçèrent sur les Etats Pontificaux, quand ils ne pourchassaient pas les Briganti. Et de nouveau des Garibaldiens massacrèrent, tuèrent, profanèrent.
Le 1er Octobre 1867 marque le début des affrontements entre Garibaldi et les Zouaves. Il ne parviendra pas dans Rome: il est défait par les Zouaves et les légionnaires lors de la Bataille de Mentana, le 3 Octobre 1867. Les Pontificaux ont battu les dix mille hommes de Garibaldi, qui étaient divisés en six brigades comprenant chacunes trois ou quatre bataillons. La Victoire est dûe aussi au soutien logistique et aux renforts inattendus dres troupes d'Oudinot, sans que le Pape l'ai souhaité: Napoléon III avait encore changé de camp !!! Garibaldi s'est enfui, après avoir cherché en vain la mort.
Le 8 Octobre 1867, une messe d'action de grâce fut célébrée par Pie IX à la Chapelle Sixtine. On pria pour les morts. Le Pape distribua une médaille commémorative aux Légionnaires et aux Zouaves. La victoire de Mentana eut un énorme retentissement et le Général Kanzler aurait voulu poursuivre au plus vite les opérations, afin de débarasser l'Etat Romain des bandes garibaldiennes, mais Napoléon II lui en empécha. Et les finances des Etats du Pape n'étaient pas au beau fixe: le Denier de Saint-Pierre fut réactivé régulièrement depuis 1859.
Cette oeuvre fut créée par Montalembert en 1848. En 1867, en Belgique, elle est administrée par le Vicomte de Villermont et en France, elle est dirigée par le Vicomte de Vaumesnil entouré de Quinze membres actifs dont les députés Lemercier, Keller et Kalb-Bernard ainsi que le banquier Edward Blount (1809-1905), futur co-fondateur et président de la Société Générale. En France, certains évêques se firent les propagateurs et en premier lieu, l'évêque de Poitiers, le Cardinal Pie.
Le Pape Pie IX peut recueillir ailleurs des sommes mirobolantes: En Juin 1867, Cinq Cent évêques du monde entier lui firent don de six millions de Francs; ils étaient réunis à Rome pour commémorer le dix-huitème centenaire du martyre des apôtres Pierre et Paul. Le Saint père reçut de nouveau la même somme comme cadeau pour ces noces d'Or (cinquantième anniversaire de son ordination sacerdotale). Le Courrier de Lyon organisa une souscription qui rapporta 279251 FRancs et celle lançée par L'Univers, 424799 Francs. Ces sommes alla pour l'acquisition d'armes et de plombs pour les troupes pontificales. En Novembre 1867, Monseigneur Pie et ces ouailles de Poitiers constituèrent un "Comité de l'Artillerie Pontificale", qui devait recueillir la somme de 55 600 Francs en Bretagne et en Vendée, afin de fournir des canons à l'Armée Pontificale.
Tous ces soutiens furent bien utiles, mais ils ne purent empêchés la chute de Rome, c'est-à-dire l'annexion des Etats Pontificaux au moment où le pape ouvrait le Concile Vatican I: le point d'orgue de ce concile fut la proclamation du dogme très controversé de l'Infaillibité Pontificale. Plusieurs prélats, parmi les plus libéraux, y étaient opposés comme Monseigneur Dupanloup ou Monseigneur Darboy, l'archevêque de Paris qui sera fusillé par les Communards en 1871. Alors qu'ils étaient favorables à la survie des Etats Pontificaux. Ils s'inclineront, sauf quelques irréductibles qui quittèrent l'Eglise de Rome pour créer une autre église, celle des Vieux-Catholiques.
La Guerre de 1870 entre la prusse et Napoléon III réduira le nombre de Zouaves Pontificaux, rentrés chez eux pour défendre leurs pays, quleques anciens feront le cehemin inverse. Les Unitiaristes profitèrent de ce conflit pour envahir les Etats Pontificaux, le 11 Septembre 1870. Des foyers de résistances ne parvinrent pas à inverser le cours des choses: le Général Kanzler fit compléter à la hâte les fortications de la Ville Eternelle et il reconstitua un Comité de Défense; pour l'honneur, Charette et huit mille pontificaux restés se battirent contre soixante mille ennemis. Ils furent contraint de hisser le drapeau blanc... Après plusieurs jours de prison, ils regagnèrent leurs pays après une bénédiction de Pie IX. Il devait se déclarer prisonnier.
3) Ce qu'ils sont devenus après leur épopée. Et l'Italie ?
a) Ce qu'ils sont devenus.
Un pieux et valeureux officier Français, le Général de Sonis, qui a son grand regret n'avait pas pu participer à l'époppée des Zouaves (Napoléon III l'avait muté en Algérie), engagea les Zouaves dans son propre régiment. Il accepta la bannière au Sacré-Coeur des "Croisés de Cathelineau". Ces derniers devinrent les "Volontaires de l'Ouest". Sonis chargea Charette de hisser cette oriflamme lors de chaque combat. Charette obtint que les Volontaires soit réuni dans un corps francs de six mille hommes. Avec le soutien inespéré et surprenant de Léon Gambetta, qui était anti-clérical, il fit un appel dans la presse pour recruter: les anciens Zouaves, rentrés dans leurs foyers, et leurs proches et descendants intégrèrent les "Volontaires de l'Ouest".
Les "Comités de Saint-Pierre" furent transformés en bureaux de recrutement pour défendre "la Patrie en Danger" surtout en Bretagne et en Vendée comme "le Denier de Saint-Pierre". Les "Volontaires de l'Ouest", commandés par Sonis et Charette, se couvrirent de gloire dans les combats contre les Prussiens à Guillonville, Patay, Loigny. Un grand nombre des Volontaires moururent sur les champs de bataille; les Prussiens saluèrent leur courage. En Janvier 1871, le 1er bataillon de Volontaires constitué de survivants de Loigny allaient défendre le Plateau d'Auvers près du Mans, lorsqu'il reçut l'ordre de battre en retraite sur Alençon. Le 18 Janvier, Charette reçut un brevet de Général de Brigade, il avait trente-huit ans. Le 24, un décret ministériel lui donna le commandement d'une divisoin de mobilisés bretons, mais l'armistice fut proclamée. Et la France perdit l'Alsace et la Moselle...
Les combats terminés, le nouveau Ministre de la Guerre, le Général de Cissey, proposa à Charette d'inclure les Volontaires dans l'Armée régulière. Charette, en accord avec les Volontaires, refusa. Et son régiment fut donc dissous en 1871; quand aux régiments québécois, le dernier ne fut dissous qu'en 1993 !!! Les anciens zouaves s'engagèrent en politique ou entrèrent dans les ordres. Charette créa un bulletin de liaison l'Avant Garde qui sera publié jusqu'en 1932: une revue qui entretenait les opinions politiques et religieuses des vétérans.
Ils luttèrent pour Don Carlos, prétendant légitimiste au trône d'Espagne. Ils soutenèrent ainsi leurs frères d'armes, les Carlistes. Ceux-ci comme les "Croisés de Cathelineau" portaient le scapulaire sur la poitrine. On réactiva une nouvelle fois les Comités de Saint-Pierre: plusieurs départements de l'Ouest, dont celui de la Vendée, finançèrent les troupes de Don Carlos. Avant que les plus jeunes d'entre eux ou leurs descendants intègrent " la Fédération Nationale Catholique" du Général de Castelnau.
Et ils luttèrent contre la poliique anticléricale (contre l'expulsion des Chartreux, contre les Inventaires, la rupture des liens diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, contre la fermeture de l'Ecole Catholique) des gouvernements républicains pendant "la Belle Epoque" avant de s'engager dans la Résistance contre Hitler à l'appel de Castelnau. Après avoir financé la construction de la Basilique du Sacré-Coeur à Montmartre: celle-ci était édifiée pour expier la politique des gouvernements républicains et pour leur rappeler les racines chrétienne de la France à travers le culte du Sacré-Coeur. Dans ce sanctuaire, on peut admirer une fresque datant de 1923 où sont représenté des Héros de la France Chrétienne, dont Pie IX, Louis Veuillot, Sonis et Charette. Leur conviction, celle du Catholicisme Social, est aujourd'hui celle de la "Droite Humaine" incarnée par Madame Christine Boutin.
Les descendants des Volontaires se regroupent au sein de l'Association des Descendants de Zouaves Pontificaux. Il existe aussi l'Association Sonis-Loigny et la Réunion de la Noblesse Pontificale en France. Au Début du XXème siècle des croix et des monuments ont été édifié à Loigny. A la suite de l'Abbé Daniel, plusieurs prêtres dans l'Ouest, sauf en Vendée, ont payés la réalisation de vitraux honorant les Combats des Vonlontaires. D'autre part on peut admirer des vêtements et des armes des Zouaves dans trois musées: le Musée de la bataille de Loigny en France, le Musée de la Civilisation au Québec et celui d'Odelsmouch près de Breda en Hollande.
illustrations: Monuments à Loigny: http://www.loire1870.fr/monu_loigny.htm
Vitraux exaltant les Volontaires: http://www.loire1870.fr/vitraux.htm
La demeure ancestrale des Mastai Ferreti à Senigallia est devenu : "Le Musée Pie IX".
Illustrations: www.diocenisenigallia.it/pape_pie_ix_htm
www.pappionono.it/fotomuseopionono.htm
b) Ce que devint l'Italie:
Un Franc-Maçon, Franscesco Nitti, devait reconnaitre: "Avant 1860, il y avait dans le Sud une plus grande richesse que dans pratiquement toutes les régions du Nord" de l'Italie. Les Napolitains, les Siciliens et les habitants des Pouilles, étaient réunis au sein d'un royaume prospère, celui de Naples. IL sera anéantis par les Unitiaristes. Les Briganti leur résistèrent pendant vingt ans avant d'être exterminés.
Dans tout le reste de l'Italie, la poulation civile se souleva contre les Unitiarites, contre la politique anticléricale des Rois de Piémont assortie de tracasserie voire de persécutions envers les religieux et contre un trop grand nombre d'impôts. Le Peuple commençait à regretter l'Italie morcellée d'autrefois. Un soulèvement qui avait commençer au moment où les Zouaves tentaient encore de pérenniser les Etats Pontificaux. Leur rebellion fut elle aussi réprimée dans le sang. Les survivants furent réduits à la misère: un grand nombre d'entre eux fut contraint à l'exil en France, dans le Mahgreb ou aux Etats-Unis. Là-bas, ils fondèrent des quartiers nommés Little Italy.
Illustrations: italaliamerica: www.italiamerica.org
IL eut quelques Italiens du Sud qui ne purent émigrés. Ils s'inclinèrent devant la force piémontaise, mais ils gardèrent dans leur coeurs le souvenir des Bourbons et de leurs martyres. Quand un siècle plus tard, les Bourbons-Siciles purent revenir dans toute l'Italie du Sud comme simple citoyen. Ils ont depuis oeuvrés au rétablissement de la prospérité dans l'ancien Royaume de leurs ancêtres. Un résultat qui suscita deux mouvements dans l'Opinion:
-Un devoir de mémoire sur la véritable Histoire de l'Italie du Sud, c'est l'oeuvre d' Editoriale Il Giglio (expositions, colloques, publications) et du parc historique " La Grancia".
-La naissance de partis royaliste comme le Movimento Neo-Borbonico ou régionaliste comme Per Il Sud ou sécessioniste comme A Nazione Napulitana.
illustrations: sites en italien: Editoriale Il Giglio: http://www.editorialeilgiglio.it/index.php?lng=it
Movimento Neo-Bornico: http://www.neoborbonici.it/portal/ (site multilingue)
A Natione Napulitana: http://www.nazionenapulitana.org/
Per Il Sud: http://www.perilsud.net/main/
La Grancia: www.parcostorico.it
SOURCES:
-BRIOLLET (Maurice): Les Zouaves Pontificaux du Maine, de l'Anjou et de la Touraine (Imprimerie, Laval, 1969)
-CERBELAUD-SALAGNAC (Georges): Les Zouaves Pontificaux. (France-Empire, Paris, 1969 et 1974)
-COLON (David): -Les Zouaves Pontificaux. Document PDF: http://perso.orange.fr/david.colon/scpoS2/zouaves.pdf
-Un Pape entre Libéralisme et réaction conservatrice. Document PDF: http://pero.orange.fr/david.colon/scpoS2/pie9.pdf
-Un obstacle à l'Unité Italienne. Document PDF: http://perso.orange.fr/david.colon/sc-po/PieIX.pdf
-CHARETTE (Maurice de): Les Zouaves Pontificaux (Revue "Itinéraires", Paris, 1966, numéro réédité par l'Association Sonis-Loigny, Rededon, 1996).
-CHIRON (Yves): Pie IX, pape moderne. (Clovis, Bitche, 1995 et Clovis, Etampes, 2007)
-EPIPHANIUS: Maçonnerie et sectes secrètes, le côté caché de l'Histoire. (Publications du Courrier de Rome, Versailles, 1997 et 2005).
-GOBRY (Ivan): Pie IX, le pape des tempètes. (Jean Picollec, Paris, 1997).
-GODECHOT (Jacques): Histoire de l'Unification Italienne. (Fayard, Paris, 1971)
-GUENEL (Jean): La dernière guerre du Pape, les Zouaves Pontificaux au secours du Sain
15:20 Publié dans Enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 30 juin 2007
Marina Grey où le souvenir des Russes Blancs
L'essentiel de cet article a été écrit le 30 Juin 2007, son contenu fut réactualisé le 20 Octobre 2007 et le 30 Juin 2008.
Journaliste, historienne et productrice d'émissions radiophoniques, dont "La Tribune de l'Histoire" animée par Alain Decaux, André Castelot et son époux Jean-François Chiappe. Même si elle écrivit trois livres sur la Révolution Française, Marina Grey (1919-2005) fut surtout connue de son vivant pour avoir été longtemps le seul auteur à avoir enquêté et publié sur les Russes Blancs et la Guerre Civile Russe (1917-1921):
Un conflit ignoré en France, même si nous savons que tous les anciens sujets du Tsar Nicolas II n'étaient pas tous devenus des Bolchéviques acharnés; on se souvient des Russes Blancs chauffeurs de taxi à Paris ou à Nice, on s'est imaginé qu'ils devaient être tous des nostalgiques de l'Autocratie des Romanov. En réalité, ils étaient tous des antibolchéviques, sans être tous favorables à un maintien de l'Empire Russe avec les archaismes et les inégalités socio-éducatives du règne de Nicolas II. Celui-ci avait tenté de réformer complètement son empire avec l'aide du Ministre réformateur Pierre Arcadievitch Stolypine (1862-1911). Mais ce dernier fut assassiné en 1911 par un révolutionnaire. Et le Tsar tomba ensuite sous l'influence de Raspoutine...
Certains Russes Blancs étaient partisans d'une monarchie constitutionnelle et d'autres soutenaient l'instauration d'une république "à la française", un grand nombre toutefois demeuraient fidèles à l'Autocratie renversée. mais tous se retrouvaient d'accord sur un point, un même idéal: la pérennisation de la Sainte Russie mise à mal par Lénine et ces sbires. On pense qu'ils se sont réfugiés en Europe Occidentale, surtout en France, dès l'année 1918. La plupart sont arrivés qu'en 1920 ou 1921. Dans l'intervalle, une guerre civile qui coûta la vie à dix millions de personnes. Jusqu'en 1920: les "Blancs" antibolchéviques avaient conquis la quasi-totalité de la Russie d'Europe et un bon tiers de la Russie d'Asie aux dépens de l'Armée Rouge.
En quelques mois la situation se retourna complètement en faveur des Rouges: la véritable naissance de l'URSS. Abandonnés par les gouvernements occidentaux en particulier par le Roi d'Angleterre Georges V et par le Kaiser Guillaume II qu'ils ne firent rien pour sauver leur cousin Nicolas II. Trahis par des agents doubles, les Russes Blancs payèrent aussi le prix de leurs divergences d'opinions. Ceux qui parvinrent à échapper aux Rouges, se réunirent en Turquie, dans la baie de Gallipolli et sous la protection de l'Armée Française et avant de gagner la France ou la Yougoslavie naissante. Les seuls mouvements antibolchéviques qui parvinrent à vaincre l'Armée Rouge furent les armées polonaise de Josez Pilsudski (1867-1935) et finlandaise de Carl Gustaf Mannerheim (1867-1951).
Marina Grey rappela les exploits des Russes Blancs jusqu'en 1919 dans ces premiers livres, en particulier dans "La Campagne de Glaçe" et "Les Armées Blanches" (livre écrit en collaboration avec Jean Bourdier). Dans ces études, elle ne pouvait pas s'empêcher d'insister sur la vaillance et les mérites véritables d'un des généraux russes blancs: Anton Ivanovitch Dénikine (1872-1947), un peu au détriment des autres: Wrangel, Koltchack, Alexéiev... Car elle était la fille unique de Dénikine. Mais ces enquêtes étaient rigoureuses, appuyées sur des sources rarement exploitées avant elle. Elle fit faire des bonds de géant à la Recherche sur cette période. On lui doit d'avoir éclairci les circonstances exactes des enlèvements à Paris en plein jour des Généraux Koutiépov et Miller, en 1930 et en 1937, par des agents du KGB. Ces officiers étaient à la tête du commandement de l'Armée Blanche basé à Paris, au début dirigé par Wrangel (mort empoisonné en 1928).
Après ces évènements, les membres de cette armée plus ou moins secrète se dispersèrent: Dénikine s'enfuit aux Etats-Unis où il mourut. Sa fille Marina devait publier sa biographie ("Mon père le Général Dénikine") après avoir fait éditer le journal d'exil de sa mère. D'autres Russes Blancs continuèrent la lutte en Europe dans la clandestinité. Au moment de la Seconde Guerre Mondiale, ils se divisèrent, un grand nombre rejoint les Alliés. Quelques autres s'engagèrent dans la Wehrmacht en rejoignant l'Armée de Libération Nationale Russe du Général russe dissident Andréi Vlassov (1900-1946), ils prétendirent qu'ils n'avaient jamais adhéré au Nazisme ni participé à la Shoah et ni à l'anéantissemnt du Ghetto de Varsovie.
Les Alliés devaient livrer une grande majorité d'entre eux à Staline, en application d'accords secrets signés à Yalta. Seule une minorité parvint à gagner l'Argentine, après s'être réfugié au Liechenstein avec le soutien du Monarque, du gouvernement et de la population de ce micro-état. L'histoire de cette minorité est le sujet du film "Vent d'Est" réalisé en 1993 par Robert Enrico. Selon le fils d'un rescapé de l'Armée Vlassov et qui travailla à la réalisation de ce film, Michel Barsky, "Vent d'Est" était le nom de code de la livraison des Russes Blancs à Staline.
On pourrait se dire: ces Russes Blancs, livrés à Staline, ont connu un sort tragique. Mais ils se sont incorporés dans l'Armée Allemande, dirigée par Hitler. Or, Satline a exigé et obtenu que lui soit livré tous les Russes Blancs, y compris ceux qui s'étaient engagés dans la Résistance. Les Alliés ont accepté, car le Tyran leur avait dit qu'il leur rendrait en échange des prisonniers anglais, français et américains tombés entre ses mains: il n'a pas tenu parole. En France, les Russes Blancs arrêtés étaient séquestré dans un camp d'internement à la Celle Saint-Cloud jusqu'en 1947, où les Agents du KGB les torturaient et parfois les éxécutaient. La Résidence du "Petit Beauregard" a été construit à l'emplaçement de ce camp.
Une autre ruse de Staline pour récupérer et ensuite éxécuter les Russes Blancs: A l'aide d'une campagne médiatique très bien orchestrée, il fit croire qu'il avait pardonné, que l'URSS avait besoin des émigrés et que leus proches attendaient leur retour avec impatience. Le Dictateur envoya des émissaires du KGB dans toute l'Europe pour annoncer cette "bonne nouvelle". Certains Russes, ayant "le mal du pays", crurent de bonne foi à cette amnistie... Ils revinrent en URSS: c'était un piège... Le Film "Est-Ouest" (1999) de Régis Wargnier avec Catherine Deneuve raconte cette duperie, mais les personnages principaux sont hélas fictifs.
Marina Grey n'écrivit rien sur le sort de ces compatriotes pendant la Second Guerre Mondiale. Elle continua à cultiver le culte des exploits des Russes Blancs pendant la Guerre Civile. C'est pourquoi, on peut regretter qu'elle n'écrivit rien sur les combats des Russes Blancs contre le Régime Soviétique jusqu'à l'écroulement de celui-ci en 1990. Rien donc sur le Solidarisme, appelé aussi le NTS, un mouvement contre-révolutionnaire quasi-clandestin qui possédait une radio en Allemagne de L'Ouest émettant vers les pays du Bloc de l'Est. Une équipe qui éditait des livres, des tracts, des journaux diffusés dans toute l'URSS, pour dénonçer le système soviétique et maintenir l'espoir. à la barbe du KGB. L'un des responsables était Arcady Stolypine, le fils du ministre de Nicolas II.
Elle se pencha sur les dernières années du règne de Nicolas II, le résultat de ces enquêtes démolit l'Histoire officielle: elle est parvenu à découvrir les véritables commanditaires de l'assassinat de Raspoutine ("Qui a tué Raspoutine ?"), elle confirme les découvertes de deux chercheurs britanniques, Tom Mangold et Anthony Summers, sur la fin de la Famille Impériale à Iekaterinenbourg en 1918:
Tous les trois estiment que seul le Tsar fut éxécuté à la Maison Ipatiev, le Tsarevitch étant mort avant, la Tsarine et les Archiduchesses furent évacuées par le Soviet local jusqu'à Perm, afin qu'elles ne puissent pas être libérer par l'Armée Blanche. Celle-ci devait arriver à Iekaterinenbourg le surlendemain de l'éxécution du Tsar. ILs s'appuient sur des témoignages paraissant irréfutables et sur les résultats concordants d'autres enquêteurs occidentaux entre 1918 et 1919 sur les lieux mêmes de l'éxécution.
Des témoignages et des enquêtes qui avaient été écarté par le Juge Sokolov, chargé par les Blancs de définir exactement la thèse officielle: toute la famille impériale a été éxécutée avec le Docteur Botkine et la servante nommée Démidova: une théorie approuvée par la Propagande Soviétique. Le rapport de Sokolov, publié d'abord en Français (?) puis en Russe (les deux versions du même texte diffèrent), est truffée d'invraissemblances. Un exemple: les corsets que les archiduchesses auraient porté au moment du massacre, auraient été retrouver au fond d'un puits intactes sans le moindre impact de balles ni taches de sang !!!
Marina Grey comme les chercheurs anglais avoue perdre la traçe de la Tsarine et de ces filles à partir de Perm. IL est vrai quand on se penche sur la fin des Romanov à la Maison Ipatiev, ils demeurent des zones d'ombres ayant suscité l'apparition ensuite d'imposteurs: plusieurs fausses archiduchesses dont Anna Anderson et quelques faux tsarévitch. Les corps retrouvés près d'une mine en 1990 laissent songeurs:
Il n'y pas le nombre exact de suppliciés si on croit la thèse officielle, que sont devenus Anastasia, le Tsarévitch Alexis et la servante Démidova ? Le document sur lequel s'est appuyé les découvreurs des cadavres, le témoignage de l'assassin Youroski, s'avère être un faux, Youroski était illettré. Et les faits relatés divergent avec le résultat de l'enquête de Sokolov: Pour ce dernier, tous les corps ont été brulés et ensuite asperger d'acides citriques, il ne devait resté plus qu'un liquide blanchâtre sauf un doigt. Il fut attribué au Docteur Botkine par Sokolov et à l'Impératrice par Mangold et Summers. Si tous les corps calcinés ont été aspergés d'acides, les ossements retrouvés ne peuvent pas être ceux de la Famille Impériale et a contrario, s'ils sont bien ceux des Romanov, alors Sokolov a menti. Une interrogation qui a suscité l'apparition de nouveaux prétendus Tsarévitch.
En Juillet 2007, deux corps ont été retrouvés à quelques mètres du premier charnier: ce serait les mânes de l'Archiduchesse Maria et celle du Tsarevitch. D'après Jean des Cars, la "Fausse Anastasia" aurait été le jouet d'intrigants qui lui aurait demandé de faire croire qu'elle était la fille du Tsar, afin de récupérer la fortune du Tsar caché dans une banque à Londres. Cette hypothèse est une scène du film Anastasia d'Anatole Litvak (1954). L'existence de ce compte en banque londonien est en réalité une mystification, le Tsar avait fait rapatrier toute sa fortune en Russie juste avant la Révolution d'Octobre.
On sait que dans la première "tombe", un corps féminin était discuté: est-ce celui de Maria ou celui de Démidova ? le corps retrouvé en 1990 serait celui de la servante. Mais il manque un corps celui ...d'Anastasia !!! Selon certains experts, Il est très difficile de pratiquer des tests ADN sur des corps brulés. Un historien russe a prétendu que les corps retrouvé en 1990 était ceux d'une famille de paysans massacrés en 1918. Ils n'existent donc aucunes preuves tangibles de la théorie officielle à ma connaissance. La thèse de Marina Grey, étayée de témoignages, est ainsi crédible.
D'autre part en 1977, Boris Eltsine fit démolir la "Maison Ipatiev" (où la Famille Impériale aurait été éxécutée) sur ordre de Brejnev et d'Andropov. Trente et un jours après le décès à Vancouver d'un certain Heino Tanmet ou Tammet. De son vivant, il passait pour être le Tsarévitch. Un site en anglais lui est consacré: www.npsnet.com/tsarevich_alexei Où on peut découvrir sa tombe sur laquelle est inscrite le nom de Romanov, mais celà ne prouve rien. En 1998, les Editions de La Martinière sise à Paris publia un livre écrit par trois auteurs Russes: Vadim Petrov, Igor Lyssenko et George Egorov, La Fuite d'Alexis, où ils prétendirent que Tsarévitch avait survécu et serait devenu un certain Vassili Filatov. Du Roman, comme les prétentions du mythomane Alex Brimeyer (1945-1995) qui avait publié chez Fayard en 1982: "Moi, Alexis, arrière-petit-fils du Tsar"
Un cas: un général polonais passé au service de la CIA, Goloniewski. IL dénonça avec exactitude des agents doubles et des traitres américains à la fin des années soixantes, ces renseignements étaient excellents pour l'Ouest. Mais il prétendait être Alexis, alors qu'il n'était pas hémophile comme le fut le jeune prince. Pourtant ces connaissances exactes de l'intimité des Romanov restent mystérieuses.
Depuis les années ont passé et Vladimir Poutine est devenu le maitre du Kremlin. Il a le souci de réconcillier les Russes avec leur Histoire et aussi pour sa propre gloire: en Octobre 2003, il fit rétablir la statue déboulonnée en 1917 du Tsar Alexandre III à Ikoutsk, d'autre part il accepta la construction d'une cathédrale et d'un ensemble de statues en hommage au Tsar Nicolas II, de la Tsarine et de leurs enfants à Ekaterinenbourg à l'emplacement de la Maison Ipatiev, et d'une fresque à la gloire de la Famille Impériale et de tous les combattants de la Guerre Civile (Blancs et Rouges à égalité) dans la salle d'attentev de la gare d'Ekaterinenbourg (on voit le Tsar et sa famille montant au Ciel). Il a même organisé le rapatriement du corps de la Tsarine Maria Feodorovna (mère de Nicolas II) du Danemark en Septembre 2006 (cette Tsarine avait toujours signalé de son exil dans son pays natal, qu'elle refusait que son corps soit inhumé après sa mort en Russie, une information de Michel Barsky). Poutine a laissé faire l'érection en 2004 d'une statue de l'Amiral Koltchack (1874-1920) à Irkoutsk.
Vladimir Poutine offrit la nationalité russe à Marina Grey et organisa des obsèques solennelles l'été 2005 à Saint Petersbourg pour la dépouille des Parents de l'Historienne. Elle mourut en Novembre 2005. Si on croit notre informateur, Michel Barsky, Poutine ferait jouer l'Hymne soviétique tous les jours devant la tombe de Dénkine et devant la statue de Koltchak, l'hymne de leurs adversaires et bourreaux.
SOURCES:
-CARS (Jean des): La Saga des Romanov (Plon, Paris, 2008).
-CARS (Jean des): Saint-Pétersbourg sur les pas des Tsars (Perrin, Paris, 2007).
-DOLBEAU (Christophe): Face au bolchévisme: petit dictionnaire des résistances nationales à l'Est de l'Europe 1917-1989 (Arctic, Paris, 2007).
-GORBOFF (Marina): La Russie fantôme, l'émigration russe de 1920 à 1950 (L'Age d'Homme, Paris-Lausanne, 1995).
-JEVAKHOFF (Alexandre): Les Russes Blancs (Taillandier, Paris, 2007).
-LOUPAN (Victor): Nicolas II, le saint Tsar (Editions des Syrtes/ Presses de la Renaissance, Paris-Montréal, 2002).
-MANGOLD (Tom) et SUMMERS (Anthony): Le Massacre des Romanov (Albin Michel, Paris, 1976).
-MENEY (Patrick): Les mains coupées de la Taiga (La Table Ronde, Paris, 1980).
-STOLYPINE (Arcady): De l'Empire à l'Exil, mémoires posthumes (Albin Michel, Paris, 1996).
-STOLYPINE (Arcady) et DIMITRI: Les Pourvoyeurs du Goulag (Famot, Genève, 4 volumes, 1976).
-VENNER (Dominique): Les Blancs et les Rouges, Histoire de la Guerre Civile Russe 1917-1921 (Pygmalion/ Gérard Watelet, collection "Rouge et Blanche", Paris, 1997 réédité par les Editions du Rocher, Paris, 2007).
-WOLTON (Thierry): Le KGB en France (Grasset, Paris, 1986).
-WRANGEL (Général Pierre Nikolaievitch): Mémoires (Arctic, Paris, 2007).
Sites internet: www.emigrationrussse.com
www.romanov-memorial.com (site en anglais)
www.searchfoundationinc.org (site en anglais exposant la thèse de l'identité impériale des ossements retrouvés)
Illustration: http://f.wikipedia.or/wiki/Image:Romanovsaints.png
Un article écrit par Bruno Bagni sur Les Russes Blancs réfugiés en Corse: www.russie.net/france/corse.htm
Un article écrit par Jean des Cars sous le titre "Histoire éternelle et Sainte Russie" dans le Numéro 539 de Novembre 2007 intitulé "Russie, l'Histoire réconcilliée" de la revue Le Spectacle du Monde.
Il n'existe à ce jour aucune étude en langue française concernant Vlassov et son armée. Le livre Pour Vlassov de Jean-Christophe Buisson, publié chez Jean-Claude Lattès à Paris en 2004, est un roman. Toutefois nous vous recommandons les deux sites suivants: http://fr.wikipedia.org/wiki/Vlassov et http://fr.wikipedia.org/wiki/Armee_Vlassov
Oeuvres de Marina Grey sur la Fin des Romanov et la Guerre Civile Russe:
-"Qui a tué Raspoutine ?" (Editions In Fine, Paris, 1993).
-"Enquête sur le massacre des Romanov" (Perrin, Paris, 1987 et 1990).
Oeuvres de Marina Grey sur les Russes Blancs:
-"La Campagne de Glaçe" (Perrin, Paris 1964 et 1978, et Arctic, Paris 2007).
-"Les Armées Blanches" en collaboration avec Jean Bourdier (Stock, Paris, 1968 et Dualpha, Paris, 2005).
-" Mimizan-sur-Guerre, journal de ma mère sous l'Occupation..." (Stock, Paris, 1976).
-"Le Général meurt à Minuit, l'enlèvement des généraux Koutiépov (1930) et Miller (1937)" (Plon, Paris, 1981).
-"Mon père, le Général Dénikine" (Perrin, collection "Présence de l'Histoire", Paris, 1984 et Arctic, Paris, 2007).
15:15 Publié dans Enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note